Langue corse. De LREM à Florian Philippot, l’éventail jacobin se rejoint

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17/01/2018 – 08h00 Bastia (Breizh-info.com) – La co-officialité de la langue corse fait partie des principales revendications politiques des nationalistes. Mais, malgré leur large victoire aux dernières élections territoriales, la classe politique française s’y oppose largement.

Démocratie à géométrie variable

C’était le 10 décembre 2017. La coalition nationaliste de l’autonomiste Gilles Simeoni et de l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni remportait les élections territoriales en Corse avec un score sans appel de 56,5 % des voix. Loin, très loin devant les autres formations. De quoi assoir une légitimité politique et s’assurer un poids conséquent dans les négociations avec Paris.

Au cœur de ces pourparlers, la volonté de faire du corse une langue officielle au même titre que le français était l’une des exigences fondamentales des nationalistes. Ces derniers, malgré les résultats probants des suffrages, se rendent progressivement à l’évidence : l’appareil d’Etat français n’évoluera pas sur ce point.

La volonté du peuple et le choix des urnes, si souvent sacralisés par les différents partis politiques du continent, ne sont plus bons à entendre lorsqu’ils bousculent quelque peu la machine républicaine.

Un gouvernement bloqué

Le dernier épisode en date sur le sujet de la langue remonte au 5 janvier. Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur et chargée du dossier corse s’était alors rendue à Ajaccio. Après avoir rencontré Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, elle avait résumé la position, figée, du gouvernement français :
« La langue de la République française est le français », avait-elle asséné. Avant de considérer que la revendication des nationalistes n’était « pas envisageable ».

Un point de crispation sur lequel les deux élus corses n’entendent pas reculer. Il en va de leur crédibilité auprès de leurs électeurs. Pour Gilles Simeoni, les choses sont claires :
« Nous n’envisageons pas de céder sur ce point car nous considérons que la langue corse fait partie de notre identité. Elle nous est aussi nécessaire que l’air que nous respirons. C’est pourquoi il faudra aboutir à ce statut de co-officialité ».

Florian Philippot, prêcheur républicain

L’hostilité du gouvernement d’Emmanuel Macron à cette revendication linguistique est loin d’être un phénomène isolé. Plusieurs personnages de la vie politique française sont ainsi montés au créneau depuis la victoire des nationalistes aux élections de décembre. Mais l’un d’entre eux s’est particulièrement distingué en la matière.

Ainsi, en tenant indéfectible du national-républicanisme à la française, l’ex vice-président du Front national et actuel président de la formation Les Patriotes Florian Philippot s’est notamment illustré. Auteur d’une série de tweets hostiles aux dirigeants de l’île, l’ancien bras droit de Marine Le Pen a martelé que « la langue de la République est le français » et que le gouvernement doit la faire « respecter sans aucune exception, n’en déplaise à deux ou trois roitelets locaux ».

N’hésitant pas, pour l’occasion, à utiliser un ton vindicatif :

Après avoir pourfendu le candidat Macron durant toute la campagne des élections présidentielles, Florian Philippot a trouvé un point de convergence avec son gouvernement. Ou plutôt un ennemi commun : la co-officialité assurant un avenir à la langue corse.

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Gauthier Bouchet)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 Commentaires

  1. Il n’y a rien à attendre d’un énarque. Ils sont tous formatés dans l’esprit de l’Etat tout puissant qui cautionne les pires turpitudes de la Raie Publique, du génocide Vendéen à l’abandon des harkis. Ne faites jamais confiance à un énarque.

  2. Nous touchons ici à des caractéristiques fondamentales de l’Etat français et à la nature radicalement antidémocratique de ses institutions, justifiées depuis 1789 par un recours systématique à une logorrhée obscène et mensongère de type orwellien inversant radicalement le sens des mots du tout au tout.

    On entendra régulièrement en France l’affirmation loufoque que les langues des minorités ethniques autochtones ne peuvent être reconnues par l’Etat « parce que la France n’est pas une nation ethnique ». Comme seule la culture et la langue française sont universelles alors que les autres cultures autochtones sont des folklores locaux, toute demande non d’abandon du français mais de bilinguisme a minima est du « repli sur soi » etc. etc. Le refus de parler toute autre langue que le français n’est par contre pas du tout du repli sur soi. On a bien compris l’imposture de ce genre de discours abject, ce système d’inversion du sens des mots se répétant dans tous les autres points de l’idéologie théocratique de l’Etat français.

    Il s’agit là d’une inversion radicale du sens que les mots ont dans toutes les vraies démocraties, dont la France ne fait pas et n’a jamais fait partie : il va sans dire qu’un Etat qui impose la seule et unique langue d’une de ses composants ethniques autochtones (la langue d’oïl, qui était celle des rois fondateurs de la France) en excluant toutes les autres communautés autochtones EST une nation suprématiste, colonialiste, impérialiste, raciste… Une nation justement ethnique !

    Quant à l’extrême-droite française, son discours est que les communautés autochtones, fussent-elles là depuis des millénaires, sont tout autant des étrangers que celles qui viennent depuis 50 ans, dans le cadre d’une immigration de peuplement (qui, dès lors qu’elle prend un caractère de peuplement et non d’assimilation dans les peuples autochtones préexistants, est un acte de guerre par nature de ce seul fait, cf. l’histoire des deux Amériques, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ou d’autres cas comme les Turcs en Asie mineure ou les Chinois au Tibet). Elle ne voit pas que le cas des autochtones diffère nécessairement de celui des nouveaux venus (d’où les discours imbéciles sur « les 70 langues à reconnaître en France », etc.)

    Il va sans dire que toute démocratie reconnaît nécessairement les communautés indigènes qui la composent, et que c’est justement cela qui en fait une nation civique et non ethnique !

    La Suisse, par exemple, est un État civique et non ethnique, car son Etat fédéral est fondé sur l’adhésion de tous à ses seules valeurs démocratiques et non sur un suprématisme à la française, du fait même que l’Etat reconnaît justement l’existence de communautés ayant des droits culturels et politiques identiques sur son territoire. Car c’est cela l’égalité !

    La Suisse, notamment parce qu’elle multilingue et tolérante, est une nation civique et non ethnique.

    Justement au contraire de la France.

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