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Comme nous l’écrivions à l’automne, JC Decaux, nouveau titulaire du marché de la publicité urbaine (abribus et sucettes) pour 20 ans, remplace les abribus. Mais le chantier est devenu un cauchemar pour les Nantais – les 960 abribus dont 591 sur Nantes même ont été vite démontés, mais pas remplacés. Réduits à attendre leur bus sous une absence d’abribus – au mieux un poteau avec le numéro des lignes voire, ces dernières semaines, les horaires, ils méditaient la maxime selon laquelle en Bretagne il ne pleut que sur les cons… tout bon Breton connaissant en effet un café où attendre au chaud, puisque « horizon pas net, reste à la buvette ». Pas de chance, les cafés se font rares à Nantes avec 400 fermetures en 30 ans.
Même La lettre à Lulu (n°98, page 4) s’en est gaussé, en dessins : « d’habitude, quand une manif détériore quelques vitres, ça fait tout un ramdam. Mais là, rien. 960 abribus détruits intégralement, dont les trois quarts à Nantes ! L’entreprise de breaking badisme est apparemment couverte par les autorités qui ferment les yeux sur ce vandalisme en série ». Les nouveaux abribus devraient pourtant offrir moins de pub et plus de services – ports USB pour 130 d’entre eux afin de recharger son portable, wifi… JCDecaux réduira aussi le nombre de sucettes publicitaires : 210 au lieu de 245 pour les 8m² et 620 au lieu de 707 pour les 2m².
Seulement voilà. Le chantier a pris beaucoup de retard. Censé être phasé et durer trois semaines par abribus, il a été frappé par « plusieurs aléas », dixit la mairie de Nantes sur Twitter, et même l’échéance « à la mi-mars » qu’elle a fixée semble ne pas pouvoir être tenue. Pourtant, des sous-traitants de toute la France sont venus à Nantes. Des montpelliérains installent les sucettes place Viarme : « l’échéance est vers mi-avril, et si JC Decaux la dépasse, il y a de grosses pénalités. Une équipe comme la notre a dix sucettes à monter chaque jour, ou deux abribus ».
Rue Gambetta, une équipe monte le câblage du nouvel abribus : « ClearChannel était tenu d’enlever tout son matériel, ils ont été rapides. Nous on a été plombés par divers problèmes ». Cela dit, les nouveaux abribus devront surtout faire preuve de leur résistance. N’en déplaise à Lulu, quand une manif « détériore quelques vitres », cela s’est bien passé. Abribus et aubettes du tram pulvérisés, gare, mairie, Préfecture et Fnac vandalisés, tags, sucettes publicitaires cassées… font partie de l’habitude. « Ce sont les anciens modèles de Paris ; là-bas ils ont bien tenu, ici ça devrait le faire aussi », rassurent les ouvriers. Les manifestations du printemps permettront de le vérifier rapidement. Bienvenue à Nantes.
Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : DR
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