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Breizh-info a pu récupérer des photos exclusives : celles des locaux de l’Université de Nantes (campus Tertre), fortement dégradés par les bloqueurs comme cela avait déjà été le cas avec le château du Tertre occupé par des clandestins et un collectif d’ultra-gauche de novembre à début mars dernier.

L’auteur de ces photos risquait gros : les quelques dizaines de casseurs, souvent extérieurs à l’université, qui empêchent plus de 9000 étudiants d’aller en cours depuis plusieurs semaines, interdisent toute photographie – on les comprend – et n’hésitent pas à prendre à partie voire à molester ceux qui tentent quand même de documenter leurs exactions.

Un million d’euros de dégats

Portes défoncées, murs enfoncés, murs extérieurs et intérieurs couverts de tags d’inspiration anarchiste et anti-flics, tables des amphis dégradées, barricades à tous les accès, monceaux de détritus un peu partout, salles transformées en dortoirs ou en entrepôts, système d’alarme incendie et électriques mis hors service, la facture des dégradations conséquentes à l’Université de Nantes a déjà été chiffrée à un million d’euros par la présidence de l’Université. « Et c’était début avril. Il y a eu bien d’autres dégradations depuis », relève un étudiant.

Comme à Tolbiac, finalement évacuée ce 20 avril après avoir été transformée en boîte de nuit et en baisodrome, il est peu probable cependant que les casseurs paient les centaines de milliers d’euros de dégâts qu’ils ont fait. Ce sera au contribuable de sortir son porte-feuille. Tolbiac évacuée est dans un tel état qu’elle est inutilisable jusqu’à la rentrée prochaine. Et le campus du Tertre à Nantes n’a lui toujours pas été évacué…

Les bloqueurs empêchent un contrôle continu délocalisé en STAPS, bataille avec des anti-bloqueurs

Pendant ce temps là, les bloqueurs continuent d’essayer d’empêcher les partiels. Deux bâtiments du campus Tertre ne sont pas  bloqués : STAPS (sport) et droit. Le 23, un contrôle continu pour étudiants en psychologie – dont le bâtiment est bloqué – avait été délocalisé en STAPS. Vers six heures du matin, une trentaine de bloqueurs, extérieurs pour la plupart à l’Université, ont tenté de barrer les accès au bâtiment STAPS.

Cependant ils sont tombés sur une quinzaine d’étudiants opposés au blocage, en place depuis une demi-heure, et renforcés par certains étudiants de STAPS. Mot d’oiseaux et poubelles ont volé, sans qu’il n’y ait de blessés. Mais l’Université a préféré reporter l’examen. Victoire tactique donc des bloqueurs.

La fac de langues débloquée lundi, puis rebloquée mardi

Il n’y a pas que les STAPS qui se rebellent. La faculté de langues (FLCE) a aussi été débloquée pendant quelques  heures ce lundi 23 avril, avant d’être rebloquée dès le lendemain. Le doyen Didier Delorme, opposé au blocus et soutien du collectif « un livre une fleur » qui s’oppose, avec peu de moyens et encore moins de force, aux bloqueurs qui eux n’utilisent que la force physique et l’intimidation, écrit aux étudiants : « Hier, la FLCE a été débloquée mais rebloquée dès ce matin par les étudiants mobilisés qui semblent bien décidés à empêcher les examens de se tenir. C’est évident puisqu’il n’y avait pas cours. Nous voulions recréer du lien, eux ne le souhaitent pas ».

Cependant, confirme-t-il, les examens auront lieu, peut-être ailleurs : « Je vous rappelle que, dans le contexte exceptionnel de crise, nous avons choisi de vous faire passer vos examens, en temps et en heure. Le lieu sera peut-être modifié ». Et seront certainement perturbés par les bloqueurs, non contents d’avoir infligé des centaines de milliers d’euros de dégradations au campus et d’empêcher des milliers d’étudiants d’avoir cours. Ils veulent encore leur faire rater leur année.

36.000 € de subvention régionale pour améliorer le classement international de l’Université de Nantes

Et puis, comme c’est le cas parfois dans le nucléaire, la réalité dépasse la fission. Et tourne au burlesque. Ainsi, la région des Pays de Loire a accordé une subvention de 36.000 € à l’Université de Nantes «  pour la conduite d’une prestation de conseil et  d’accompagnement visant à améliorer son positionnement dans les classements internationaux ».

De quoi faire réagir les conseillers régionaux FN Brigitte Nédelec (44) et Monique Lieumont-Briand (49)  : « La Région semble faire dans l’humour…  Alors que bon nombre des universités françaises font la « Une » des journaux, et que l’Université de Nantes n’y échappe pas, comment espérer consolider la réputation de ces établissements à l’international ? […] Mais s’ajoute maintenant l’occupation illégale des locaux universitaires par des hordes d’extrême gauche, dont on ne sait s’ils sont tous réellement étudiants ou zadistes, et des clandestins. […] D’ailleurs, comment « améliorer le classement de l’Université de Nantes à l’international » si l’image renvoyée est celle d’un établissement noyauté par l’extrême gauche où les étudiants ne peuvent aller en cours ? »

Une question à laquelle la Région des Pays de Loire n’a pas répondu. Tout comme elle a esquivé la proposition du FN de « stopper toute aide à l’acquisition de fourniture, aux programmes de recherche et développement, aux projets de thèse et aux travaux d’aménagement destinées aux établissements d’enseignement supérieur ligériens dont les autorités feraient, le cas échéant, preuve de laxisme vis-à-vis des occupations illégales ». Pour les deux conseillères régionales FN, « Le versement de l’argent versé par la Région doit être conditionné à la bonne marche de l’Université, autrement dit, à l’exécution du service public. Il s’agit d’un contrat, la Région n’a pas à verser l’argent des Ligériens à ces établissements si ceux-ci n’assurent ni la tenue des cours ni la sécurité des étudiants ». Transmis à ceux qui ne cessent de capituler devant l’extrême-gauche.

Louis Moulin

Crédit photos : Breizh-info.com
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