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La manifestation syndicale, doublée par la manifestation des zadistes contre les expulsions sur la ZAD de NDDL, a provoqué – comme de nombreux observateurs s’y attendaient – de gros débordements dans le centre-ville de Nantes cet après-midi et en début de soirée. Entre autres, un Algeco, une voiture et plusieurs poubelles ont été incendiées par un bloc d’environ 150 casseurs dont des individus très jeunes ou étrangers.
La manifestation s’annonçait sous des auspices difficiles : peu avant son début officiel à 14h30, les agents de la BAC avaient fouillé de nombreux sacs de manifestants et saisi des lunettes, des masques à gaz et autres vêtements de rechange. De nombreux manifestants fouillés étaient d’origine étrangère, notamment basques, espagnols ou encore allemands.
Partie de la croisée des tramways à 15h30, la manifestation syndicale – qui aurait regroupé jusqu’à 10.000 personnes (6700 selon la police) – se retrouve à la Préfecture où une allocution est prononcée vers 16h15 : « A partir du moment où des zadistes sont venus soutenir les luttes de la CGT, nous soutenons la lutte de Notre-Dame des Landes », explique un cégétiste au micro qui brocarde « la seule raison [de l’intervention de l’Etat sur la ZAD] la violence gratuite pour détruire. Ils ont démontré combien cet État était capable de détruire tout ce qui n’était pas dans leur cadre ».
Repartis dans le même ordre, mais moins nombreux, les manifestants sont restés un long moment statiques Place du Cirque, avant de rejoindre la station Duchesse Anne à l’est du château à 17h30. Plusieurs charges ont alors été menées par le black block, à l’avant de la manifestation, dans l’objectif de rejoindre la gare. Repoussés à coups de gaz lacrymogène et de canon à eau par les CRS présents, les manifestants ont alors entrepris de dépaver systématiquement la voie de tramway – dont on se demande pourquoi elle est toujours en petits pavés alors que ce genre de dégradation est déjà arrivé à de nombreuses reprises, notamment en 2016 et 2017 – et de les balancer sur les CRS.
A l’avant des casseurs, outre des manifestants habitués des destructions et des violences contre les forces de l’ordre, l’on trouvait de nombreux individus jeunes, voire très jeunes (14 – 16 ans) qui se jetaient après plusieurs jets dans les douves pour sortir d’autres vêtements de leur sac et espérer tromper ainsi la vigilance des forces de l’ordre. Après avoir été peu à peu repoussés, ils se retrouvaient place Bouffay vers 18h30 où les heurts continuaient.
La manifestation n’a été finalement éclatée que vers 19h autour de Commerce. Alors que 500 personnes s’en allaient, poursuivies par les CRS, via les rues de Crébillon et du Calvaire – où une femme âgée a été blessée – d’autres se maintenaient immédiatement à l’ouest de la place du Commerce où un matelas incendié dégageait une fumée noire. Vers 19h30 un Algeco était incendié à l’ouest du square Daviais, près du débouché de la rue Jean-Jacques Rousseau – l’incendie a détérioré au passage une voiture. Tout près, une poubelle a aussi été enflammée.
Peu à peu repoussée par les CRS, la queue de la manifestation ne s’est finalement dispersée que vers Gare Maritime et dans les rues avoisinant le squat de migrants de la rue de Bréa (Verrerie, Flandres Dunkerque, Bréa, Maurice Sybille, Montaudouine etc.). Dans les environs, les CRS ont quand même fait quatre interpellations – dont une pour un jet de pavés à 20h07 – et se sont fait attaquer par un petit groupe de marginaux ivres qu’ils ont du gazer pour se dégager.
Au final la police a procédé à 12 interpellations – dont 4 après 20h et 4 par la BAC dans le cœur de ville – et affirme avoir eu 64 blessés dans ses rangs. La circulation normale des tramways et des bus n’a été rétablie en ville que bien après 21 heures. Des tags ont aussi dégradé plusieurs vitrines en ville, notamment des banques et des agences d’assurance.
Bilan de la [#Manifestation] à #Nantes en soutien aux expulsés de la #ZAD :
6700 manifestants au plus fort,
12 interpellations effectuées par nos services,
64 blessés parmi les forces de l’ordre (dont 2 conduits au @CHUnantes).— Police Nationale 44 (@PoliceNat44) 14 avril 2018
Les scènes d’émeutes vécues à Nantes ce samedi risquent bien de se répéter. L’opération de police sur la ZAD est prolongée jusqu’au 20 avril, selon des informations transmises au conseil départemental – les départementales RD42, RD81 et RD281 sont bloquées dans le cadre de l’expulsion des zadistes – ce qui signifie une nouvelle probable manifestation samedi prochain.
Ce dimanche, les zadistes ont affirmé leur intention de reconstruire les cabanes détruites sur la ZAD. Alors que des escarmouches ont à nouveau éclaté ce samedi autour de barricades érigées sur les RD81 et RD281, les zadistes sont maintenant 700 – au lieu de 150 lundi – et avec les militants arrivés ces jours-ci et restés sur Nantes, ils sont près d’un millier. Bien que l’État ait affirmé avoir « évacué tout ce qui est évacuable » et tenu sa feuille de route avant d’arrêter les opérations de destructions d’habitats précaires, le seul objectif qu’il semble avoir tenu c’est d’attirer tous les militants violents d’ultra-gauche prêts à en découdre en France voire dans les pays voisins (Hollande, Allemagne, Pays Basque, Espagne, Italie) sur la ZAD.
Louis Moulin
Crédit photos : Breizh-info.com
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Une réponse à “Nantes : les casseurs s’en donnent à cœur joie”
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