03/05/2017 – 08h45 Pekin (Breizh-Info.com) – Les autorités de la région chinoise du Xinjiang viennent d’interdire aux parents de donner aux enfants des noms islamiques afin de lutter contre l’islamisme radical et contre l’influence de la religion notamment sur les Ouïgours, une minorité ethnique et musulmane de la région.

Mohamed, Jihad, Islam, Imam, Haki, Turknaz, Azhar, Wahhab, Saddam, Arafat, Medina, Le Caire, font partie des 29 prénoms désormais interdits dans cette région. Ce sont des militants Ouïgours exilés qui ont rapporté cette affaire qui a été confirmée par plusieurs fonctionnaires chinois – sous couvert d’anonymat, comme c’est le veut la loi du pays.

Le Xinjiang abrite environ 10 millions d’Ouïgours, peuple pratiquant un Islam Sunnite. Le chef du parti communiste du Xinjiang a déclaré que face à la menace islamiste qui s’était infiltrée dans cette région d’Asie centrale – entraînant une crise sanglante – il était nécessaire de prendre des mesures.

Les chercheurs et les hauts responsables gouvernementaux, y compris le président chinois Xi Jinping, ont exhorté les gouvernements locaux à mieux assimiler leurs minorités musulmanes à la culture chinoise chinoise de la majorité, beaucoup dénoncent une forme  « d’arabisation » touchant les 21 millions de musulmans chinois.

Hormis l’interdiction des prénoms à consonance islamique, les autorités locales du Xinjiang ont souvent découragé et même interdit le port de voiles islamiques ; d’autres proches du gouvernement ont réclamé l’interdiction de la construction de mosquées avec des dômes ou d’autres styles d’architecture venant du Moyen-Orient.

La mesure est entrée en vigueur à la fin du mois de mars. D’autres ont également été intégrées, comme celles de ne pas porter une barbe trop longue, un voile trop couvrant, sous peine de se voir refuser le Hukou le document administratif permettant l’accès aux droits sociaux en Chine.

Pour certains militants ouïgours épaulés par les groupes de défense des droits de l’homme, ces restrictions et interdictions alimentent un cycle de radicalisation et de violence.

Ce sont les fonctionnaires locaux qui jugeront les noms comme « excessivement religieux » ou pas et qui prendront, ou pas, les sanctions adéquates. Selon Radio Free Asia, il y aurait une certaine souplesse vis à vis de certains prénoms comme Mehmet (version turque de Mohammed) déjà largement répandue dans la région et que l’on ne peut donc suspecter de prénom vecteur « d’arabisation ».

En France, depuis 2014, le prénom Mohamed est le premier prénom religieux (si l’on prend les prénoms de Luc, Pierre, Mathieu, Jean et Jacques) donné en France. Avec 2.612 naissances en 2015 (sensiblement le même nombre en 2014) il se classe 22ème des prénoms les plus donnés en France aujourd’hui. En 1950, ce chiffre ne dépassait pas quelques dizaines…

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.