Nantes. L’extrême-gauche échoue à perturber le début des partiels

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Ce matin, l’extrême-gauche appelait au « zbeul des partiels » à partir de 6h30 à la halle de la Trocardière (Rezé) où 800 étudiants de lettres, langues et sciences humaines devaient passer leurs partiels. Une trentaine de bloqueurs – dont très peu d’étudiants – a essayé d’empêcher les étudiants d’entrer. Ils ont été repoussés par une vingtaine de policiers ; dans la mêlée confuse, une bloqueuse a pris un coup de matraque.

Le petit groupe de bloqueurs s’était positionné devant l’entrée principale. Vers 7h25, il a été pris en étau entre la police – arrivée sur les lieux – et les vigiles mis en place par l’Université. « Les coups de matraques pleuvent pendant les gauchistes, qui s’écrasent les uns les autres tentent d se protéger et de sortir du « sandwich »; Un coup perdu emmène visiblement une étudiante à l’hôpital », relève un étudiant qui était sur place ce matin. D’ailleurs, « ce ne serait pas un coup de matraque, mais plutôt un coup du lapin dû à la mêlée particulièrement serrée », constate-t-il. L’étudiante est sortie de l’hôpital peu après avec cinq jours d’ITT.

Vers 7 h30, les organisateurs dont Didier Delorme [doyen de FLCE opposé aux blocages, pris à partie plusieurs fois par l’ultra-gauche dont la dernière fois le 26 avril dernier], présent lui aussi pour surveiller les partiels et aider à assurer la sécurité de ses étudiants, appellent à entrer ceux qui veulent composer. Devant une haie de policiers, les étudiants rentrent au compte goutte. Comme il est d’usage, chacun présente sa carte d’étudiant, cependant il n’y a aucun contrôle d’identité ni fouille des sacs.

Des étudiants s’indignent du fait qu’on ait voulu les empêcher de passer leurs examens, tandis que d’autres pleurnichent et dénoncent les « violences policières commises sur des étudiants pacifiques qui ne faisaient rien que se tenir la main devant la porte »(sic). Avec un quart d’heure de retard, les épreuves peuvent enfin commencer. Cependant, au bout de 5 minutes, un étudiant se lève, grimpe sur sa chaise, et déchire bien haut son sujet, puis il met tranquillement son foulard sur sa bouche et sa capuche, et reste debout sur sa chaise les mains derrière la tête. Il est imité dans une moindre mesure par 4 ou 5 étudiants qui se contentent de déchirer leur feuille et de rester assis à discuter. Ils vont rester ainsi, pendant une heure.

Les policiers, eux, restent devant la porte, en ligne, faisant face aux gauchistes qui leur crient des insanités, ainsi qu’au doyen des Langues, qui reste là pour aider et protéger au besoin les étudiants. « Alors Didier, c’est quand le barbecue en soutien à la camarade blessée? La matraque, ça fait plus mal que la farine!« , se fait-il alpaguer, en réaction à l’agression dont il a été victime le 26 avril et aux rassemblements « un livre, une fleur, un barbecue » organisés sur le campus du Tertre par le collectif Tertre Libre où il venait régulièrement.

50 étudiants en histoire et 200 en philosophie refusent de passer leurs partiels, pas perturbés pour autant

Cependant, une trentaine de bloqueurs restent devant le site d’examen après le début du partiel, à huit heures, et sont rejoints par une cinquantaine d’étudiants en L3 Histoire qui ont décidé de ne pas passer leur partiel sur… la Révolution française et l’Empire, estimant que les conditions n’étaient pas réunies.

Dans l’après-midi, « les élèves de philosophie ont pris l’initiative collective de faire grève en choisissant de rendre le minimum ou le motif écrit de leurs contestations et de sortir une heure après le début de l’épreuve », selon un étudiant, et environ 200 élèves (selon l’ultra-gauche) ont refusé de composer à cause de la présence policière à l’extérieur de la Trocardière. En revanche, la majeure partie des élèves de lettres modernes a composé, contraignant les militants à rendre une page blanche.

Sur sa page, l’extrême gauche réagit aux événements de ce matin : « nous avons décidé en amont de l’examen de faire une chaîne humaine. Les directeurs d’UFR et la présidence ont pris immédiatement la décision d’apeller (sic) les forces de l’ordre. 5 camions de la CDI (CRS) débarquent donc devant la trocardiere. Ils délogent violemment les étudiant[s] qui étaient devant les portes ».

Quant aux étudiants en histoire, ils se sont fendus d’un communiqué. « Nous avons pu alors avoir une brève conversation avec notre directeur d’UFR Yann Lignereux, en lien avec les deux membre du corps enseignant sur place, qui nous a fait comprendre que les refus impliqueraient un zéro dans la matière, alors même que ce même président avait assuré, lors d’une réunion publique tenue en avril, devant les étudiant[s] de l’UFR, qu’une présence policière amènerait en conséquence les professeur[s] à refuser d’assurer la tenue de leurs partiels ».

Les étudiants font finalement pression sur les deux professeurs présents – ce qu’ils appellent des « concertations » houleuses qui ont « conduit la première à prendre la décision courageuse et noble, à contrecœur, de se mettre en grève, permettant ainsi aux étudiants, malgré les conséquences auxquelles elle s’expose, de ne pas avoir à craindre une sanction trop lourde ». Cependant, le partiel a lieu quand même : « car une professeure d’histoire de l’art a distribué malgré tout les sujets ; ainsi certains, largement minoritaires, dont une partie craignent pour leurs bourses, composent ».

Une des étudiantes qui a composé, bien qu’opposée à la tenue des partiels, explique son choix sur Facebook : « Certains devaient effectivement craindre pour leur bourse, mais d’autres, y compris moi même, avions peur d’avoir des représailles si nous ne composions pas, en plus de la peur des forces de l’ordre. La panique de la situation se mêlant à la peur, nous avons suivi notre ‘instinct’ et sommes rentré[s] à contre coeur dans la salle, en espérant que le partiel serait annulé au vu du nombre d’élèves absents. Mais force est de constater que cela n’a pas été le cas […] Dépités, nous avons donc rédigé quelque chose, développé ou non, et personnellement, avec l’ajout d’un gros paragraphe sur la situation ».

Bref, les bloqueurs ont agi en pure perte. Certains demandent que soit attribuée « une note fixe à tous ceux qui ont refusé de participer à l’examen (10 ou 12), ou encore demander à ces derniers de produire un devoir maison sur la base du sujet qui était prévu en ce matin de mai ». Un diplôme en chocolat, en quelque sorte.

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2018 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

 

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