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Alexandre Gabriac faisait les choux gras de la presse mainstream et judiciaire, notamment lyonnaise, cette semaine.

Ce militant nationaliste français de 27 ans, marié et père de famille, était en effet jugé ce lundi 4 juin, à Lyon, pour « reconstitution de ligue dissoute ». Avec une autre figure de la mouvance nationaliste en France, Yvan Benedetti, ils étaient en effet poursuivis suite à l’ouverture d’une enquête les accusant d’avoir reconstitué les « Jeunesses nationalistes ».

Le parquet a requis six mois de prison avec sursis et 15 000€ d’amende à l’encontre des deux hommes, qui encourent jusqu’à 7 ans et 100.000 euros d’amende.

Les Jeunesses nationalistes sont un groupe émanant de l’Œuvre française, mouvement nationaliste, qu’ils animèrent jusqu’en 2013, date de leur dissolution suite à la mort de Clément Méric, militant antifa.

Un décès intervenu des suites d’une bagarre entre groupe d’antifas et militants nationalistes, et qui avait abouti à la mise en examen de plusieurs personnes — aucune des Jeunesses nationalistes, non concernées pourtant par cette histoire — et à la dissolution très médiatisée des Jeunesses nationalistes Révolutionnaires (de Serge Ayoub) et des Jeunesses nationalistes (d’Alexandre Gabriac).

Militant depuis ses 13 ans passé d’abord par les rangs du Front national (historique) en devenant le directeur du FNJ de l’Isère puis de la région Rhône-Alpes avant d’être élu plus jeune conseiller régional de France sur la liste conduite par Bruno Gollnisch, Alexandre Gabriac militait en parallèle et depuis de nombreuses années au sein de l’Œuvre française de Pierre Sidos. Exclu du Front national à l’arrivée de Marine Le Pen en 2011, il fonde dans la foulée les JN, puis, suite à leur dissolution, continue d’animer des groupes nationalistes locaux avant de rejoindre le mouvement Civitas lors de sa décision d’entrer sur-le-champ politique. Il est actuellement chargé de la gestion des fédérations.

À l’issue de son procès (le verdict sera rendu en juillet), nous l’avons rencontré afin de le questionner notamment sur la longue lettre ouverte qu’il a publiée en se rendant au procès, et qui a énormément tourné sur les réseaux sociaux, notamment car outre le fait d’en appeler à la solidarité, il y décrit l’emploi de moyens extraordinaires pour le surveiller durant l’enquête. Des moyens policiers qui ne sont peut-être même pas utilisés pour tous les islamistes en France, c’est dire…

Rencontre avec Alexandre Gabriac, militant nationaliste français et déterminé.

Breizh-info.com : Vous étiez jugé cette semaine, à Lyon, avec M. Benedetti, pour « reconstitution de ligue dissoute ». Que vous reproche la justice concrètement ?

Alexandre Gabriac : La justice, ou plutôt leur justice, me reproche d’avoir fait perdurer le mouvement des Jeunesses nationalistes alors qu’il avait été interdit. Ils s’appuient notamment sur le fait que d’autres entités avec une doctrine similaire m’ait invité à prendre la parole, que des anciens adhérents soient toujours en contact avec moi, etc. En gros : on me reproche d’avoir continué à militer.

Breizh-info.com : Finalement, êtes-vous « satisfait » des réquisitions du parquet, vous qui craigniez le pire vous concernant ?

Alexandre Gabriac : Le parquet a requis 6 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende sur les 7 ans et 45 000 encourus. Le juge peut évidemment aller au-delà des réquisitions, mais cela semble peu probable : c’est toujours trop pour avoir simplement voulu sauver notre patrie des périls qui la menacent !

Mais je suis effectivement soulagé que la peine de prison soit assortie d’un sursis. D’autant que j’ai déjà été condamné à de la prison ferme il y a peu dans une autre affaire. (Cassation fin juin)

Je pense que le temps a joué en ma faveur, les cartes politiques ayant été rebattues avec les élections. À l’époque, la ministre Taubira et le ministre Valls avaient saisi eux-mêmes le parquet antiterroriste de Paris… Le fait qu’ils ne soient plus aux commandes a dû jouer un rôle certain sur les réquisitions du ministère public qui de fait, n’a pas eu la pression politique des commanditaires de l’époque : tant mieux !

Breizh-info.com : Dans une lettre publiée sur votre compte Facebook avant le procès, vous décrivez une enquête vous concernant digne d’une traque d’islamistes dangereux pour la France ; pouvez-vous revenir là-dessus ? Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Alexandre Gabriac : Premièrement, les groupes d’enquêteurs : il s’agit de la sous-direction antiterroriste et de la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres… Pour enquêter, je vous le rappelle sur des jeunes gens qui souhaitent réveiller les consciences nationales de leurs compatriotes : du délire.

Le dossier est gigantesque. Nous avons été suivis sur les deux années après la dissolution par des groupes d’élite, qui collectaient tout ce qu’il était possible de collecter sur ma vie et celle de mes camarades.

Écoutes, filatures, positions GPS, réseaux sociaux, comptes bancaires, caméras planquées dans les bois, photographes camouflés en haut d’un immeuble et camions banalisés « sous-marins » devant nos locaux et nos domiciles… Le fichage est total : chaque personne que j’ai contactée pendant ces deux années est inscrite, de mon coiffeur aux journalistes en passant bien sûr par mes proches. Les enquêteurs se permettent même des suppositions grâce au bornage de mon téléphone « le dernier point relais activé est en Alsace à la frontière allemande, le téléphone ne rentre sur le territoire national que tard dans la soirée par le même point. Précisons que ce jour-là se déroulait une manifestation du parti allemand NPD […] ».

 Je me suis d’ailleurs rendu compte de la facilité avec laquelle nous donnons accès à des renseignements personnels juste en possédant un téléphone.

 Les enquêteurs déduisent avant une étude de terrain mes lieux de « présence soutenue », c’est-à-dire mon lieu de travail, mon domicile, celui de mes proches, juste avec les « traces » laissées automatiquement par mon portable lorsqu’il est connecté au réseau.

 Je me doutais avoir un certain intérêt pour les services de renseignements au vu de ma fiche S, qui me colle d’ailleurs toujours aux basques à chaque fois que je passe une frontière, mais je n’imaginais pas un suivi si pointilleux au quotidien.

 Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les vies de certains de mes camarades étalées dans ce dossier. Il y a des renseignements intimes, comme leurs relevés de comptes bancaires (avec leurs revenus et leur liste de course en quelque sorte…), le nom des personnes avec qui ils échangent le plus, les faits dont ils ont été victimes dans le passé… C’est très dérangeant à lire.

 Pour vous donner un peu le ton du contenu sans rien trahir, il est indiqué par exemple sur la « fiche » d’une demoiselle « petite amie d’Alexandre Gabriac ». C’est aujourd’hui ma femme alors ça va, mais à l’époque personne n’était au courant de notre relation ! Sauf la police…

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L’appareil déposé sur ordre à l’époque de Manuel Valls dans une forêt privée pour espionner les Jeunesses nationalistes

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui explique selon vous la traque et la répression que subissent tous azimuts actuellement des militants politiques, nationalistes ou pas, mais aussi des journalistes, des dissidents au sens large ?

Alexandre Gabriac :   « La république gouverne, mal, mais se défend bien » disait Maurras. Je pense clairement que leur système est en train d’atteindre ses limites. La crise monétaire, migratoire, mais aussi les différents votes avec la claire montée en puissance des « antisystèmes » — même si ce ne sont souvent que des illusions — démontre que les peuples commencent à se réveiller et à crier leur ras-le-bol.

 Conscients de cela, plutôt que de modifier leur politique pour la rendre un peu plus acceptable auprès du peuple, les élites préfèrent continuer, et même accélérer la destruction programmée des nations.

 Ils tapent donc sur tous ceux qui pourraient entraver leurs funestes projets, non pas avec le débat et l’argument — ils seraient vite en fâcheuse posture — mais avec la désinformation constante standardisée : loi sur les « Fakes News », mise au silence des résistants politiques par la mort sociale avec les amendes, la pression sur les employeurs ou pour les cas les plus « difficiles » la case prison, parfois pour de longues années et avec des mesures incroyables comme l’interdiction de parler en public ou autre.

Breizh-info.com : Comment voyez-vous votre avenir en France ? Et l’avenir de la France ? De l’Europe ?

 Alexandre Gabriac :  Nous pouvons bien sûr nous plaindre de cette répression grandissante et nous avons raison, car elle est destructrice sur le plan personnel.

Sur le plan politique, elle est intéressante. Elle permet de montrer le vrai visage du système à nos compatriotes qui se réveillent petit à petit et se rendent compte que leurs enfants n’auront plus aucun avenir si tout n’est pas stoppé (très) rapidement.

De manière plus forte encore, la répression et la décadence de l’Europe de l’Ouest permet, je le pense, de renforcer la méfiance de certains pays de l’Est envers les conséquences, mais aussi les causes du mal qui nous gangrène et ainsi de sceller leur dégoût du multiculturalisme et du cosmopolitisme.

Ce qu’il est important de faire aujourd’hui à mon sens, c’est garder une doctrine solide et sans compromis pour que le jour venu, notre peuple depuis si longtemps écrasé, se tourne enfin vers ceux qui n’ont jamais varié, qui n’ont jamais trempé dans les magouilles, qui n’ont jamais menti. Comme le dit le Chant de fidélité, « pour que toujours sur terre, reste un point de ralliement ».

Propos recueillis par Yann Vallerie

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