Tandis que le littoral est de plus en plus mis à mal par les tempêtes hivernales ainsi que par l’érosion, la gestion du trait de côte est devenue un véritable casse-tête pour les collectivités. Mais en la matière, ce sont encore les dunes qui se révèlent être les plus efficaces.

Étude sur la question

Avec la montée progressive du niveau des océans, la problématique du trait de côte demande une attention particulière. À tel point qu’une étude sur le service de régulation de l’érosion côtière en Aquitaine a été commandée par le ministère de la Transition écologique. Ce travail a été conduit par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

Quant aux enseignements à tirer de ce rapport, ils sont multiples. En premier lieu, il apparaît que les dunes de sable permettent de protéger efficacement le littoral face aux éléments qui le rongent progressivement. D’autant plus que ces barrières naturelles sont beaucoup moins onéreuses que des structures en dur.

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Source : Tourisme Bretagne

Le naturel mieux que l’artificiel 

Mais l’intérêt des dunes doit être nuancé pour une raison évidente : celles-ci ne peuvent pas apporter de réponses dans les zones urbanisées. Et pour cause. Difficile effectivement de développer des montagnes de sable devant la Chaussée du Sillon de Saint-Malo ou le remblai de La Baule. D‘où la nécessité pour ces zones de développer des moyens de protection artificiels. Des moyens qui ont un coût élevé et parfois même une capacité défensive limitée dans le temps.

Par ailleurs, l’UICN révèle que la gestion des écosystèmes dunaires existants est cent fois moins coûteuse que de réaliser des travaux de rechargement en sable sur une plage érodée. À titre comparatif, quand l’entretien d’une dune naturelle revient à 5,4 euros par an et par mètre linéaire, le rechargement est facturé pour sa part 540 euros. Soit un rapport d’un à cent.

Pour ce qui est des brise-lames, leur coût de revient est estimé entre 4 000 euros et 6 200 euros par mètre linéaire, montant auquel il faut ajouter les frais de gestion annuels. Enfin, les enrochements nécessitent un investissement compris entre 650 et 2 700 euros par mètre avec, là encore, des frais d’entretien.

Villes menacées ?

Comme évoqué précédemment, les zones urbanisées où le cordon dunaire n’existe pas ont, pour l’heure, recours à des structures en dur. Cependant, l’étude de l’UICN préconise la mise en place d’une gestion plus naturelle de l’espace côtier. Comment ? En favorisant la restauration d’écosystèmes existants dégradés.

Un argument intéressant en théorie mais dont la mise en pratique demande une réorganisation de grande ampleur en termes d’urbanisme. Ainsi, les activités basées sur les fronts de mer devraient alors être déplacées ailleurs. Avec toutes les conséquences, économiques notamment, que l’on peut imaginer. Autant dire que les solutions artificielles en dur, quoique coûteuses, court-termistes et modificatrices des écosystèmes ont encore un avenir certain dans les zones urbanisées. Il est désormais trop tard pour faire demi-tour !

Crédit photo : Pixabay (CC0/mischroeder)
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