Gérard de Villiers venait de livrer son deux centième ouvrage La vengeance du Kremlin lorsqu’il décéda. C’est ainsi que Son Altesse Sérénissime, alias SAS, alias Malko Linge, aristocrate autrichien, agent contractuel de la CIA, se retrouva au chômage. Situation très embarrassante lorsqu’on est désargenté, mais soumis à de gros besoins car la rénovation du château familial n’est pas achevé.

C’est alors qu’apparaît sur le marché un certain Marko Hohenlingen, «authentique prince du Saint-Empire Romain Germanique» (sic), lui aussi possesseur d’un château à Liezburg, coûteux à remettre en état, qui semble décidé à prendre la relève. Son Altesse Royale (SAR) Hohenlingen serait-elle un lointain cousin de Son Altesse Sérénissime (SAS) Linge ? Il n’y aurait rien d’impossible à la chose car les deux contractuels de la CIA possèdent les mêmes goûts, le même savoir-faire, les mêmes besoins financiers.

Hohenlingen démarre donc dans le métier avec Le vol MH 370 de la Malaysia Airways ne répond plus (Jean Picollec éditeur, mars 2017). La disparition de ce Boeing 777 avait fait couler beaucoup d’encre et de salive en mars 2014. Trois ans plus tard, les recherches ont été abandonnées sans résultats.

Pour inventer SAR Hohenlingen, il fallait un Breton. Il se fait appeler « Morbraz ». Homme d’affaires, il appartient à la famille des « Bretons de Paris » avec une résidence secondaire à Carnac. Le livre fut écrit dès août 2014 mais l’éditeur Jean Picollec n’accepta de le publier qu’en mars 2017, une fois les recherches interrompues. Ce qui rendait crédible la thèse de l’auteur : on ne trouvera jamais rien car l’affaire est politique. Un simple épisode dans le conflit qui oppose les islamistes et le gouvernement chinois à propose de la minorité musulmane des Ouïghours (7 millions d’habitants) soumis à une forte répression de la part de Pékin.

A bord du vol MH 370 de Malaysia Airways, 229 Chinois et Malais. Parmi les premiers, des spécialistes de l’électronique embarquée et de la reconnaissance électronique des avions.

Évidemment, Hohenlingen a sa petite idée sur la question. L’avion a été détourné par des islamistes qui l’ont fait atterrir sur un terrain d’aviation situé sur une petite île du Pacifique, dénommée Hula pour les besoins de la cause. Car, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais en avaient construits une centaine au fur et à mesure de leur avancée. Donc Hohenlingen intervient et fait le ménage chez les islamistes. Avec l’aide percutante d’une Chinoise très spéciale, Bing Qing. Les moyens opérationnels hors du commerce dont disposait cette dernière faisaient évidemment penser qu’elle travaillait pour des trafiquants de drogue. « Bing Qing appartenait sans doute à une triade chinoise. Ce n’était pas une alliée très recommandable, mais son efficacité ne faisait pas de doute », résume Marko.

Après la fiction, place à la réalité. Le sinistre du Boeing 777 de la Malaysia Airways a coûté 400 millions de dollars à l’assureur Allianz.

Il ne reste plus à Morbraz qu’à se remettre au travail et à nous raconter les tenants et les aboutissants du crash du vol MH17 de la Malaysia Airways en Ukraine le 17 juillet 2014. Cette fois ce sont des Hollandais qui se trouvaient à bord. Qui a tiré le missile ? Là encore, histoire pas claire.

Bernard Morvan

Le vol MH 370 de la Malaysia Airways ne répond plus, Morbraz (Jean Picollec éditeur)

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