Les militants d’extrême gauche, jusque-là encore en vacances, ont repris dès lundi du service. Avec l’expulsion des clandestins logés à l’université mercredi dernier 7 mars, et le plan Vidal, ils semblent déterminés à mettre le désordre partout malgré une faible mobilisation. Dès lundi, donc, ils avaient repris par une AG à 12 h en Censive, et ce mardi 13, sans crier gare, ils ont bloqué le campus Tertre dès 6 h.

En effet, ce mardi matin en arrivant sur le campus, les étudiants ont eu la bonne surprise de trouver des barricades en Censive, au nouveau Tertre, à la faculté de Langues et à l’institut géographique. Ceci, était accompagné de nombreux tags contre la police, mais aussi, contre le président de l’université, Olivier Laboux : « Ni flics, ni président sur la fac », « la fac est une ZAD ! – askip (sic) », « Pas de flics sur nos campus ! », « Laboux dans la boue, expulsons les expulseurs », « Laboux, démission ou sabotage ».

Selon le site Nantes. aveclesexilés. info, ces militants d’extrême gauche protestent « contre les expulsions des exilés. e. s et plus largement contre les interventions policières dans les universités ». Ils veulent aussi récupérer, toutes leurs affaires dont ils ont dû laisser une partie sur place. En effet, malgré le laps de temps accordé pour faire le « déménagement », ils n’ont pu tout emmener — notamment les matelas et les meubles. En revanche ils ont eu le temps de saccager le château du Tertre, détail sur lequel ils sont restés d’une grande discrétion.

Tout comme ils ne semblent pas avoir été reconnaissants envers la mairie socialiste qui les a laissé occuper dès le lendemain de leur expulsion du Tertre et sans coup férir une maison de retraite près du cours Cambronne, et ce jusqu’au 31 mars.

Idée originale, des chaises ont été sorties et parfaitement alignées devant le pôle étudiant, pour, toujours selon le site des « exilés », « représenter l’absence de nos ami. e. s exilé. e. s qui vivaient ici ». Sur le campus, seuls n’avaient pas été bloqués, la BU, la fac de droit, qui s’était barricadée de l’intérieur, afin d’être tranquille, et de ne pas accueillir une éventuelle AG, comme ils l’ont déjà vécu, c’est-à-dire par réquisition d’amphi en allumant l’alarme incendie ! À la place, c’est l’amphi Graslin en faculté d’économie qui a servi de lieu de réunion dès 9 h du matin. À la sortie de l’AG, de nombreux étudiants se plaignent d’« une AG inutile, où on a fait que discuter. Il n’y a aucune décision qui a été prise ! »

Démission du président de l’Université de Nantes demandée

Le communiqué du mouvement sorti ce soir indique au contraire que l’AG s’est accordée à demander « la démission d’Olivier Laboux, président de l’Université de Nantes, l’abrogation de la Loi Vidal ainsi que du dispositif ParcoursSup, une banalisation des cours pour les journées de mobilisation, la récupération des affaires des habitants du Château et de Censive encore sur la faculté, une solution de relogement immédiate et durable pour les [clandestins] toujours à la rue ou occupant des bâtiments, plus aucune présence policière sur les universités, jamais et une prise de position de chaque [direction d’] UFR sur la loi Vidal »

Les étudiants ont reconduit le blocus au lendemain matin 6 h – avec une AG à 8 h 30 ou un rassemblement à 7 h devant la présidence de l’Université au 1 quai de Tourville, près du CHU et du pont Haudaudine, en cas de fermeture administrative. Ils prévoient d’aller manifester jeudi contre la sélection à l’université, à partir de 14 h 30, place du Bouffay et de rejoindre le mouvement des employés des EHPAD.

Une centaine d’étudiants empêchent 9313 personnes d’avoir cours

Le doyen de la Faculté de Langues (FLCE), Didier Delorme, a envoyé un mail aux étudiants, indiquant que « la Faculté des Langues et Cultures Etrangères n’a pas pu ouvrir ses portes aujourd’hui. Les portes ont été bloquées depuis environ sept heures du matin environ. […] Le bâtiment est “gardé” par un petit groupe d’étudiants qui empêche toute entrée ». En effet, derrière la faculté, un petit groupe d’une quinzaine d’étudiants était posté, les uns discutant en cercle au soleil, d’autres dormant tranquillement ! Bref, un mouvement qui ne semble guère mobiliser massivement les étudiants.

À 15 h, la présidence de l’Université a finalement consenti à prévenir les étudiants que les bâtiments du Tertre étaient bloqués, en se fendant d’un court mail : « l’Université de Nantes suspend les activités se déroulant sur une partie du campus du Tertre mardi 13 mars. Les bâtiments concernés sont les suivants : bâtiment Tertre, Censive, Igarun, Faculté des langues et cultures étrangères, recteur Schmitt », soit 9313 étudiants inscrits à la rentrée. « Cette disposition est la conséquence du blocage mis en place depuis ce matin 7 h par une centaine de manifestants », poursuit la direction de l’Université qui prévoit toujours la reprise normale des cours le mercredi. Bien que les bloqueurs — visiblement ultra-minoritaires, mais déterminés — en ont décidé autrement.

Le blocus fermement condamné par Olivier Laboux…. qui appelle à un « temps d’échange »

Dans la soirée, le président de l’Université, Olivier Laboux a envoyé un communiqué  en écriture inclusive condamnant le blocus : « j’ai décidé cet après-midi de réunir de nombreux collègues qui occupent des fonctions électives : Administrateurs-trices, vice-présidents-es Conseiller-es, Directeurs-trices de composante. Notre position collective a été claire et unanime : Condamnation ferme des blocages qui sont opérés depuis plusieurs semaines au sein de notre établissement ».

Le président et ses collègues font donc la «  demande que les blocages cessent immédiatement afin de permettre une reprise des activités d’enseignement, de recherche et d’administration qui sont aujourd’hui clairement empêchées ». Un « premier temps d’échange aura lieu sur le campus du Tertre à l’initiative de plusieurs directeurs et directrices de composante du site : Sociologie, Droit et Sciences politiques, IAE, Histoire, Histoire de l’art et Archéologie, Lettre et Langage, Langues et cultures étrangères », a annoncé le président ; ce temps d’échange est fixé ce mercredi 14 mars à 10 heures. Pas sûr que les bloqueurs veuillent vraiment échanger avec un président qu’ils appellent à démissionner…

Hélène Lechat

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