La réélection de François Hollande compromise?

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04/11/2016 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – « Je suis prêt« , affirme avec certitude François Hollande dans un entretien accordé à L’Obs (13/10//2016). Il se donne même la peine d’expliquer comment il compte aborder l’élection présidentielle de 2017 : « Je demande à être jugé sur un bilan. Mais il ne peut suffire. Être candidat à l’élection présidentielle exige de porter un projet qui ouvre aussi une nouvelle étape qui porte un espoir et qui ne peut être simplement l’expression d’un refus. » On connait donc la recette dès maintenant : plutôt que de parler de montée du chômage pendant le quinquennat, on glosera sur la « France fraternelle », les valeurs, la République…

Cet optimisme est évidemment battu en brèche par la dure réalité. Car tous les clignotants sont au rouge. On peut en citer quelques uns. Baromètre Sofres : seulement 13% des Français ont confiance en François Hollande (Le Figaro Magazine, 30/09/2016). Baromètre Ifop : seulement 14% des Français sont satisfaits du président de la République (JDD, 23/10/2016). Baromètre Ipsos : seulement 18% des Français portent un jugement favorable sur l’action de ce dernier (Le Point, 20/10/2016). Quant aux sympathisants de gauche, ils sont 34% à estimer que le meilleur représentant des idées de gauche s’appelle Jean-Luc Mélenchon, contre 19% pour François Hollande (Ifop, JDD, 16/10/2016). La même enquête nous apprend que « seuls 14% des sondés déclarent qu’ils souhaitent voir François Hollande briguer un second mandat, quand 86% refusent cette éventualité (dont 62% affirment qu’ils ne veulent « pas du tout » de sa candidature.« 

Avec la parution du fameux livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, (Un président ne devrait pas dire ça…), la situation s’est aggravée : seuls 4% des Français se disent satisfaits de l’action de François Hollande; sur 17 047 personnes interrogées du 14 au 19 octobre, 3% se disent plutôt satisfaites et 1% – un pour cent – très satisfaites (Ipsos/Le Monde, 25/10/2016).

Du côté des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle, l’affaire se présente mal : François Hollande va au casse-pipe. Selon le casting affiché, François Hollande oscille entre 9 et 13% (Sofres, Le Figaro,  26/10/2016). L’institut BVA lui accorde de 11% (Face à Alain Juppé) à 13% (face à Nicolas Sarkozy); il tombe même à 9,5% avec Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron (Presse régionale, octobre 2016). L’Ifop se montre plus généreux puisque des interviews réalisés du 17 au 20 octobre 2016 donnent 14% à François Hollande – hypothèse Alain Juppé – et 15% – hypothèse Nicolas Sarkozy (Paris-Match, 27/10/2016). Autant dire que le président sortant ne serait pas qualifié pour le second tour.

Nous sommes loin de l’époque glorieuse où François Hollande faisait un carton en Bretagne (5). Rien à voir avec le rejet actuel. Au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, il arrivait en tête dans les cinq départements, avec un total de 874 165 voix (31,75%) sur les 2753 601 suffrages exprimés. Au second tour, il recueillait 1 495 404 voix (55,78%) sur les 2 680 650 suffrages exprimés, soit une progression de 621 239 voix et de 24 points. Autant dire qu’il avait écrasé Nicolas Sarkozy qui avait dû se contenter de 1 158 236 voix (43,64%).

Ce bon résultat l’avait amené à reconnaître plus tard : »Je sais ce que je dois à la Bretagne« . Mais, en 2017, la déception, la désespérance sociale et le délitement du monde rural auront fait leur oeuvre. François Hollande ou tout autre candidat de la gauche officielle devront-ils se contenter de la deuxième place en Bretagne (5) – après le candidat de la droite -, voire de la troisième si Marine Le Pen y réalise une percée nette?

B. Morvan

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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5 Commentaires

      • Parce que jacobinisme. Le pouvoir n’étant qu’à Paris, et relativement dans les grandes villes sur le même modèle (ce qui a permis au PS de se protéger quand il était exclu des hautes sphères; et les présidences de Régions étant un petit bonus, ne pesant rien dans les faits budgétaires), ça permet entre autres la concentration des pouvoirs aux grands partis. Le PS aurait dû imploser en 2002 puis 2007. La médiocrité UMP l’ayant sauvée. Ca aussi calculé, l’UMP avait besoin du PS pour ne pas se retrouver seul face aux extrêmes.

      • On est plus ou moins d’accord. La seule raison qui explique la survivance du Parti socialiste, c’est son clientélisme et sa capacité à se réserver certains sièges lors des élections. Aucun affilié socialiste n’aura le cran de quitter ce parti, de peur de se retrouver face à un candidat du parti (à moins d’avoir une énorme assise locale). Si on rajoute à ça les sièges reservé par le Parti socialiste à ses alliés politiques fort peu représentatif du peuple, on a somme toute un PS qui se résume à une machine electorale, et surtout pas un parti démocratique. Une mascarade en gros. Ce n’est pas le jacobinisme qui explique la survie du PS, c’est bien ma bêtise de l’électeur socialiste qui cautionne tout ca.

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