Une campagne de sensibilisation aux dangers de la migration irrégulière a été lancée au Cameroun afin de décourager les candidats à l’exil vers l’Europe. Comment ?

L’OIM à la manœuvre

Inciter les jeunes à rester au pays plutôt que de partir vers des contrées européennes pour un destin incertain. Voilà le but affiché par des associations locales camerounaises en partenariat avec l’OIM (Organisation internationale des migrations) avec la mise en place d’une campagne de sensibilisation aux risques de la migration irrégulière.

Cette campagne se déroule simultanément dans plusieurs villes. L’association SMIC (Solutions aux migrations clandestines) est également de la partie tandis que le gouvernement camerounais a aussi apporté son soutien à l’initiative. Pour l’occasion, des tee-shirts estampillés « Je ne mourrai pas en mer » ont même été mis à la disposition du public, très majoritairement jeune.

Nuances du discours

Au Cameroun, nombreuses sont les familles dont un des membres au moins a quitté l’Afrique pour l’Europe. Il faut dire que la situation économique locale ne laisse pour l’instant que peu de perspectives aux jeunes ayant décidé de faire des études.

Pour illustrer son propos face au public, l’OIM a réalisé un film d’une vingtaine de minutes intitulé Wallah je te jure. La vidéo met alors en scène des migrants subsahariens qui font part de leurs expériences dans différents pays comme la Libye, le Niger et l’Italie. Et, malgré les nombreuses désillusions retranscrites, les candidats à l’exil sont toujours aussi nombreux au Cameroun.

Par ailleurs, la campagne de l’OIM souffre d’une certaine ambiguïté puisqu’elle se concentre sur les dangers de l’immigration illégale sans remettre en cause la migration en elle-même. Une position en demi-teinte face à un phénomène qui mériterait des réponses plus tranchées. Encourager l’exil légal n’est rendre service ni aux jeunes Camerounais ni aux Européens.

Se prendre en main

Ces aspirations à gagner l’Europe sont attisées par les réseaux sociaux africains qui font encore du Vieux Continent un eldorado, à tort. Peu de voix s’élèvent alors pour inciter la jeunesse locale à rester au pays afin de le développer.

À y regarder de plus près, les seules solutions viables pour un développement du Cameroun et, par extension, de toute l’Afrique subsaharienne passent par une implication des nouvelles générations. Et pour ce faire, l’OIM ferait mieux de s’intéresser un peu moins à l’idée même de migration, légale ou non, et un peu plus au co-développement. D’autant plus quand on connait le potentiel démographique de l’Afrique.

Crédit photo : Wikipédia (cc)
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