Ecosse. Non, le gouvernement ne veut pas accueillir plus de migrants [Décodeur]

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06/04/2017 – 07H15 Glasgow (Breizh-info.com) – Alors que les négociations du Brexit commencent, l’Écosse réclame des pouvoirs supplémentaires en matière migratoire, notamment afin d’autoriser, les travailleurs des pays de l’Est à venir dans le pays. Le parlement écossais a par ailleurs approuvé le 28 mars la proposition de la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, pour entamer des négociations en vue de la tenue d’un deuxième référendum d’indépendance.

Le gouvernement écossais estime que l’immigration pourrait compenser le faible taux démographique aujourd’hui en vigueur en Ecosse, très différent de celui du reste du Royaume-Uni. Il se base sur la chambre de commerce écossaise, intéressée notamment par l’immigration pour des raisons économiques.

Et c’est là que le journal Euractiv fait de la désinformation en titrant que « L’Ecosse veut pouvoir accueillir plus de migrants », laissant entendre que le pays souhaite accueillir plus de ces immigrés d’Afrique, d’Asie ou de Syrie , qui se dirigent actuellement en grand nombre vers l’Europe.

Car l’annonce du gouvernement écossais, vise avant tout à ne pas être « victime collatérale » du Brexit – qui – s’il n’empêcherait absolument pas les ressortissants extra européens du Commonwealth de venir s’installer, bloquerait les ressortissants de l’Union Européenne.

C’est d’ailleurs ce qu’explique Stuart McMillan, député du SNP, le Scottish National Party : « Les sondages montrent clairement que les Écossais soutiennent la liberté de circulation dont nous bénéficions en tant que membre du marché unique. C’est une autre raison pour laquelle l’Écosse a besoin de pouvoir déterminer son propre avenir, et pourquoi ses habitants doivent pouvoir avoir le choix entre le Brexit et l’indépendance ».

Si l’on se fie à des sondages sur la question de l’immigration extra européenne, le gouvernement irait contre l’opinion de sa population : ainsi un sondage du NatCen Social Research publié en 2013 démontrait par ailleurs que 69% des écossais souhaitaient voir l’immigration se réduire en Grande-Bretagne, et 44% d’entre eux pensaient que l’immigration avaient un impact négatif sur l’économie (contre 33% un bon impact, le reste n’estimant un impact ni bon, ni mauvais).

En Ecosse aujourd’hui, les blancs autochtones d’Ecosse (white scottish) représentent 77,9% de la population. Sur les 5 295 000 habitants recensés en 2014, 96% sont des blancs, même si ce chiffre diminue légèrement au fil des années.

Le gouvernement écossais prévoit que 90 % de la croissance démographique dans la région au cours des dix années à venir proviendra de l’immigration nette, aussi bien nationale qu’internationale. Il n’envisage donc pas de recourir – comme c’est le cas dans d’autres pays européens et notamment en Hongrie pour relancer la natalité – à des politiques familiales pour inciter les autochtones à faire plus d’enfants.

Derrière cette annonce, c’est avant tout la peur de voir les frontières du Royaume-Uni se refermer avec le Brexit, 61% des Ecossais souhaitant que la liberté de circulation reste en vigueur en Europe.

« La croissance démographique est vitale pour la santé économique de l’Écosse et le maintien de ses services publics, mais le gouvernement britannique est déterminé à fermer les portes aux travailleurs desquels dépend notre économie », a déclaré Stuart McMillan, du Parti national écossais (SNP).

« Pendant la campagne pour le Brexit, on a fait croire aux Écossais qu’ils obtiendraient plus de pouvoir en matière d’immigration, mais cette promesse n’a pas été tenue », a-t-il ajouté.

Historiquement, l’Écosse a plutôt été un pays d’émigration avec plus de personne qui partaient vivre hors d’Ecosse. Cependant, depuis les années 1960, cette émigration nette a considérablement diminué et, à partir de 1990, l’Écosse a commencé à devenir un pays accueillant essentiellement majoritairement des individus en provenance du Royaume-Uni (dont des populations issues des pays du Commonwealth), mais aussi, désormais des pays d’Europe de l’Est.

Il y’a trois ans durant un référendum, les Écossais avaient voté contre une séparation de la Grande-Bretagne. On s’était alors aperçu que les immigrés ainsi que les retraités qui avaient majoritairement voté contre.

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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