Erasmus. Le programme européen fête ses 30 ans.

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12/01/2017 – 09h00  (Breizh-Info.com) – Erasmus fête cette année ses 30 ans. Ce programme d’échanges entre les écoles et universités européennes est une des satisfactions et un des fers de lance de la construction et de l’unité entre européens. Depuis sa création, plus de 600 000 Français sont allés étudier ou travailler à l’étranger dans le cadre de ce programme, qui ne fait toutefois pas l’unanimité chez les universitaires français.

Le programme d’échanges entre pays européens fondé en 1987 a fourni des bourses à plus de 3 millions d’étudiants dont 620 000 français. Dès sa création, ce système a tout pour séduire.

Placé sous le patronage du moine humaniste et théologien Erasme, il permet aux étudiants de grandes écoles et d’universités de passer un semestre voire une année chez des voisins européens. Ils vont y découvrir un autre système d’enseignement, une autre culture et y parfaire des compétences en langue étrangère. La réalisation du rêve européen, loin de la bureaucratie bruxelloise en quelque sorte.

Le concept a notamment été rendu célèbre par le film L’Auberge Espagnole. Les compagnies aériennes low cost ont permis de démocratiser ces voyages pour découvrir de nouvelles contrées. Côté études, les choses s’avèrent toutefois inégales. Un étudiant français, qui ira dans un pays nordique ou anglo-saxon, sera normalement confronté à un niveau élevé et de véritables exigences linguistiques. Ce ne sera pas forcément le cas dans un pays d’Europe Centrale ou Méridionale, souvent beaucoup moins exigeant en terme de niveau.

De 11 pays à l’origine du projet, ils sont aujourd’hui 33 à y participer avec des  pays partenaires comme la Macédoine ou la Suisse. Le programme a un coût : les étudiants bénéficient en effet de subventions communautaires mais aussi de bourses délivrées par les conseils régionaux, des bourses de montants très variables selon le territoire. Les grandes écoles peuvent également mettre la main à la poche pour aider leurs étudiants.

Le programme séduit et serait même un rempart contre le chômage puisque les participants risqueraient deux fois moins de devenir chômeurs. Plus d’un stagiaire Erasmus sur trois s’est vu proposer un poste dans son entreprise d’accueil. Ces bons résultats s’expliquent par les programmes proposés mais aussi par le profil des étudiants réputés plus audacieux et capables de s’adapter. Par ailleurs, 27% des étudiants disent avoir fait la connaissance de leur conjoint lors de leur séjour.

Seuls 3% des étudiants français partent toutefois à l’étranger dans le cadre de ce programme, alors qu’un objectif de 20% avait été fixé pour 2020. La faute à des manques de budget et des lourdeurs administratives mais aussi au fait que de nombreux étudiants craignent de tenter l’aventure à l’étranger. Les études professionnelles ou artisanales sont elles aussi, peu mises en avant, dans un programme qui consacre avant tout les études universitaires dites classiques.

A l’heure où beaucoup doutent de la construction européenne, jugée bureaucratique, déconnectée des peuples et exclusivement économique, Erasmus est toutefois un modèle en matière de possibilité d’unir les Européens.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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2 réponses à “Erasmus. Le programme européen fête ses 30 ans.”

  1. Jakez Gwillou dit :

    Le nom d’ Erasme donné au programme d’échanges pour les étudiants, n’est pas innocent. D’emblée, on y sent la griffe des cénacles philosophiques qui maintiennent sous une chape de plomb, la moindre parcelle des institutions universitaires. Que le nom d’un théologien soit retenu pour un tel programme pourrait surprendre s’il n’était à la fois et surtout le  » grand humaniste de la Renaissance ».
    Extrêmement critique envers l’ Eglise et ses institutions, Erasme rêve d’un Etat universel, d’une religion universelle, d’une paix universelle, utopies toujours d’actualité quand on songe aux folies sanglantes de notre modernité.
    S’il écrit dans la langue latine, c’est pour véhiculer son message cosmopolite auprès des élites universitaires de son temps. Chez lui, l’universalisme chrétien a dégénéré en cosmopolitisme. Ainsi, le « Monde entier est notre pays à tous ».
    Chantre de l’individualisme, on comprend un tel choix.
    Assez donc de « Renaissance » ou d' »humanisme » ! La Renaissance, tarte à la crème de nos esprits progressistes, est une véritable imposture. Elle marque la victoire d’un humanisme antichrétien, l’humanisme dit moderne, sur la Scolastique, cette philosophie de la tradition chrétienne.
    Il faudra bien un jour dépolluer l’université et autres temples du savoir, si nous voulons bâtir une société plus saine et sortir de l’aliénation idéologique dans laquelle ils tiennent les nôtres.

  2. François Arondel dit :

    Comme Najat Vallaud-Belkacem, l’auteur de cet article se félicite de l’existence d’Erasmus. Or, Erasmus, comme l’ensemble des institutions bruxelloises, est une organisation qui prêche le dépassement des enracinements.
    Certains européistes ont milité, et militent parfois encore, en faveur de l’Union Européenne dans laquelle ils croyaient voir, ou croient voir, l’ébauche d’un futur empire enraciné dans les régions et dans les héritages culturels grec, romain, celtique et germanique. Tout cela n’est qu’illusion; l’UE est une organisation universaliste (depuis ses origines les plus lointaines) comme vient de le rappeler Martin Schultz, le sinistre président sortant du parlement européen, qui nous a fait part, lors de son discours de fin de mandat, de sa haine des nations et de la notion d’enracinement qui leur est liée. Si Martin Schultz s’en est pris aux nations historiques, c’est parce qu’il a bien compris que les peuples européens sont en train de les redécouvrir et parce que, dans leur recherche éperdue de points de repères, ils réapprennent à les chérir. Les européistes de Bruxelles veulent détruire les nations historiques et ils enragent parce qu’ils constatent qu’elles reviennent sur le devant de la scène malgré des décennies de propagande infructueuse. Le processus en cours de ré-enracinement des Européens est essentiellement un processus de réappropriation des cultures, des traditions et des héritages nationaux. Quant à Erasmus, il contribue de toute évidence au renforcement de l’idéologie  »boboïde » des Européens les plus diplômés et les plus hostiles au dit processus.

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