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28/06/2017 – 07h30 Buenos Aires (Breizh-Info.com) – Ames sensibles, passez votre chemin. Idem pour ceux qui s’offusquent de mots ou de dialogues vulgaires. Car avec El Marginal, nouvelle série proposée par Canal depuis lundi 26 juin, vous allez plonger dans une série noire, glauque, dure, dramatique même, mais terriblement réussie.
Il s’agit d’une série qui cartonne actuellement en Argentine – son pays de production . El Marginal nous plonge au coeur de San Onofre, une prison-favela immonde, structurée socialement (du bidonville aux quartiers privilégiés), où règnent violence et corruption. La série a remporté le Grand Prix du festival Série Mania 2016.
Voici le synopsis :
Buenos Aires. Luna, la fille du juge Lunatti, un fonctionnaire haut placé, est kidnappée en pleine rue, malgré la présence de gardes du corps. Le juge souhaite opérer dans le plus grand secret et de manière totalement officieuse. Pour cela, il fait appel à Miguel Dimarco, un ex-policier incarcéré dans le pénitencier de Rio Azul, en Patagonie. Lunatti soupçonne l’existence de liens entre l’enlèvement de sa fille et la prison de San Onofre où il souhaite envoyer Miguel. L’ex-flic sera incarcéré sous une fausse identité (Osvaldo « Pastor » Peña) avec pour mission d’infiltrer une bande de détenus, soupçonnés d’être impliqués dans le kidnapping.
Le personnage principal du film, Miguel Dimarco est incarné par Juan Minujin, acteur argentin qui fait clairement penser à Mathieu Kassovitz ; on aime ou on aime pas.
Le film est particulièrement bien rythmé, l’intrigue va crescendo durant les 13 épisodes (déjà tous disponibles sur Canal + à la demande) de la première saison. A noter une bande originale déjantée, agressive qui ajoutée à l’image et à la façon particulière de filmer, font parfois penser à un Orange Mécanique version argentine. Certains des jeunes acteurs ne sont pas des professionnels et sont pour certains d’anciens prisonniers, ce qui rajoute en véracité à la série.
Un large panel de la musique sud-américaine du moment y passe – particulièrement du rap local et social, autrement plus construit que celui que l’on retrouve en France sur les ondes – et c’est particulièrement prenant. (Ecouter la bande originale ci-dessous). La musique d’ouverture de la série est de la rappeuse engagée Sara Hebe, que l’on pourrait comparer à Keny Arkana en France.
https://www.youtube.com/watch?v=yAPbsLBMgFg&list=PLOJWPy6ow_Mz4-NNRqL-lzK-HpeW1abVt&index=1
El Marginal est une série qui n’est pas comparable avec les autres séries sorties jusqu’ici sur la prison. Elle est une plongée dans une société (la société argentine) qui n’est pas comparable aux Etats-Unis et encore moins à la France. Il s’agit de la description d’un enfer social qui n’est pas ragoutant, sur fond de corruption, de trafics entre notables et pègre, d’exploitation des plus faibles.
Dans El Marginal, contrairement à Oz, ou wentworth (toujours pas annoncé en France), nous n’avons pas à faire à une prison de haute sécurité, standardisée. Mais à la reproduction, dans une enceinte fermée, de ce qu’il se passe en dehors. C’est ainsi que fonctionnent de nombreuses prisons sud américaines, gérées finalement plus par les prisonniers les plus impitoyables que par les directions, souvent corrompues.
Après l’excellente série 3%, venue tout droit du Brésil, El Marginal, pur produit du rival argentin, fait à nouveau honneur au cinéma sud-américain, sur lequel il va falloir compter dans les années à venir.
YV.
Crédit photo : DR
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