Laurent Obertone : « Tous les événements décrits dans Guerilla n’ont, hélas, plus rien d’absurde.»

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22/09/2016 – 06H45 Paris (Breizh-info.com) – Ce 22 septembre est sorti Guerilla, le roman d’anticipation choc de Laurent Obertone. Après s’être fait connaître par La France Orange Mécanique, puis Utoya  ou encore La France Big Brother, tous publiés aux éditions Ring, c’est un nouveau missile littéraire qu’envoie Laurent Obertone, comme nous l’avons déjà relaté dans la chronique que nous avons faite du roman.

Ce dernier a bien voulu nous accorder un entretien.

Laurent Obertone – Guerilla – Ring – 19,95 € – à commander en cliquant sur le lien ci-dessous :

Guerilla – Le jour ou tout s’embrasa

guerilla_obertone

Breizh-info.com : Avec Guerilla, vous avez décidé de vous lancer dans le roman d’anticipation. Comment vous est venu l’idée d’écrire cet ouvrage ?

Laurent Obertone : C’est un thème, hélas, qui s’impose à nous tous depuis quelques années. De François Fillon à Michel Houellebecq en passant par Michel Blanc, tout le monde parle de guerre civile. En 2013, on a beaucoup attaqué La France Orange Mécanique, avant que les faits ne lui donnent raison. J’évoquais dans ce livre le danger d’émeutes géantes, d’actes terroristes de grande ampleur, le tout sous fond de faiblesse gouvernementale, de lâcheté « morale » et de paralysie du citoyen « domestiqué ». Des thèmes que l’on retrouve dans Guerilla.
Je voulais explorer pleinement ce « possible », ce scénario dont on ne veut pas parler. Celui d’un effondrement total du pays, en quelques heures.

Breizh-info.com : Même s’il s’agit d’un roman, il s’agit tout de même d’une description très trash de la société française actuelle et notamment parisienne. L’assassinat d’un président de la République en visite dans une banlieue « sensible », c’est possible selon vous ?

Laurent Obertone : Dans le livre, ça se passe dans un contexte très précis, et je ne dis pas que ça arrivera fatalement. Mais nos responsables sont déconnectés du réel, raisonnent en terme de communication et de symboles, sans prendre l’exacte mesure de ce qui se passe. Leurs postures pourraient finir par les mettre en danger.

Breizh-info.com : Vos personnages – et notamment les « bobos » ou « militants alternatifs » que vous décrivez dans votre livre, semblent incapables de réagir , même placés en première ligne devant le chaos et la violence la plus atroce. N’y a t-il aucune possibilité d’évolution pour ces personnes ?

Laurent Obertone : On assiste de nos jours à quantité d’agressions ultraviolentes, où la première préoccupation des victimes est de dédouaner leurs agresseurs. Le « vivre ensemble » est en train d’exploser un peu plus chaque jour, et on voit se multiplier les processions et les incantations de ceux qui veulent le sauver. C’est un militantisme sectaire, fanatique, qui a pignon sur écran. Il faut compter avec la pression sociale, nos dépendances, le conditionnement.

Il est vrai cependant que le chaos peut rebattre les cartes. Au fil de mon récit, certains personnages évoluent de manière surprenante. Ils se révèlent. Je pense que personne ne peut savoir au juste ce qu’il sera, dans un tel chaos. C’est un autre aspect inquiétant des choses : chaque citoyen fait comme si tout allait de soi, comme si tout était acquis, durable. Il refuse de voir ce qui se passe, d’imaginer le lendemain. Psychologiquement, personne n’est prêt à vivre ça.

Breizh-info.com : Vous décrivez des massacres perpétués par des islamistes en région tandis que Paris brûle. Est-ce un scénario envisageable aujourd’hui ?

Laurent Obertone : Plus qu’envisageables, ces scénarios sont très sérieusement envisagés depuis des années, par les plus grands experts de la question. Tous les événements décrits dans Guerilla n’ont, hélas, plus rien d’absurde.

Breizh-info.com : Votre roman n’est-il pas terriblement pessimiste ? N’y a-t-il donc aucun espoir en France , pour éviter cette guerre civile ? Ou alors est-elle souhaitable pour redistribuer les cartes, avec tous les risques liés à « l’imprévu dans l’histoire » ?

Laurent Obertone : Ce roman décrit un possible parmi d’autres. Je ne prétends pas qu’il soit prophétique, ni que quoi que soit de bon en sortira. Ce que je peux dire, c’est que si la situation actuelle perdure, nous connaitrons des problèmes bien plus grands que tous ceux qui nous préoccupent aujourd’hui.

L’insécurité ne cessera de s’accroître, et le terrorisme de prospérer. Le tissu social se dégradera, avec l’économie. Je préfèrerais être optimiste, et écrire Plus belle la vie… Je crois, moi, qu’il est plus urgent de regarder les choses en face.

Breizh-info.com : Comment a t-il été accueilli par la presse subventionnée, que vous n’épargnez pas durant tout votre ouvrage ?

Laurent Obertone : Il est encore tôt pour le dire. Certains médias ont déjà catégoriquement refusé d’en parler. J’ai explicité en long et en large les raisons de ce silence, parfois suivi de calomnies, dans La France Big Brother. Le rôle central des médias dans le conditionnement des foules, est également présent dans la trame de Guerilla.

Breizh-info.com :  Outre Guerilla, vous publiez prochainement une version poche et enrichie d’Utoya. Qu’il y a-t-il de nouveau sur l’affaire Breivik ?

Laurent Obertone : Cette affaire est d’une telle ampleur – le massacre de 77 personnes, par un homme seul, après neuf années de préparation – qu’on peut en apprendre un peu plus, chaque jour, sur le tueur et sur ses crimes. J’ajoute à ce récit quantité d’informations inédites. C’est un livre qui a demandé un travail considérable.

Breizh-info.com : Avez-vous déjà d’autres idées en tête concernant vos prochains livres ? Quels conseils de lecture donneriez vous à nos lecteurs, sur des livres qui vous ont marqué récemment ?

Laurent Obertone : J’ai quantité d’idées, pour l’instant à l’étude. Concernant mes lectures, je lis surtout des ouvrages scientifiques, et des essais anciens. En ce moment, je suis dans les Cahiers, de Paul Valéry. À peu près 30 000 pages. De quoi m’occuper un petit moment…

Propos recueillis par Yann Vallerie

Photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

6 Commentaires

  1. Obertone est Parisien ?
    Non parce que, bien que ce soit sur 3 jours de récit, il charge beaucoup la mûle. Il faut bien vendre et/ou faire peur, aussi.
    Mais contrairement à ce que l’auteur avance, les disparités entre territoires sont énormes. Il n’y a pas une France qui va s’embraser d’un coup. Ça, c’est le fantasme nationaliste. Il n’y a qu’une certitude: à l’heure actuelle, la seule aberration démographique est l’IDF. C’est un territoire complètement délirant sur Terre. Effectivement, il y a de fortes chances que ça pète. Et si ça pète là-bas, pas forcément en premier, ça pètera partout ailleurs. Sauf qu’ailleurs, même dans les plus grandes agglos, les indigènes ne sont pas aussi aliénés et potentiellement assiégés. La plupart des Marseillais, Lyonnais, Strasbourgeois peuvent trouver des secteurs et contrôler des voies de communications dans un rayon de 50 bornes. Combien à Paris peuvent le faire ? Il faut déjà passer le périf à pieds…
    L’IDF est perdu. Vouloir à tout prix continuer à lier le reste de l’Hexagone à ce territoire est dangereux. Les indigènes parisiens n’auront pas d’autre choix que l’exode (et ce n’est plus 40) dans les Provinces qui, elles, auront une réelle capacité de Résistances. Cet exil a d’ailleurs commencé depuis une vingtaine d’années vers les grandes villes (malheureusement, beaucoup d’anciens Parisiens sont incapables d’assumer consciencement pourquoi ils sont partis et exportent le modèle du melting-pot parisien).
    Sur le court terme, il est impératif de considérer que l’IDF est perdu. Ce que ne fait pas Obertone. Erreur d’anticipation majeur. Sinon, les Provinces garderont un boulet psychologique en tête. Obertone veut lier toute la France dans une peur commune. Faut bien vendre aussi, et Obertone ne peut pas être plus anxiogène pour les Parisiens, qui représentent le lectorat potentiel le plus important; la peur est son fond de commerce mais il ne peut pas être aussi clinique à défaut d’être rejeté. Ou l’auteur est simplement dans l’idée que l’Hexagone a toujours un destin soumis à Paris.
    Il oublié que concrètement le territoire parisien ne vaut rien. Impossible de créer des réseaux de marchandises alternatifs. Les Forces Armées n’y sont pas basés en dehors de bureaux (et la situation n’est quand même pas désespérée au point d’imaginer que les centres de contrôle ne seront pas mis HS avant l’exode parisien). Qu’importe la conquête de Paris, les conquérants n’auront gagné que des cendres.
    Le vrai risque, ce sont les arrière-pays provençaux ou lyonnais ou lillois et d’autres. C’est pour cela que les indigènes de ces Provinces devront se concentrer sur eux, entre eux et oublier Paris. On a vu des guerres perdues pour une bataille accessoire. C’est pour cela qu’il est important de considérer que Paris est perdu sur le court terme, digérer le symbole et considérer que ce n’est pas grave.

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