Rennes est-elle une ville sale ? [reportage photo]

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27/06/2016 – 05H00 Rennes (Breizh-info.com) – Pour les étrangers à la ville, Rennes a toujours surpris par son aspect délaissé. Force est de constater que la situation ne s’est pas améliorée. Bien qu’elle ait des avantages certains – un centre historique bien conservé, quoique amoindri par un urbanisme deshumanisé et invasif dans les années 1960 et 1970, une tradition festive bien ancrée, beaucoup de jeunesse dans la ville grâce aux facultés et aux autres établissements d’enseignement secondaires et supérieurs – Rennes apparaît taguée de partout, abandonnée aux immondices, en plus des chantiers qui s’étalent partout et mettent un désordre certain. Alors, Rennes est-elle une ville sale ?

Indiscutablement, la saleté s’étend dans tout le centre historique, aux abords de la gare, dans tous les coins un peu discrets, aux abords des poubelles, aux carrefours. Si les grandes places sont propres, au quotidien les habitants doivent vivre avec elle.  La municipalité dirigée par madame Appéré (PS) ne semble pas avoir pris conscience du phénomène. Par endroits, on se demande en effet si les services des éboueurs et du nettoyage des tags existent, ou s’ils sont en grève illimitée depuis cinq ans…

Nous avons pris trois exemples. Mais il y en a tant d’autres, dans tout le centre historique, et en-dehors. Trois exemples qui mettent les maux sur le mal d’une ville : la profonde démission de pouvoirs politiques qui pensent visiblement que la réalisation de l’identité de Rennes ne peut se faire que dans la fête permanente et l’alcoolisme. Ah oui : et le métro. Des travaux coûteux qui mitent l’espace urbain pour une nouvelle ligne qui ne sera probablement jamais rentabilisée. Sur la ligne existante, la fraude, estimée à 11% en 2015 est une bonne excuse cependant pour justifier qu’on verse dans le métro toujours plus d’argent public.

Démission totale des pouvoirs politiques à laquelle répond celle des forces de l’ordre, qui laissent, manifestation sauvage après manifestation sauvage, d’émeutes en révoltes, une centaine de casseurs taguer et saccager encore plus, plusieurs fois par semaines, le centre historique et les vitrines de ceux qui osent encore travailler, créer de la richesse. Celle que casseurs et pouvoirs politiques consomment à belles dents.

Saint-Etienne : dépotoir et tags anars

Aux portes Mordelaises, les nouveaux ducs bretons juraient de défendre les libertés bretonnes. La mairesse de Rennes, Nathalie Appéré, se dispense de ce serment comme ses prédecesseurs républicains. En revanche la défense de la transformation de la ville en décharge, elle, se porte bien. Tout près de la porte fortifiée se trouve une très belle église, Saint-Etienne, un édifice de la toute fin du XVIIe siècle.

Il n’y a plus qu’une messe par semaine le dimanche, et quelques cérémonies. Le reste du temps l’église est vide, aucune paroisse n’y a son siège. Aucune voix ne s’élève pour la défendre, alors qu’elle est plutôt en bon état. Mais ses abords le sont nettement moins. Sur le carrefour Juaust, face à sa façade, canettes, bouteilles de bière vides et boîtes de kebab s’amoncèlent tristement au bas des marches. Un mur est défiguré par un tag qui rappelle la fréquence de la radio pirate installée par les occupants de la salle de la Cité, il y a un mois. Et sur l’église même, les tags anarchiste « Ni dieu ni maître » et « hasta la victorie siempre » y sont depuis plus d’un mois. Comme si c’était normal.

Place Sainte-Anne : vivre la commune au milieu des friches, des ordures et des tags

Place Sainte-Anne, ce n’est pas mieux. Tous les abords de la salle de la Cité sont largement dégradés. L’extrême-gauche l’avait occupée douze jours durant début mai et l’avait laissée dans un état catastrophique ; elle a été murée. Avec le jeu de Paume en friche juste à côté, c’est une blessure ouverte dans le tissu urbain du cœur de Rennes.

Les tags sont partout. Sur les barrières dressées autour de la salle pour empêcher qu’elle ne soit réoccupée. Sur les rez-de-chaussée des immeubles. Par terre. Sur les panneaux de chantier du métro : là encore, il y a un grand trou devant Saint-Aubin. Si les shadoks pompaient sans relâche, les pouvoirs publics rennais creusent sans relâche, dans l’espoir sans cesse déçu de trouver un jour du pétrole pour rentabiliser le métro.

« Vivre la commune, c’est chanmé », nous apprennent des tags au bas d’un immeuble du XVIIIe qui aurait besoin d’un bon ravalement, mais était plutôt en bon état avant le passage des artistes peintres. « Je veux vivre de grève si vivre c’est travailler », proclame un autre, peint sans doute par des gens qui vivent, mais qui ignorent le travail.

Au milieu, des petits tags insultent la police, proposent des stupéfiants – avec le numéro de téléphone du dealer – ou critiquent le système. Deux sont particulièrement révélateurs : « qui ne se plante jamais n’a aucune chance de pousser », et « bac mention violence policières ».

Un grand tag détourne le slogan de la ville de Rennes depuis 1993 : « vivre en intelligence pour les murs propres ». Beaucoup d’inscriptions ne veulent rien dire, ou sont juste les signatures d’egos ravageurs en mal de reconnaissance. Une bourse aux vices du quotidien rennais, à deux pas des montagnes de boîtes à kebabs qui émergent des fourrés pas du tout entretenus qui flanquent l’église Saint-Aubin de tous côtés.

La Parcheminerie : poubelles qui débordent et tags sur les murs

Avec ses crêperies et ses cafés, le quartier autour du théâtre de la Parcheminerie est à la fois hyper-central et très agréable. Si ce n’est les abords des poubelles : elles sont pourtant enterrées pour que ça fasse propre, mais elles débordent. Les cartons sont posés à la va comme je te pousse, et pas ramassés. Des mouches volent. Les rennais aussi, visiblement, se fichent de tout. Ils consomment de la ville, comme les bières le soir aux terrasses, et après eux le déluge. Ou plutôt la saleté et l’insalubrité.

Près du théâtre, le local du podo-orthésiste est désaffecté. Résultat : deux rez-de-chaussée d’immeubles tagués, repeints, tagués à nouveau, dans un état déplorable, aux limites de l’insalubrité. L’un d’eux est pourtant occupé par les locaux d’un bailleur social. Lui aussi a démissionné devant la saleté ambiante ? On pourrait multiplier ces tristes « exemples » à l’infini. Rue Jean Janvier, près de la gare, ce sont carrément des denrées périssables qui sont balancées en vrac devant les poubelles. Tout pourrit à l’air libre  : les déchets, les esprits, la ville. Jusqu’à quand les rennais supporteront que leur ville continue à être une décharge à ciel ouvert ?

Crédit photo : breizh-info.com
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2 Commentaires

  1. Je ne compte plus les témoignages de nombre de personnes qui, arrivant en Bretagne par Rennes, en ont eu une image dégradée et des a priori négatifs sur notre terre dés les premiers regards; cela, suite au spectacle de personnes picolant de mauvaises bières industrielles, à même la rue — hommes, femmes et chiens confondus — ou aux looks ignobles des étudiants gauchistes.

    À cause de Rennes et de ses étudiants alcooliques et punks à chien agressifs, beaucoup ont une image de la Bretagne comme arriérée, sale, alcoolique, ignoble, nauséabonde. Rennes est à ce titre représentatif de ce qu’il y a de pire chez certains des nôtres : la tendance à l »homo festivus », le laisser-aller, l’alcoolisme, le tout sous la bénédiction des baronnies socialistes.

  2. Oui et la pluie, de préférence nocturne, permet d’apprécier une ville propre au matin, le sol lavé des merdes de chiens et de pigeons, des bières renversées ou frites éparpillées, du vomis, des papiers sales, etc. Quant à la pollution visuelle la plus désagréable reste la publicité, suivie de près par les affichages divers de propagande, de tags, etc et les bâtiments récents à l’architecture hors-sujet. Ceci dit une partie de ce qui est constaté dans l’article est en rapport avec les évènements récents, manifs et grève des éboueurs; manifs qui n’en déplaise aux droitards, sont le signe d’un peuple en bonne santé qui refuse de se laisser berner par la politique néolibérale de l’argent roi.

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