Quand Jean-Marie Le Pen évoque La Trinité sur Mer

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Les « Mémoires » de Jean Marie Le Pen caracolent actuellement en tête des ventes d’ouvrages politiques, sur Amazon notamment.

Dans ce premier tome, il raconte notamment son enfance bretonne, et consacre tout un chapitre à la description de sa commune natale, La Trinité sur Mer, dans le Morbihan. En accord avec l’éditeur, voici quelques extraits de ce chapitre :

« Je suis breton, Celte de pure souche morbihannaise, fils de ce Morbihan qui signifie « petite mer », à l’extrémité d’une grande terre, paysan par ma mère, marin par mon père.

Je tiens en effet au Morbihan tant par ma mère dont la famille vient de la région de Baden près d’Auray que par mon père, né comme moi à La Trinité, mais venu, par son père et sa mère, de Persquen dans la région comprise entre le Faouët et Guéméné‑sur‑Scorff, au nord‑ouest du Morbihan.(…)

« Enfant, j’allais rêver parmi les dolmens et les menhirs.»

C’est ainsi que je suis né dans un village de pêcheurs juché comme une acropole de mer Égée sur une colline qui domine l’aber de Crach. Quand j’étais petit garçon, la vie y était dure, parfois triste, mais elle était belle aussi, et gaie, et libre.

C’est aujourd’hui l’un de ces ports de plaisance que la démocratisation de la voile multiplie dans leur uniformité tout autour de l’Europe, encore qu’on n’ait pas tout à fait réussi à gâcher ici un site exceptionnel.

C’était, il y a cent cinquante ans, un hameau qui faisait partie de la paroisse de Carnac avec qui elle se partage les célèbres alignements mégalithiques, témoins d’une civilisation antérieure aux Celtes.

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Enfant, j’allais rêver parmi les dolmens et les menhirs.

La Bretagne se fait ici moins rude qu’en ses caps extrêmes. L’abri que lui fournissent les îles du Ponant et la baie de Quiberon, l’ensoleillement qui permettait naguère encore la récolte du sel marin, contribuent à faire de cette suite de presqu’îles qui s’échelonnent de l’Odet à la Vilaine, un paysage tout de douceur. Le pays des anciens Vénètes rappelle celui des Grecs.

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La lumière y est exceptionnelle, et je ne connais guère de spectacle plus émouvant que la tombée du jour l’été, quand la lumière rasante éclaire à travers la forêt des mâts les maisons blanches coiffées de bleu dans les ajoncs et les pins de Saint‑Philibert. Il y a ici, comme partout ailleurs, des moments pour « voir » le paysage, pour sentir le pays.

La mer qui s’acharne sur les côtes sauvages de Belle‑Île ou de Quiberon se fait calme et l’eau remonte profondément à l’intérieur des terres dans une caresse furtive et bi‑quotidienne. Chateaubriand a dit ailleurs ce paysage où terre et mer se mêlent intimement. Les  vaches paissent les herbes de la mer et les paysans pêchent à pied. Les ostréiculteurs sont de ces êtres hybrides, mi‑paysans, mi‑marins, ce qu’atteste leur régime social à cheval sur les métiers de la   marine et ceux de l’agriculture. (…)

« Les îliens  formaient aussi des communautés très unies et solidaires »

La Trinité était alors aussi la tête d’une petite ligne commerciale dont l’autre extrémité était Cardiff en pays de Galles. Deux goélettes d’un armement de Paimpol, anciens terre‑neuvas convertis en caboteurs, chargeaient les poteaux de mine qui s’empilaient sur les quais et déchargeaient du charbon au retour. (…)

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Mais le spectacle quotidien, au port, sur les quais, dans les rues, était celui qu’offraient les marins pêcheurs. La Trinité a la chance d’être l’un des rares ports en eau profonde de la région, accessible à toute heure de marée, qui plus est abrité des houles du grand large par la presqu’île de Quiberon et les îles de Houat, Hoëdic et Belle‑Île. Au moindre coup de chien, les bateaux du coin s’y réfugiaient – et d’autres, venus de plus loin.

Les sardiniers de Quiberon et  du Finistère  qui  suivaient  la  remontée  saisonnière de la sardine, les Boneuis du Bono, les Sinagots de Séné sur leurs bateaux à fond plat noirs avec des voiles latines rouges, toutes les flottilles descendant des petits villages de pêcheurs cachés au fond des fjords, baptisés rivière d’Auray ou rivière de Vannes, y côtoyaient les grands thoniers aux gréements  multicolores  d’Yeu  et d’Étel, alors premier port thonier de France. Les îliens  formaient aussi des communautés très unies et solidaires, Grésillons, Belle‑Îlois, Houatais.

Quand le mauvais temps s’installait, tout ce monde s’installait aussi.(…)

On buvait sec et le quai était souvent le théâtre de batailles violentes et brèves qui se terminaient tantôt dans le port, tantôt devant la chopine de réconciliation. Pour ces hommes éloignés de leur foyer et dont les bateaux étaient dépourvus de tout confort,    le bistrot était le seul refuge. À midi, on y faisait immuablement la cotriade.

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