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16/08/2017 – 15h00 Nantes (Breizh-info.com) – Après l’agression d’un chauffeur vendredi dernier dans le centre de Nantes – suivie de celle d’une contrôleuse au rond-point de Vannes le lendemain – les chauffeurs et agents de la TAN ont décidé d’utiliser leur droit de retrait et de ne faire aucun service le lundi 14 août. Une possibilité légale lorsque l’employeur n’arrive plus à assurer la sécurité de ses employés au travail. Ainsi, aucun bus ni tram n’est sorti des dépôts. Une vision spectaculaire, mais finalement peu utile puisque les responsables politiques étaient tous en vacances.
Nantes a offert pendant une journée la vision surréaliste d’une ville où seuls circulaient et prenaient des passagers les bus du département (Lila), les bus des affrétés (Keolis, Quérard, Brodu, CTA) n’étant eux mêmes pas sortis des dépôts. Tout cela sur fond de rideaux baissés et de rues vides, en pleins congés d’août. Une « ville morte » diversement appréciée par les usagers, d’autant qu’aucune affichette aux abribus ne prévenait de l’absence de service, contrairement au tramway où à la place des horaires des tramways était indiqué « mouvement social à la TAN. Aucun service ».
A l’arrêt Bel Air, Moussa et sa fille attendent désespérément un bus, avant qu’un passant ne l’informe de la grève. « Ça fait une demi-heure que j’attends un C2, ils auraient pu prévenir quand même ». Lorsque le passant lui explique la raison de la grève, il se calme : « dans ce cas, ça se comprend. Mais c’est triste d’en arriver à une grève qui ne gêne en rien ceux qui agressent les agents ». André attendait un busway près de la Cathédrale et prend les choses avec calme : « ah, c’est pour ça ! Je croyais qu’ils avaient mis le service du 15 août pour le 14. S’ils protestent contre les agressions, ça se comprend, après tout en été ça ne gêne pas grand monde. Si, moi puisque je rentre à Porte de Vertou, mais je vais appeler un taxi ». Michèle, est moins tranquille : elle qui venait de la campagne avec un car Lila est forcée de rebrousser chemin pour rester chez sa parente : « je ne peux pas rentrer chez moi, près de la Contrie : c’est loin à pied, je suis handicapée et je n’ai pas les moyens de prendre un taxi ».
La CFDT : « on n’a que de belles paroles alors que les agressions se multiplient »
Pour la CFDT, cette journée blanche n’a pas servi à grand chose. Lundi vers 17 heures, le délégué syndical Didier Sauvêtre estimait, désabusé : « on a une réunion avec un adjoint de Nantes Métropole, le seul qu’ils ont pu trouver un 14 août. On n’espère rien, tous les grands décideurs sont en vacances ». Alors pourquoi l’avoir faite tout de même, maintenant ? « C’était un mouvement spontané des conducteurs, on a répondu à leur demande ».
Gabriel Magner, délégué CFDT SEMITAN lui aussi, est plus résolu : « on a juste exposé nos problèmes et on verra en septembre avec les bonnes personnes. Cela dit, vu le ramdam, on espère bien être reçus dès que Pascal Bolo reviendra de vacances, lundi prochain ».
Mais le fait que deux agents de la SEMITAN se fassent violemment agresser dans le même week-end n’est en soi pas un événement jugé assez grave par le premier adjoint de la ville de Nantes, vice-président de Nantes Métropole et accessoirement président de la SEMITAN pour qu’il trouve utile d’interrompre ses congés.
.Le syndicat a fait une enquête interne au sein de la TAN qui démontre l’étendue du malaise des agents et du caractère quotidien des agressions qu’ils subissent. Huit agents sur dix ont déjà été insultés ou agressés physiquement depuis leur embauche, selon cette enquête, et dans les services exploitation et commercial, un agent sur trois a déjà été agressé physiquement depuis qu’il est entré à la SEMITAN.
«On a déjà fait une journée blanche, on n’a eu que de belles paroles », continue Didier Sauvêtre. « En février dernier, on a été reçus à la préfecture où on s’est fait dire encore de belles paroles, et que les effectifs de police étaient contraints, bref, on n’aurait rien d’autre. Il y a pourtant une brigade des transports, la BSTC, mais elle est affectée à des missions de police [et de maintien de l’ordre lors des nombreuses manifestations violentes que connaît la capitale bretonne, NDLA]. On se demande ce qu’on peut faire de concret, puisque les blocages ne gênent guère que les gens honnêtes qui vont travailler ».
« ils veulent montrer que Nantes est une belle ville, avec zéro délinquance et pas de problèmes, mais ce n’est pas la réalité ».
Il s’interroge sur la responsabilité des politiques : « à Commerce depuis deux ans ils ont laissé s’installer les dealers, et maintenant ils sont les rois du pétrole. La seule chose que propose la TAN, c’est d’abandonner les lieux et de mettre le local de repos rue Kervégan », où le trafic de drogue de Commerce commence à déborder. « Cela dit, nos interventions dans les médias semblent beaucoup les énerver : pour l’extérieur, ils veulent montrer que Nantes est une belle ville, avec zéro délinquance et pas de problèmes, mais ce n’est pas la réalité ».
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Nantes. Une journée blanche à la SEMITAN quasiment inutile ?”
personne ne parle des cyclistes qui risquent leurs vies à cause des bus qui ne respectent pas le code de la route.
Je pourrais écrire tout un livre là-dessus sans parler des agressions verbales des chauffeurs de bus envers les cyclistes qui leur signalent qu’ils n’ont pas respecté le code de la route.
et les cyclistes ne peuvent faire grève pour exprimer leur mécontentement
Johannna, qu’on ne voit jamais, gère une ville imaginaire qui n’existe que dans son monde virtuel!