stx-base

15/02/2017 – 08h15 Saint-Nazaire (Breizh-Info.com) – Fincantieri, seul candidat à la reprise de STX, va, si le gouvernement français ne fait rien racheter à la fin du mois pour  80 millions d’euros, 66,6% du capital mis en vente par le géant  sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding . Il deviendra donc actionnaire majoritaire, ce qui inquiète la France, mais le géant italien affirme que l’offre est non négociable.

Bercy souhaite en effet plafonner la participation de Fincantieri en-dessous de 50%. « Depuis l’annonce de la vente de STX France par son actionnaire coréen en faillite, l’Etat français, qui possède une minorité de blocage ( 33,34 % du capital), a toujours assuré qu’il suivrait ce dossier de près et a répété qu’il « n’hésiterait pas à utiliser tous les leviers dont il dispose » peut-on lire sur Les Echos.

Le bras de fer est engagé, avec en fond la menace de l’ogre chinois.

Car même si le gouvernement italien possède 72% de Fincantieri qu’il soutient dans sa demande de majorité absolue non négociable, Fincantieri a effectué un regroupement avec la société chinoise CSCC  . Le groupe italien et China State Shipbuilding Corporation (CSSC) ont en effet signé en 2016 un accord pour la création d’une coentreprise pour la construction en Chine de paquebots, conçus par Fincantieri.

Patrick Desmedt, journaliste à l’Usine Nouvelle, s’interrogeait déjà à l’époque sur la menace pour la construction navale européenne : « une fois que CSSC aura assimilé le savoir-faire italien, malgré les garde-fous officiellement annoncés, il aura entre les mains une formidable machine pour concurrencer son propre partenaire, mais également STX France et l’allemand Meyer Werft.»

Le temps est désormais compté, et la bataille navale est engagée.

« A partir de la signature du mémorandum d’entente avec le tribunal de Séoul le 13 janvier, Fincantieri dispose d’un mois et demi pour mener à bien la période de due diligence, ce qui amène à une signature de la convention de cession à compter de fin février. L’Etat français pourrait encore intervenir en préemptant les parts de STX (ce que prévoit le pacte d’actionnaire de 2008), à condition d’agir moins d’un mois après la signature de la convention de cession.» explique La Tribune.

Le maire de Saint-Nazaire, David Samzun, plaide pour une nationalisation temporaire de l’entreprise en cas d’échec des négociations avec Fincantieri. Le Front national local, le rejoint, et s’inquiète également et exhorte à ne pas « prendre le risque évident d’un pillage technologique, qui aurait pour conséquence la mort économique de STX France. » tout en pointant du doigt le recours massif aux travailleurs détachés par l’entreprise italienne « ce qui concurrence de manière déloyale l’emploi de nos ouvriers français. »

Le bras de fer est engagé, mais face à la toute puissance de groupes économiques, l’Etat semble bien en difficulté pour pouvoir imposer sa loi, et prendre le risque de la faillitte, à court terme, de l’entreprise.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine