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10/01/2017 – 08H30 Nantes (Breizh-info.com) – En ce début 2017, c’est le moment des premiers bilans d’activité de l’année écoulée. Ainsi, le port de Nantes Saint Nazaire, dans un communiqué de presse daté du 5 janvier dernier, fait le point sur les chiffres de son trafic pour l’exercice 2016. Et l’heure est plutôt à l’optimisme sur les quais de la Loire.
Plusieurs sites pour différentes activités
Avant toute chose, il peut être bon de préciser pour nos lecteurs que l’entité « Nantes Saint Nazaire Port » regroupe plusieurs sites géographiquement distants puisque les navires accostent le long de plusieurs terminaux tout au long de l’estuaire : Saint Nazaire, Montoir-de-Bretagne, Donges, Nantes (via les quais de Cheviré Aval et le terminal de Roche-Maurice). Les sites nantais étant fragilisés par la taille et les tirants d’eau de plus en plus conséquents des navires et une gentrification accrue aux alentours des zones portuaires de la ville.
Trafic roulier et GNL comme moteurs de l’activité
Pour en revenir aux chiffres, alors que le port a connu une baisse constante de son activité lors des cinq dernières années, la reprise est désormais là avec un trafic passant de 25,4 à 25,5 millions de tonnes, soit une légère mais encourageante hausse de 0,3%. Cette amélioration est en partie due au retour en force du Roll-on/Roll Off, communément appelé « Ro/Ro », mais aussi par une augmentation des flux de GNL (gaz naturel liquéfié).
Dans le détail, le poste roulier a connu une embellie de +19% par rapport à 2015. Ce fut une mauvaise année du fait de la suspension fin 2014 de la ligne « autoroute de la mer » Montoir-de-Bretagne/Gijón. A l’opposé, une nouvelle ligne du même type, Montoir/Vigo, a eu un succès non négligeable en 2016. Par ailleurs, Airbus n’est pas totalement étranger à cette amélioration du trafic Ro/Ro puisque la ligne Milk Run Med mise en place en 2012 a réalisé de beaux résultats l’année passée via sa liaison hebdomadaire de transport de colis aéronautiques vers des sites de Méditerranée occidentale.
Pour sa part, le gaz naturel liquéfié est à l’origine de la plus forte hausse du port entre 2015 et 2016 avec une progression de 107% à 2,2 millions de tonnes. Des chiffres qui n’avaient pas été vus depuis 2012. Avec une offre mondiale se diversifiant et une demande chinoise en baisse, le site de Montoir-de-Bretagne géré par Elengy a pu bénéficier d’un rééquilibrage des prix et ainsi augmenter ses importations.
Conteneurs, pétrole brut, ferraille : les bons élèves
L’année 2016 a été mondialement difficile pour le fret conteneurisé avec des lignes régulières à la peine entre l’Asie et l’Europe. Ainsi est annoncée la suppression de 60 emplois par le géant français CMA CGM. Pourtant, Nantes Saint Nazaire limite les dégâts en trouvant son équilibre autour des 1,8 million de tonnes manutentionnées (183 000 EVP, « Equivalent vingt pieds », la taille standard des conteneurs) sur le terminal de Montoir-de-Bretagne.
Autres bonnes nouvelles, la hausse des importations de ciments (+14%) causée par la reprise d’activité dans le secteur du bâtiment ainsi que l’augmentation des exportations de ferrailles vers les pays méditerranéens (+6%).
Quant aux hydrocarbures, le trafic de produits raffinés a diminué de 14% mais les importations de crude oil (pétrole brut) ont réalisé une progression de 12% tandis qu’en 2015 la raffinerie de Donges avait stoppé son activité quelques temps en raison d’un arrêt technique d’entretien.

Céréales, alimentation animale et charbon : année difficile
Du côté des points négatifs, nous pouvons noter la baisse notoire des exportations de céréales (-32%) puisque seulement 1,3 million de tonnes ont été chargées cet année, en raison des mauvaises récoltes de l’agriculture au cours de l’été dernier. L’alimentation animale a elle aussi connu de mauvais chiffres en cette année 2016 avec une diminution de 16% des importations, notamment due aux nouvelles mesures règlementaires de stockage dans les silos portuaires.
Enfin, étant tributaire de la météo, les importations de charbon ont atteint péniblement les 0,6 million de tonnes l’année dernière (-30%) à cause d’un hiver particulièrement doux mais également des travaux de modernisation réalisés dans la centrale thermique de Cordemais.
Une année marquée par les mouvements sociaux
La direction du port de Nantes Saint Nazaire a par ailleurs fait remarquer que les mouvements de grèves en réponse au projet de loi travail au cours des mois de mai et juin 2016 ont eu un impact sur les différents résultats de l’activité portuaire. De nombreuses escales de navires furent annulées lors de cette période.
Quant à l’avenir, les premiers mois de 2017 vont permettre rapidement de voir si les bons chiffres de 2016 sont confirmés et si le premier port breton et 5ème port français va rester concurrentiel dans un contexte maritime mondial qui demeure compliqué.
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