Retour sur le salon du livre de Carhaix 2017. Un évènement militant

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02/11/2017 – 07H45 Carhaix (Breizh-info.com) – Pour cette édition du 28ème salon du livre de Carhaix, les organisateurs avaient décidé de mettre en avant la Corse et les revendications de nos cousins insulaires. L’affiche du festival donnait le ton puisqu’elle féminisait le célèbre drapeau «  A Testa Maura » pour rendre hommage à une figure de la résistance Corse, Maria Gentile.

Jean Guy Talamoni, président d’honneur du festival inaugura donc le salon avec un vibrant plaidoyer pour les langues régionales avant de critiquer vertement les donneurs de leçons constitutionnels qui refuse son indépendance au peuple catalan. Ce discours s’acheva avec un chœur d’enfants chantant « Liberta » qui fut salué par un tonnerre d’applaudissements.

Les participants pouvaient dès lors commencer leurs déambulations au sein de l’espace Glenmor joliment orné de Gwen Ha Du mais aussi de nombreux drapeaux Corses et, clin d’œil à la récente actualité, de drapeaux catalans.

Un premier tour dans les allées était nécessaire pour prendre ses marques tant le choix était vaste parmi les stands. Éditeurs régionaux en langue française, livres pour enfants en breton, édition bilingue, stands en faveur de la réunification de la Bretagne et de la défense de la langue bretonne comme celui de l’association Aita, poésies bretonnes où stand plus militant comme celui des éditions Yoran Embanner, sans oublier bien sur un magnifique stand dédié aux éditeurs corses qui, tout au long de ces deux jours de salon, rencontrera un vif succès.

Les participants pouvaient également profiter de l’occasion pour rencontrer les nombreux auteurs présents, discuter avec eux et se faire dédicacer leurs ouvrages. Il est important de souligner que ces derniers ont tout au long du salon fait preuve d’une écoute sympathique et attentive bien loin du dédain souvent affiché par certains écrivains à la mode dans les grandes messes du livre.

Au cours de ces déambulations, le visiteur à l’oreille attentive pouvait également constater qu’une grande majorité des exposants comme des participants échangeaient en breton et constater avec un plaisir non dissimulé que toutes les générations communient ensemble dans cette belle langue que plusieurs siècles de centralisme jacobin n’auront pas pu faire disparaitre.

Pour ceux qui voulaient s’échapper quelques instants des tentations littéraires, plusieurs conférences furent organiser tout au long du weekend dont un débat passionnant sur les langues régionales où des intervenants Bretons, Basques, Alsaciens, Corses et Catalans purent à la fois échanger sur l’actualité et l’avenir de ces dernières.

L’évènement de ce salon restera sans aucun doute la toute nouvelle parution aux éditions Yoran Embaner de l’Anthologie de Breizh Atao et la rencontre avec son auteur. Fruit d’un travail acharné de plusieurs années, cette somme regroupe une sélection minutieuse des meilleurs articles de la défunte revue. Loin des clichés habituels, cet ouvrage permet de découvrir et mieux comprendre les ressorts de l’Emsav de 1919 à 1939. La richesse des textes ouvre de passionnantes pistes de réflexion sur le mouvement breton de cette époque.

Contrairement à ce que certains auraient pu croire, l’accueil réservé à ce livre fut chaleureux et de nombreuses personnes s’en portèrent acquéreurs. L’aimable personnalité de l’auteur et l’attention qu’il mettait à répondre aux interrogations de chacun y fut sans doute pour beaucoup.

Une autre belle rencontre lors de ce salon fut celle avec Bernard Rio, auteur bien connu de nos lecteurs avec qui nous avons pu longuement échanger à propos de son dernier ouvrage publier aux éditions Balland sous le pseudonyme de Tomas Turner «  Le voyage de Mortimer ». Un roman superbement écrit mêlant quête intérieure et réappropriation de nos paysages et traditions. A souligner aussi le livre  « Sur les chemins de France, sentiers d’histoire et de légendes » de Bernard Rio et Bruno Colliot, paru aux éditions Ouest-France qui nous amène à nous poser la question suivante : « Savoir où on marche, n’est-ce pas apprendre d’où on vient et peut-être savoir où on va ? » 

En cette fin de dimanche après-midi, c’est donc le cœur léger mais les bras chargés que nous nous préparions à quitter les allées du salon quand un rassemblement imprévu attira notre attention. L’actualité récente venait de nouveau frapper à la porte du salon sous la forme d’un appel lu en breton, catalan et français en soutien la toute nouvelle République de Catalogne et aux prisonniers politiques. Après la lecture de ce texte, le public entonna Els Segador, l’hymne catalan, qui fut suivi du magnifique E Kreiz an Noz de Youenn Gwernig et du Bro Goz. Il est intéressant de noter que si ce dernier s’acheva pour certains par le slogan Bevet Republik Breiz, la grande majorité se contenta d’un plus classique Bevet Breiz.

Enracinement, fidélité à la défense de la langue Bretonne et engagement militant furent sans aucun doute les mots clés de ce salon qui malgré un ancrage à gauche ne laissa que peu de place à la diversité imposée par l’état centralisateur. Le «  Gouel al Levrioù e Breizh » est un rendez-vous à ne pas manquer pour tous ceux qui portent l’amour de la Bretagne au cœur et souhaitent sa renaissance.

Na Ruz, Na Gwen, Breizhad Hepken

Yannig Berthelot

Crédit photo : breizh-info.com
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3 Commentaires

  1.  » Jean Guy Talamoni, président d’honneur du festival inaugura donc le salon avec un vibrant plaidoyer pour les langues régionales  » Pour une raison de cohérence intellectuelle, j’espère que JGT a parlé en corse… s’il a parlé en français bonjour l’incohérence.

    • Ce n’est pas plus incohérent qu’un français de souche qui refuse de s’exprimer en gaulois, ou qu’un maghrébin qui refuse de s’exprimer en tamazigh. Jean-Guy Talamoni parle le corse, tandis qu’aucun français de souche ne parle le gaulois et que très peu de maghrébins parlent le tamazigh. Moralité : à donner des leçons de cohérence, on se retrouve vite le nez dans sa crotte.

      • Je ne savais pas que le gaulois est en fait du français… Evoquer des affirmations identitaires dans la langue de l’ennemi très peu pour moi. Cela me fait penser à Kémi Séba qui ne cesse de critiquer les colons, les blancs, des impérialistes occidentaux dans ses émissions (radio/tv) réalisées en Afrique…. mais il parle la langue de l’ennemi. Preuve que son combat est un échec.

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