05/09/2017 – 07h15 Varsovie (Breizh-Info.com) – Une équipe de chercheurs internationaux dirigée par Gerard Gierlińskia de l’université de Varsovie et Grzegorz Niedźwiedzki de l’université d’Uppsala a peut-être révolutionné nos connaissances de l’histoire de l’humanité. En l’état actuel des recherches, c’est une découverte susceptible de remettre en question le scénario indéboulonnable de la théorie « Out of Africa », déjà largement remise en cause depuis plusieurs années. Ces traces de pas découvertes en Crète et analysées pendant de longues années auraient vraisemblablement appartenu à un ou plusieurs hominidés. Elles ont été datées avec une grande précision. Elles auraient été imprimées sur le sol européen aux environs de – 5,7 millions d’années avant notre ère.
Or les empreinte « humaines », connues à ce jour, des hominidés ne seraient apparues qu’un million d’années plus tard en Afrique.

L’Europe, berceau du premier pied « humain » ?

Empreinte Hominidé Europe CrèteLes auteurs de l’étude ont beau prendre toutes les précautions d’usage, les répercussions d’une telle découverte pourraient être considérables.
Ce n’est pas la plus ancienne trace de pas d’un hominidé découverte dans le monde. Mais ce sont bien les plus anciennes d’un pied d’hominidé ressemblant à un pied humain « moderne ». Selon l’état actuel des connaissances, les empreintes ressemblant à un pied « moderne » sont apparues en Afrique en – 3,7 millions d’années avant Jésus Christ (Laetoli) et – 4,4 millions d’année avant Jésus Christ (Ardipithecus).

Cette étude renverserait donc complètement la table en démontrant qu’il existe de très fortes probabilités que la première empreinte « humaine » découverte sur Terre l’ait été en Europe.
C’est d’autant plus extraordinaire que les chercheurs considéraient l’Ardipithecus comme un ancêtre direct des hominidés suivants. Il n’était donc pas envisageable de considérer qu’un pied « humain » ait existé avant – 4,4 millions d’années.

Précaution des chercheurs

« L’interprétation de ces empreintes est potentiellement sujette à controverse. La morphologie de l’empreinte suggère que l’individu était un membre du groupe Hominidé mais, comme la Crète est significativement en-dehors de la zone géographique connue des hominidés du pre-Pléistocène, nous devons envisager la possibilité qu’ils représentent un primate de la fin du Miocène jusqu’ici inconnu dont l’anatomie du pied aurait évolué vers une forme humaine. »

Si les chercheurs ne lésinent pas sur la prudence, ces empreintes, analysées pendant des années grâce à une technologie de pointe, ont clairement une forme humaine selon le communiqué rédigé par l’université d’Uppsala. Mieux encore, « la forme des empreintes indique de manière claire qu’elles appartiennent à un des premiers hominidés, sans doute plus primitif que celui de Laetoli. »

Mais des critiques ont très vite émergées. Ainsi, sur Twitter, Zach Throckmorton, paléoanthropologue  et professeur à l’université de médecine d’Arkansas, a sonné la charge. Admettant que les empreintes étaient très intéressantes, il a néanmoins douché l’enthousiasme des chercheurs en estimant que ces empreintes ressemblaient beaucoup à celles de singes. Ce premier avis critique reposant sur la simple analyse de photos est évidemment à prendre avec précaution mais a le mérite de provenir d’un spécialiste.

Le débat est évidemment passionné car cette découverte remettrait tout simplement en cause le modèle historique de l’évolution humaine, décrit  imprudemment et trop rapidement par certains scientifiques. Ceux-ci avaient peut-être succombé à leurs inclinaisons idéologiques. La prudence s’impose car de nouvelles découvertes peuvent en permanence changer la donne.

Cette étude est peut-être un petit pas pour l’hominidé crétois mais un grand pas pour la science.

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