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10/01/2017 – 08H30 Nantes (Breizh-Info.com) – Lundi 9 janvier, Johanna Rolland a arrêté son choix pour la Primaire de la gauche. Le maire de Nantes, seule femme dirigeant une métropole française, a décidé de soutenir Manuel Valls. Au travers de sa déclaration de soutien, le naufrage idéologique de la gauche apparaît clairement.
Johanna Rolland apporte à Manuel Valls un « soutien exigeant »
« Un soutien exigeant » insiste Johanna Rolland devant les caméras de Presse Océan avant de détailler les trois raisons qui la pousse à soutenir l’ancien Premier ministre.
« La première, c’est qu’il a aujourd’hui l’envergure d’un homme d’État et dans ce contexte international et européen, on a besoin d’énergie, d’autorité, de solidité pour mener le pays.
La deuxième raison, c’est qu’il a été élu local, maire d’Évry. Et je suis convaincue que l’avenir du pays s’écrit aussi dans les territoires.
Donc la capacité à faire une place à d’innovation, d’initiative aux territoires, pour moi, ça compte.
Enfin, j’ai eu l’occasion de travailler avec lui ces dernières années. Et si j’ai pu avoir des désaccords, parfois profonds, que j’assume et que je maintiens, j’ai en revanche toujours apprécié la clarté et la franchise des échanges et le fait qu’un arbitrage donné est un arbitrage tenu. »
L’oubli des désaccords
Johanna Rolland reconnait bien avoir eu des désaccords avec Manuel Valls. Effectivement, la maire de Nantes s’était élevée contre la déchéance de nationalité et n’avait pas hésité à critiquer le Gouvernement.
Quelques jours après le terrible double viol à Nantes, elle avait également intimé à Manuel Valls de s’expliquer sur le peu de réactivité de l’État par rapport à l’augmentation des effectifs policiers sur Nantes. Elle n’avait alors pas peur de secouer celui qu’elle soutient aujourd’hui : « C’est un message d’exigence que j’ai envoyé. Et je l’assume comme tel. »
Enfin, sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, elle semble oublier que l’arbitrage de Manuels Valls n’a pas été tenu. En effet, la ZAD est toujours là – et semble-t-il pour longtemps -, malgré les coups de menton de celui qui était alors Premier ministre.
La social-écologie, recyclage idéologique pour bobos
Confrontés à l’échec total de la social-démocratie, les socialistes tentent de recycler leur idéologie politique. Johanna Rolland est le parfait exemple de cette nouvelle gauche obsédée par l’utilisation de la culture et de l’environnement pour gagner des voix auprès des citadins des grandes métropoles mondialisées. Sa nouvelle arme politique : la « social-écologie ».
« Alors oui, je crois aujourd’hui que Manuel Valls est celui qui est sans doute le plus en situation d’amener la Gauche au deuxième tour des élections présidentielles. Il lui appartient maintenant de créer les conditions du rassemblement. Pour ma part, je contribuerai à cette campagne, je contribuerai au projet pour la Gauche, pour – je le souhaite – la social-écologie de demain en portant les questions qui me tiennent à cœur, les questions dont j’estime que la génération politique à laquelle j’appartiens devra amener des idées. C’est le combat pour l’égalité réelle, c’est ce que j’ai appelé l’alliance des territoires, c’est comment on construit des transitions écologiques et numériques de gauche… Je pense que la Gauche ne peut pas simplement se contenter de reproduire des schémas du passé. Nous avons à inventer. En tout cas, c’est à cela que j’ai envie de contribuer, à partir de mon expérience nantaise. »
Voici, exposé de manière très claire ce qu’il reste de l’idéologie de la gauche – version Rolland – en 2017 : la transition écologique et numérique. Alors que la délinquance, l’islamisme et le terrorisme s’épanouissent sur notre sol, la gauche en est réduite à prôner des applications pour smartphone et des jardins partagés. A l’heure où Trump arrive à la tête des USA, à l’heure où Poutine s’impose dans le conflit syrien, la vision politique de madame Rolland paraitra pour le moins réductrice. Mais c’est le contraire qui aurait été surprenant.
Nicolas Serrand
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