Logement des migrants : où sont les hôtels pour migrants

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12/09/2017 – 06h20 Paris (Breizh-Info.com) –  Le 28 septembre dernier, le ministère de l’Intérieur lançait un appel d’offres pour la création de 5.351 places d’hébergement de courte durée pour les demandeurs d’asile, le PRAHDA (programme d’accueil et d’hébergement de demandeurs d’asiles). L’appel d’offres a été remporté pour toute la France par l’ADOMA (ex-SONACOTRA), dont la maison mère, le SNI, sous contrôle de l’Etat, a entrepris d’acheter des hôtels Formule 1 et Première Classe.

Si l’appel d’offres prévoit 5.351 places, notamment pour les migrants qui n’ont pas encore demandé l’asile, ceux qui l’ont demandé mais qui n’ont pas de logement attribué et ceux qui doivent être renvoyés dans le pays où ils ont fait leur demande, et qui sont assignés à résidence (dublinés), ADOMA voit large. Avec les 62 Formule 1 achetés à Accor et les 15 Première Classe acquis auprès de Louvre Hôtel, c’est près de 7.000 chambres et 10.000 places en tout dont elle dispose.

Pour le Ministère de l’Intérieur, il s’agit de renforcer l’efficience du suivi des demandeurs, et le rendre moins chers. Les hôtels de l’ADOMA ne disposent que d’un encadrement limité, et ont déjà été construits par d’autres. Ils sont moins chers que les CAO et bien moins que le logement à l’hôtel qui est, pour de nombreux propriétaires d’hôtels bas de gamme en ville, une véritable rente d’Etat (avec les locations du 115).

Il sera aussi plus difficile aux demandeurs d’asile de fausser compagnie aux services de l’Etat, tout en bénéficiant de ses prestations. Ainsi, selon les termes de l’appel d’offres, le titulaire du marché, l’ADOMA donc, « s’engage à communiquer à l’OFII et au préfet l’identité des personnes hébergées définitivement déboutées de leur demande d’asile en vue d’organiser leur retour et sans que ces personnes ne puissent être orientées vers des structures d’hébergement généralistes ». De même, « les personnes n’ayant engagé aucune démarche en vue de l’enregistrement d’une demande d’asile dans les 30 jours suivant leur arrivée en PRAHDA feront l’objet d’une décision de sortie prononcée par l’OFII et devront immédiatement quitter la structure ». Cependant, rien ne précise qu’elles seront expulsées par les services de l’Etat – ce qui serait conforme à la loi.

Cependant, d’autres effets secondaires sont moins reluisants. La cession des hôtels a donné lieu à des licenciements, ce qui n’arrange guère les chiffres déjà catastrophiques du chômage. Et comme la plupart de ces hôtels sont situés dans l’agglomération des grands centres, le long des autoroutes, ce sont des petites communes qui se retrouvent à avoir la charge des enfants des migrants (qu’il faut scolariser, auxquels il faut ouvrir la cantine) sans en avoir les moyens.

Parfois, ce déploiement tambour battant agace les riverains. A Séméac, près de Tarbes, des riverains d’un hôtel transformé en centre d’accueil PRAHDA ont muré son accès, avant de désarmer sous la pression médiatique, politique et parce que l’ADOMA s’est engagée à mettre plus de moyens d’encadrement pour ce centre.

Nous avons établi la carte des PRAHDA sur le territoire français.

Crédit photos : DR
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  • Jean Princet

    Financé avec l’argent du contribuable et pendant ce temps on coupe tous les services publiques, sauf l’élysée avec plus de 400% de personnel en plus pour cette année.

  • lamettrie

    Et soignés gratuitement en plus. Alors que des Français, qui ont cotisé toute leur vie, n’ont pas accès à certains soins – trop chers – comme les soins dentaires, des étrangers en situation irrégulière bénéficient au titre de l’aide médicale d’Etat de traitements gratuits de procréation médicalement assistée (coût moyen de 10 000 euros !). Mieux – ou pire – , la « nécessité » de ne pas interrompre un tel traitement leur permet de régulariser leur situation et de bénéficier d’un titre de séjour.