Collège de Lamballe. Simone Veil plutôt que la Bretagne !

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À Lamballe, capitale du Penthièvre, le nouveau collège fait déjà couler beaucoup d’encre avant même son inauguration. En cause, le nom de l’établissement. Mais c’est désormais Simone Veil qui tient la corde.

Exit Marie-Madeleine Dienesch

Toujours en construction, le nouvel établissement qui viendra remplacer le collège Gustave Téry a suscité de vives polémiques quant à son appellation. Dans un premier temps, alors que la décision finale lui revient, le président du Conseil départemental des Côtes d’Armor Alain Cadec avait proposé le nom de Marie-Madeleine Dienesch.

Cette femme née au Caire en 1914 enseignera par la suite les lettres à Saint-Brieuc, au lycée Ernest Renan. Élue députée en 1945, elle restera dans la vie politique jusqu’en 1981.

Par ailleurs ambassadrice de France au Luxembourg de 1975 à 1978, elle aura également des fonctions dans le gouvernement sous les mandats de Charles de Gaulle et Georges Pompidou. Mais la figure de Marie-Madeleine Dienesch n’était visiblement pas du goût de tout le monde dans la région.

Communistes et avortement

La proposition d’Alain Cadec avait alors suscité de vives réactions. Tout d’abord de la part des membres locaux du Parti communiste. Lesquels s’étaient fendus d’un courrier à destination du président du département. La cause de leur réprobation portait sur les positions anti-avortement de Marie-Madeleine Dienesch.

« Nous ne pensons pas compatible qu’une élue, qui a milité notamment contre la contraception et l’avortement (à travers l’association Laissez-les vivre), ait son nom porté aux côtés de notre devise républicaine », pouvait-on alors lire sur le communiqué ».

Lamballe

Source : Facebook PCF Lamballe

Mais la fronde ne se limitaient pas aux seuls militants communistes puisqu’une pétition en ligne initiée par des parents d’élèves a recueilli près de 1 000 signatures. Les parents en question justifiaient ainsi leur prise de position :

« Nous nous opposons au nom annoncé par le président du Conseil Départemental pour le nouveau collège de Lamballe. Marie-Madeleine DIENESCH a certes été résistante et ministre, mais elle a également présidé l’association « Laissez les vivre » et a farouchement milité contre la contraception et l’avortement. Un collège public ne peut pas porter le nom d’une opposante aux droits de la femme et aux droits à l’égalité ».

Simone Veil

Face à cette levée de boucliers inattendue, Alain Cadec a décidé de battre en retraite. Il propose désormais le nom de Simone Veil pour le nouveau collège lamballais. Le député européen a depuis choisi l’apaisement. Entre temps, un collectif nommé « Non à Marie-Madeleine Dienesch » a même vu le jour.

Et puisque ce sont les prises de position de cette ancienne femme politique sur l’avortement qui ont tant fait grincer des dents, le choix de Simone Veil comme appellation va même au-delà de la volonté de calmer le jeu pour d’Alain Cadec. Bien que sa décision ait été prise en concertation avec le maire de Lamballe et le principal du futur établissement, c’est à se demander si le patron des Côtes d’Armor n’a pas cherché à tourner en dérision la contestation. Car aux yeux du grand public, Simone Veil est, avant tout, celle qui a légalisé le droit à l’avortement.

Quant à donner au collège de Lamballe le nom d’une personnalité dont la vie fut entièrement consacrée à la Bretagne et à sa culture, il ne faut visiblement compter ni sur le Parti communiste, ni sur les parents d’élèves. Et pas même sur Alain Cadec !

Crédit photo : Wikipédia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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