08/09/2017 – 07h20 Nantes (Breizh-Info.com) – Nombre de fêtards du Hangar à Bananes, au bout de l’île Beaulieu, ont eu maille à partir avec les délinquant. Les week-ends, aux abords des établissements de nuit, vols à l’arraché, dépouilles et autres violences prospèrent, et virent parfois à la razzia. Une bande a même élu domicile dans les broussailles mal éclairées entre le Hangar à Bananes et le pont Anne de Bretagne. C’est sur le chemin d’un raccourci souvent emprunté par les fêtards pour rejoindre le tramway. Nous sommes allés sur place discuter avec les portiers, en prise directe avec la délinquance.

« Au Hangar à Bananes, les problèmes, c’est surtout à la fin de la semaine. »

C’est le début de la semaine, et une fine trame de crachin couvre la ville. Les établissements sont remplis – ceux du moins qui sont ouverts – mais dehors, il n’y a pas foule. Les soirées d’intégration des établissements scolaires, classes et autres écoles, ont commencé, assurant de l’activité même en cette période creuse de la semaine. « Là, c’est tranquille », nous explique un portier. « Les problèmes, c’est surtout à la fin de la semaine. Vendredi, samedi, dimanche soir ».

Présent « depuis l’ouverture du Hangar à Bananes », un de ses collègues renchérit. « Le début de la semaine, c’est cool. La fin, ça l’est moins. Ici, c’est toujours comme ça. A partir de deux heures du matin, tout est fermé en ville, donc les délinquants comme les fêtards, ils viennent tous ici. L’alcool et l’argent facile font le reste ». Les fêtards se font rarement voler dans les établissements. « C’est plutôt en terrasse, aux abords ou quand ils rentrent. Les délinquants fonctionnent par petits groupes, ils se planquent dans les buissons, aux abords, derrière les conteneurs, là où c’est mal éclairé ».

Hangar à Bananes Nantes Délinquance MigrantsAprès, « ils sont rapides et déterminés. Y a pas de riche ou de pauvre dans leur cible, si t’es seul et bourré, ça fait l’affaire. S’ils sont plusieurs et que le groupe est fragile – des filles qui rentrent ensemble, en discutant sans regarder ce qui se passe autour – pareil », précise le portier.

Vers trois heures, les bars du Hangar à Bananes arrêtent de servir. A 3h30 ils coupent le son, à 4h tout le monde est dehors. «Les fêtards sont une cible facile. Ils – ou elles – sont jeunes, bien bourrés, ils ne font pas attention, coupent au plus court en passant par là où c’est sombre plutôt que de suivre le boulevard, derrière, qui est bien éclairé… ». Un autre portier, qui n’est pas nantais, a « toujours trouvé étrange le Hangar à Bananes : c’est vraiment au milieu de nulle part ; on dirait que ça a été fait pour pousser les fêtards  hors de la vieille ville, que les bourges puissent dormir tranquilles ». Pas tout à fait puisqu’il y a quand même des clubs et des boîtes de nuit dans le vieux centre-ville, mais quasi. « Le monde de la nuit, à Nantes, ça a vraiment un sens. Ce sont des heures, ce sont aussi des lieux bien séparés».

Des africains soi-disant mineurs et érythréens et  des « libyens » ou « syriens » de Reddayef

Qui sont ces délinquants qui harcèlent les clients au Hangar à Bananes ? « Ce sont des petits blacks, des réfugiés. Ils se disent mineurs mais ils ont 19-20 ans en réalité », précise un portier. « Certains habitent en face dans un grand squat », explique un autre, pointant dans la nuit la masse sombre de Chantenay où l’extrême-gauche a organisé depuis bientôt trois ans un grand squat de migrants, tout près de la friche des anciennes brasseries de la Meuse. « Ils se disent tous érythréens, ils parlent anglais entre eux », explique encore ce portier, qui n’y croit pas trop : « c’est la guerre dans ce pays, alors ils ne peuvent pas être renvoyés même s’ils n’ont rien à faire ici ».

Il se rappelle qu’il y a quelques années, « lorsqu’il y a eu les printemps arabes, ici on a commencé à voir plein d’arabes qui mettaient la merde. Ils se disaient tous libyens, syriens, irakiens. Mais en fait à les entendre parler, ils étaient de Redeyef en Tunisie. C’est vraiment facile à reconnaître, c’est le bout du monde en Tunisie ; pour ceux de la capitale, ce sont des ploucs ».

Redeyef, à la frontière de l’Algérie, était, avec son bassin minier de phosphate, l’un des creusets de la révolution de 2011 . Aujourd’hui, c’est l’Etat Islamique qui gangrène la région, et plus encore à Kasserine, pas très loin, dont il a fait son bastion dans leMaghreb. Dans les montagnes frontalières avec l’Algérie, l’organisation terroriste a multiplié les camps d’entraînement. Pour cela, les terroristes s’attaquent à la police tunisienne. Un hors-série de la revue Tiers-monde daté de 2011 précise que « Nantes constitue, depuis les années 1970, le principal pôle d’installation des migrants originaires de Redeyef ». Arrivés à partir de 1963, « au milieu des années 1980, les originaires de Gafsa représentent donc près d’un tiers des immigrés tunisiens de Nantes », et parmi eux 65% sont originaires de Redeyef. Il y a eu deux autres vagues : 100 à 120 personnes en 2000-2001 puis jusqu’à 200 en 2008-2009 après la répression de la grande grève des mineurs de Redeyef.

Hangar à Bananes Nantes Délinquance MigrantsUn de ses collègues voit aussi régulièrement « des arabes qui essaient de tirer des portables, ce sont souvent les mêmes que ceux qui vendent de la dope à Commerce. Des très jeunes aussi, qui se disent mineurs, pareil, parce qu’ils risquent beaucoup moins au niveau de la loi et ne peuvent être expulsés ».

Pourtant, « y en a beaucoup de ceux qui sont venus en 2011-12 qui sont repartis. Certains en Allemagne ou en Angleterre, d’autres sont retournés au bled. Ils croyaient atteindre le rêve ici. Y en a qui sont venus ici à Nantes parce que leur famille habite ici, mais en fait ils sont à l’étroit en HLM. Ces familles qui s’endettaient pour venir au bled les bras chargés de cadeaux, à faire croire qu’elles avaient la belle vie. Qui prenaient à crédit une belle caisse pour la revendre sitôt une fois rentré du bled ».

D’autres en revanche ne cessent d’arriver. « C’est la faute des associations qui les accueillent », accuse le portier. « Ils les logent, y compris en squat ou à l’hôtel, ils ont des aides, et ils commencent par dire aux jeunes qu’ils ont des droits. Mais sans leur dire qu’ils ont des devoirs. Ils leur expliquent toutes les ficelles, comme ça ils peuvent faire ce qu’ils veulent et personne ne peut rien leur faire. Du coup on arrête des jeunes qui essaient de voler des portables ici, qui font chier les clients, les types ils ne parlent pas un mot de français mais la seule chose qu’ils savent dire c’est  »t’es raciste ». Ça ils l’ont bien appris, parce qu’on leur a inculqué ces conneries ».

Portier au Hangar à Bananes, un rôle entre psychologie et fermeté

Au printemps 2016, un portier s’était fait égorger dans la rue de la Soif à Rennes. « Pas de ça ici », tempère un portier du Hangar à Bananes. « J’en ai fait des boîtes, mais c’est très rare qu’il y en a qui vont forcer le passage ; enfin ça dépend comment on se pose, comment on tient la nuit. Un petit jeune qui a le diplôme [CQP  ASENE] mais n’arrive pas à se faire respecter, ça ne fait pas le même effet », commente-t-il, fort de ses gabarits imposants.

Un de ses collègues, tout aussi baraqué, complète : « on fait de la psychologie, on discute beaucoup. On leur explique, genre là c’est une soirée privée d’une école, sans le bracelet on n’entre pas, là on va fermer, donc on ne sert plus, etc. C’est à nous d’être convaincants, et généralement les gens n’insistent pas. Après s’il faut les sortir, on les sort, calmement mais fermement ». Le temps des portiers violents est révolu – « on a tous un agrément qui est délivré par le CNAPS. Si on est violent, on peut se le faire retirer et on n’a plus le droit de bosser ».

Comme dans d’autres secteurs, la précarité progresse même si le métier reste financièrement intéressant. Certains portiers sont auto-entrepreneurs – une sous-traitance déguisée qui flirte avec les limites de la loi. « Certains bars ne prennent pas de portier quand il y a moins de 50, voire de 100 clients », explique l’un d’eux. A leurs risques et périls : « il y a quinze jours, y en a trois qui ont forcé l’entrée d’un bar du Hangar : ils ont cassé la gueule d’un des responsables et pété une vitre. S’il y avait eu un portier ce soir là ils n’auraient même pas pu entrer ».

Louis Moulin

Crédit photo : Jibi44 [CC BY-SA 3.0] / Patrick Janicek [CC BY 2.0] / Jibi44 [CC BY-SA 3.0]
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3 Commentaires

  1. Le grand nombre de Tunisiens originaires de Redeyef à Nantes n’est pas la faute à pas de chance : c’est un héritage de Jean-Marc Ayrault, qui s’est pris d’intérêt pour cette ville en 2008, envoyant une délégation municipale rencontrer les opposants… et initier un flux migratoire sous prétexte de « refuge temporaire en France ». En 2010, il a invité à Nantes l’icône des rebelles Zakia Dhifaoui. Il est souvent intervenu auprès des Affaires étrangères en faveur des migrants de Redeyef, en particulier lors des manifestations qui ont eu lieu à Nantes en 2012. Probablement a-t-il continué en tant que ministre.

  2. Nantes est antifa, non ? Qu’ils se démerdent avec leur richesse multiculturelle. Que cela leur serve de leçon et si ils ne comprennent pas, alors qu’ils aillent tous en enfer.

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