Élections européennes. Qui connait les neuf députés élus dans l’Ouest en 2014 ?

01/12/2017 – 07h00 Rennes (Breizh-info.com) – C’est officiel, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement à ce moment là, l’a annoncé à la matinale de France Inter ( lundi 20 novembre 2017), le gouvernement veut modifier la règle pour les prochaines élections européennes (2019). De huit circonscriptions, on passera à une seule, ce qui implique une liste nationale pour chaque parti ou groupement de partis.

Voilà qui compliquera la tâche des régionalistes qui, ici ou là, ambitionnent de monter une liste. Pour les Bretons, il était en effet facile de recruter dix-huit candidats dans la région dite « Ouest » (Bretagne 4, Pays de la Loire, Poitou-Charentes). Ce qui fut fait par Christian Troadec et l’UDB en 2014. Mais passer à 74 candidats (sans oublier les suppléants) ressemble à mission impossible.

Évidemment, ce changement s’inscrit dans le cadre de la recomposition du paysage politique souhaitée par Emmanuel Macron et Alain Juppé. Ce dernier ne souhaite-t-il pas la constitution « d’un grand mouvement central » pour les élections européennes de 2019 ? (Sud-Ouest, samedi 11 novembre 2017)

Dès janvier 2015, dans une interview au Point, Alain Juppé soulignait que s’il devait l’emporter en 2017, il faudrait « peut-être songer un jour à couper les deux bouts de l’omelette pour que les gens raisonnables gouvernent ensemble et laissent de côté les deux extrêmes, de droite comme de gauche, qui n’ont rien compris au monde » (Le Figaro, lundi 13 novembre 2017).

Par « gens raisonnables », il faut comprendre évidemment libéraux, progressistes, européistes, mondialistes. C’est-à-dire le Système à l’état pur. Et avec une seule liste aux élections européennes, tous ces « gens raisonnables » pourraient effectivement faire cause commune. Seul « détail » à régler : « La question est de savoir qui en prendra le leadership » s’interroge le maire de Bordeaux (Sud-Ouest, samedi 11 novembre 2017). La réponse, il l’a bien en tête : un certain Alain Juppé qui ne demande qu’à démarrer une nouvelle carrière.

Ce « grand mouvement central » n’arrangera pas les affaires des formations qui se trouveront coincées entre le marteau (Macron)  et l’enclume (Mélenchon et Le Pen). C’est le cas du PS (ce qui en reste), de Benoît Hamon, des Républicains (ce qui en reste).

L’idée de listes nationales déplaît donc à Brice Hortefeux, ancien ministre de l’Intérieur, député européen et soutien de Laurent Wauquiez : « C’est tout à la fois une régression, une contradiction et une combinaison. Une régression, car pour ceux qui promettent la modernité, revenir au mode de scrutin de 1999 est un grand bond…en arrière. Une contradiction, car qui peut penser que l’Europe souffre d’un excès de proximité ? La bonne réponse ne peut pas être d’éloigner davantage les élus des électeurs et des territoires, d’autant plus que les fonds européens sont gérés en grande partie par les régions. Enfin, c’est une combinaison, car le seul vrai motif est d’avantager le parti La république en marche. » (Le Figaro, vendredi 24 novembre 2017).

Répliquer à Monsieur Hortefeux est facile : lorsque Jean-Pierre Raffarin (UMP), à l’époque premier ministre, avait remplacé la circonscription unique par huit circonscriptions régionales, il s’agissait de favoriser la « proximité » – rapprocher le député européen des électeurs, tel était l’argument avancé. En réalité, ce nouveau découpage visait à réduire le nombre de députés européens frontistes aux élections de 2004.

Quant à la fameuse proximité, il y aurait beaucoup à dire ; en effet la région « Ouest » n’échappe pas au parachutage en 2014 : Gilles Lebreton, professeur au Havre, devient tête de liste FN et Emmanuel Maurel, vice-président de la région Ile-de-France est bombardé n°2 de la liste socialiste.

Quant aux neufs heureux élus de 2014, qui les connaît ? Leur notoriété est faible, voire inexistante. Bien malin qui pourrait donner des précisions sur leur action au Parlement européen.

Quels dossiers intéressant la Bretagne Alain Cadec (UMP), Élisabeth Morin-Chartier (UMP), Marc Joulaud (UMP), Gilles Lebreton (FN), Joëlle Bergeron (FN), Usabelle Thomas (PS) Emmanuel Maurel (PS), Jean Arthuis (UDI-MoDem) et Yannick Jadot (EELV) défendent-ils ?

Mystère. Certains appellent cela la « proximité ».

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
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  • Alain

    Réponse : Personne…

    Je n’ai pas souvenir que les Bretons ont voté pour être représenté au sein de l’Europe par cette région « ouest » qui efface la Bretagne…

    Maintenant, c’est l’ensemble du territoire hexagonal qui va représenter la Bretagne… On nous prenait pour des c… avant, mais là on passe au niveau supérieur…. et pas que les Bretons, les Français aussi en prennent pour leur compte…

    Faut pas que les citoyens aient accès à l’Europe…. la démocratie, c’est quand l’oligarchie décide…!
    Et c’est clair que Macron ne va pas demander leur avis aux citoyens….

    Pas grave, les Bretons voteront encore socialiste, Macron ou FN…!
    Être pris pour des c… fait maintenant parti de notre identité…! (à nous comme aux Français)