Nantes. Vols, insécurité : le ras-le-bol des commerçants du marché de la Petite Hollande

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10/12/2016 – 06H00 Nantes (Breizh-info.com) – Le samedi matin, sur le terre-plein de l’ancienne île Gloriette, le marché de la Petite Hollande est le plus fréquenté du centre-ville de Nantes. C’est aussi le plus populaire. Situé près du croisement des bus et des trams à Commerce, c’est l’endroit où se retrouvent également des chalands issus des quartiers périphériques de Nantes. Ils viennent y faire leurs courses, notamment sur les étals où on trouve de tout à pas cher, des vêtements aux jouets en passant par des produits de beauté. Mais ce marché souffre d’un nombre importants de vols, notamment à la tire. En première ligne, les commerçants, qui en ont ras-le-bol.

Samedi 3 décembre, un vent frisquet frigorifie Nantes. Cela n’empêche pas les vols matinaux. Alors qu’elle déballait ses fars bretons, une commerçante s’est fait piquer une caissette entière, avec une dizaine de gâteaux. « C’était vers huit heures, je déballais pour mettre sur l’étal, je ne vois pas l’arrière du camion où sont les gâteaux. Je suis revenue prendre une autre caissette, je l’ai trouvée par terre penchée contre le camion, et il n’y avait plus de gâteaux », nous explique-t-elle. « Les vols sur ce marché, c’est récurrent. Oui, il y a du monde, mais c’est très énervant à la longue. Surtout après dix-onze heures quand « ils » arrivent, y a intérêt à surveiller ».

Difficile de rater en effet les femmes aux lourds jupons colorés qui mendient face aux étals, ou les gamins de tous âges qui courent partout. « Et qui volent beaucoup », complète un vendeur de chaussures. « J’ai des vols à la tire à chaque marché. Oui, je les surveille particulièrement, et surtout ces gens là, il faut le reconnaître. Cela n’empêche pas les gamins de voler en un clin d’oeil : ils prennent la paire sur l’étal et se tirent, comment les retrouver ensuite ? ».

«Ah, y a clairement un problème», renchérit un vendeur de sel. « Je ne suis pas trop concerné, mais le collègue qui vend des pommes, là, s’est fait tirer sa caisse il y a un mois. Il y avait des femmes qui l’occupaient en demandant quelque chose, et un autre est passé par derrière et lui a pris la caisse ». Néanmoins le marché de la petite Hollande reste rentable : « il y a moins de pouvoir d’achat qu’à Talensac, mais beaucoup plus de monde ». Cela dit son emplacement central le dessert : « c’est trop ouvert, il y a beaucoup d’accès, on peut s’échapper de partout. Alors certes la police municipale arrête des voleurs à la tire, mais ils ne peuvent pas être partout ».

«La police municipale nous dit : on ne peut rien leur faire, alors vous n’empêchez pas les vols ! »

De là à être nulle part ? Nous n’avons pas vu la police municipale dans les allées du marché. «Ils sont là seulement pour nous réprimander et nous dire de remballer plus vite, mais pas pour nous protéger des vols», remarque une vendeuse de produits charcutiers. Sur l’étal voisin d’une fromagerie, on confirme : «pour les vols, il ne faut pas compter sur la police municipale. On se débrouille comme on peut nous mêmes ».

Michelle vend des marchandises peu chères, produits de beauté à 1 ou 2 euros, petites enceintes etc.  « Ah oui, des vols y en a souvent. C’est toujours les mêmes ! Des enfants qui viennent à cinq-six voire à dix. Et ils prennent, vite. Ils se mettent les produits dans les manches, les poches, etc ». Contre les vols, « la police municipale ne fait rien. Les policiers nous disent qu’ils sont irresponsables car trop petits donc on ne peut rien faire contre eux, ils sont protégés. Et ils nous disent vous non plus vous n’empêchez pas les vols ! Sans blague ! ». Alors elle le fait quand même : « je suis gitane, ça leur fait peur car on comprend ce qu’ils se disent entre eux, quand ils vont voler par exemple. Et je n’hésite pas à mettre des baffes. » Sa collègue, gitane aussi, renchérit :  « Quand on en prend un à voler, il crie comme si on l’égorgeait, et ses parents aussi. Ils volent aussi d’ailleurs ». Les vols sont d’ailleurs assez périodiques : « jusqu’au 10-15 du mois, on ne les voit pas trop, ils touchent des allocs, la CAF. Et après ils n’ont plus de sous, alors ils viennent ici, le pire c’est à la fin du mois ».

Plus loin, un vendeur de vêtements confirme « ce marché a été cassé. Il y a des gens qui ne viennent plus – des commerçants qui en ont assez des vols ou des clients qui se sont faits détrousser pendant qu’ils attendaient d’être servis ». Selon lui, « la police municipale ne fait absolument rien. Ils ont baissé les bras. Tant pis pour les Nantais qui paient : je n’habite pas ici, mais ça doit coûter cher les beaux véhicules, les uniformes etc. Ils ne servent vraiment à rien, sinon à nous embêter. C’est plus facile que d’empêcher les voleurs d’agir, visiblement ».

Il est 13 heures, le marché se termine. Les mouettes s’abattent près des étals de poissonnerie. Et du côté de la piscine Léo Lagrange, là où sont regroupés plusieurs vendeurs de fruits et légumes, on trouve ceux que mettent en cause les commerçants. Ils prennent des sacs entiers de fruits et légumes balancés au rebut, mais vont et viennent aussi sans cesse avec leurs caissettes sous les étals, là où les vendeurs remballent. Sous nos yeux, une femme essaie de se saisir d’une caisse de mandarines fraîches, le vendeur intervient énergiquement. Dans le va-et-vient des palettes et des diables, on entend des jurons en arabe, des bruits de baffes. Une femme prise sur le fait piaille, sa marmaille agrippée à ses jupons. « Faut y aller à coups de tatanes, à chaque fois c’est le même cirque », résume un vendeur de fruits et légumes, qui surveille jalousement sa cargaison, et interrompt plusieurs fois la conversation pour faire échec à des tentatives de vols. « Si on ne les baffe pas, ils nous piqueraient tout. C’est aussi pour ça qu’il y a toujours quelqu’un dans le camion, c’est déjà arrivé qu’ils montent et qu’ils se servent, pour eux c’est naturel. Leur crier dessus ça ne sert à rien, ce qui est à moi, c’est à eux ».

Nous avons suivi certaines de ces femmes, repérables à leurs jupons colorés. Dans la contre-allée du parking, côté piscine Léo Lagrange, sont garés des véhicules divers, monospaces ou camionnettes. Il y en a aussi du côté du quai de la Fosse. Le moteur est souvent en marche, prêt à partir en cas de problème. Les voleurs – jeunes ou moins jeunes – font sans cesse la navette entre le marché et la voiture servant de base, leur caissette à la main. Ce qui est volé transite ainsi très rapidement, à l’abri des regards. « Vers la fin du marché, c’est vraiment l’enfer », commente une vendeuse qui remballe, aidée par un jeune homme. «Ils sont là de 10h-10h30 à 13h parce qu’il y a le plus de monde, c’est pratique pour mendier et plus si affinités. Mais la tranche 13h-13h30, c’est le pire, ils viennent récupérer les invendus, et là, la frontière est vraiment ténue entre la récupération et le vol. Le plus simple est de les virer carrément, sinon ils raflent tout, et surtout l’argent. La récupération n’est qu’un prétexte. C’est vraiment lamentable tout ça, à quoi sert la police ? ».  On se le demande…

Louis Moulin

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Une réponse à “Nantes. Vols, insécurité : le ras-le-bol des commerçants du marché de la Petite Hollande”

  1. Cadoudal dit :

    La petite Hollande un haut lieu du vivre ensemble et de la diversité fort dépaysant…….

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