L’écrin du cœur d’Anne de Bretagne a été dérobé dans la nuit du 13 au 14 avril, à Nantes, au Musée Dobrée.

« Des individus ont réussi à s’introduire à l’intérieur du musée Dobrée, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril à Nantes.

Sur place, ils ont dérobé trois éléments de l’exposition « Voyage dans les collections », présentée depuis le 20 mai 2017 et jusqu’au 30 septembre 2018. » explique les communicants du conseil départemental de Loire Atlantique.

Malgré le déclenchement de l’alarme, les ravisseurs n’ont pas été attrapés. Plusieurs vitrines ont été fracturées.

Il s’agit d’une statue hindoue dorée, d’un ensemble de monnaies d’or et de l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne, une pièce d’orfèvrerie exceptionnelle réalisée en or en 1514.

Le Département de Loire-Atlantique, propriétaire du musée Dobrée et dépositaire de l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne, a immédiatement déposé plainte et une enquête de police a été ouverte.

Fait rare, Philippe Grosvalet, président du Département, qui a toujours œuvré contre la réunification de la Bretagne, condamne fermement ces actes et a déclaré :

«Les cambrioleurs s’en sont pris à notre patrimoine commun et notamment à une pièce d’une valeur inestimable. Bien plus qu’un symbole, l’écrin du coeur d’Anne de Bretagne appartient à notre Histoire».

Le cœur d’Anne de Bretagne, sauvé après la Révolution, est conservé au musée Dobrée depuis 1886.

Ce reliquaire a été réalisé en 1514 lors de la mort d’Anne de Bretagne à 36 ans, alors Reine de France (elle fut veuve de Charles VIII puis épouse de Louis XII).

D’une quinzaine de centimètres de haut, cette réceptacle de forme ovale surmontée d’une couronne d’or (une frise composée de trèfles et de fleurs de lys) a été conçu pour abriter le cœur de la jeune femme. Cette dernière, qui savait qu’elle serait inhumée à la nécropole royale de Saint-Denis, tenait à ce que son cœur repose dans sa ville natale, à Nantes. D’où la conception d’un écrin funéraire en or pour recueillir l’organe.

Ce vol a fait réagir de nombreuses personnalités, associations. Dans un communiqué, l’association historique du pays de Cambon attaque certains élus : « Les acteurs associatifs de l’histoire et du patrimoine de la Bretagne sont en colère : En effet, ils sont en droit maintenant de demander des comptes aux responsables politiques et culturels du département quant aux conditions de sécurité dans lesquels les collections sont conservées. Certains élus sont plus enclins à pérorer sur des projets architecturaux délirants d’un musée du 21è siècle plutôt qu’à prendre les moyens discrets d’une protection efficace : c’est moins « marketing ». Nous attendons d’avoir dans le détail les circonstances dans lesquelles ce vol a pu être commis et quelles ont été les failles du système ainsi que les actions correctives que le Conseil Général va mettre en place en urgence pour sécuriser les collections publiques.»

Le mot de la fin au Conservateur  à la Bibliothèque de l’Arsenal


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