27.10.2016 – 07H45 Erquy (Breizh-info.com) – Avec ses 150 000 ha, la baie de Saint-Brieuc est la zone d’exploitation de la coquille Saint-Jacques la plus productive de France : densité des animaux sur les gisements, outil de pêche adapté, les rendements horaires approchent de la tonne. Le site ArmorStat vient de publier une étude à ce sujet, particulièrement instructive.

Soucieux de ne pas épuiser la ressource, la filière de la coquille Saint-Jacques s’organise et s’impose des règles pour une pêche raisonnée. Aujourd’hui en Côtes d’Armor 450 emplois directs dépendent de cette pêche auxquels s’ajoutent 150 emplois dans les ateliers de transformation et d’expédition.

La pêche à la coquille Saint-Jacques en baie de St-Brieuc, activité essentielle de la vie maritime des Côtes d’Armor, est née de la conjonction de 2 opportunités :

– une forte demande pour ce produit de la mer qui est l’un des composants les plus valorisants de la cuisine française,

– la redécouverte d’un gisement au début des années 60 qui a résisté à un effort de pêche élevé dès les premières campagnes.

« Au début des années 60, le gisement de la Baie de St-Brieuc a connu un formidable essor et est devenu un des premiers centres de production de coquilles SaintJacques en France (12.000 tonnes en 1972). A la fin des années 80, de mauvaises reproductions successives vont profondément modifier l’équilibre de cette pêcherie. Seulement 1.200 tonnes sont débarquées lors de la campagne 89/90. Des mesures restrictives spécifiques, destinées à protéger les juvéniles, vont alors être mises en oeuvre afin de faciliter le redressement du stock. Le renouveau du gisement est rapide et les zones d’exploitation sont à nouveau productives au début des années 90.
A partir de 1999, plusieurs années exceptionnelles de reproduction vont consolider le stock. Il se situe autour de 25 000 tonnes sur la décennie 2000-2010. Après une courte période de réduction, en septembre 2015, la biomasse est en hausse par rapport aux années précédentes (15 400 tonnes en 2013), Ifremer l’évalue à 24 100 tonnes, résultat de bonnes reproductions en 2012 et 2013.» peut-on lire sur la fiche dédiée.

« Avec ses 150.000 hectares, le gisement naturel classé de coquilles Saint-Jacques de la Baie de Saint-Brieuc demeure la zone la plus productive au niveau national. A partir de 1999, 2 zones distinctes sont exploitées, le gisement principal et le gisement du large, avec des temps de pêche spécifiques. Compte tenu des rendements horaires très élevés sur le gisement principal, les temps de pêche sont limités à 45 minutes par jour de pêche programmé (2 jours par semaine au cours de la campagne 2015/2016). Soucieux d’organiser la production de cette ressource, les responsables professionnels, pêcheurs eux-mêmes, s’organisent avec le soutien de l’administration maritime et des scientifiques de l’IFREMER.

L’objectif est de mettre en place une gestion raisonnée : dès les premières années, les nombres de jours et d’heures de pêche sont limités, ainsi que les caractéristiques techniques des engins de pêche. Cette espèce devient rapidement le centre de gravité de l’économie des pêches dans les Côtes d’Armor.

Au départ, opportuniste et à court terme, le modèle de gestion s’est amélioré depuis 1974 grâce aux prévisions de pêche apportées par les scientifiques. Ce modèle tient compte à la fois des quantités exploitables très variables, de la situation économique de la filière et des composantes du marché. Du fait du rôle majeur des conditions climatiques dans le cycle de reproduction, l’abondance de cette ressource est rarement stable. Les fluctuations importantes du recrutement (animaux de 2 ans) peuvent varier en biomasse d’un facteur de 1 à 10 d’une année sur l’autre et constituent entre 30 et 70 % des individus pêchés. Cette forte variabilité nécessite une adaptation et une régulation des mesures de gestion afin d’éviter la mise en péril de la ressource et la désorganisation des marchés.»

Les différentes mesures prises ont eu pour objectifs :

– d’installer cette exploitation en période hivernale et de favoriser le maintien de la flottille de pêche,
– d’éviter un développement anarchique par des applications qui restent souples afin de moduler les contraintes de gestion,
– de rationaliser les apports en adaptant le temps quotidien de pêche.

La gestion du gisement repose actuellement sur les concepts suivants :

– l’enregistrement des demandes de licences au cours de l’été,
– l’évaluation globale du stock en septembre qui permet de fixer un ordre de grandeur du quota de pêche et une première évaluation des coquilles d’un an (la taille commerciale est atteinte à l’âge de 2 ou 3 ans),
– la programmation de la date d’ouverture (généralement début novembre sur le gisement principal) et des premiers horaires de pêche,
– le suivi de l’évolution des captures (pesage obligatoire des lots en criées), – le suivi annuel des indices de captage qui reflète la reproduction naturelle.

La coquille est principalement commercialisée sur 2 marchés :

– «l’entier vivant» pour 50 % de la production débarquée, par les mareyeurs expéditeurs et les pêcheurs,
– «la noix fraîche et surgelée» par 2 ateliers, à Erquy et Saint-Quay, spécialisés dans cette transformation.

Crédit photo : DR
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