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Les vols à la roulotte – lorsque le voleur casse une vitre de voiture pour embarquer les objets de valeur qui y sont laissés – deviennent un nouveau fléau nantais. Avec plus de 6000 faits recensés en 2017 et de 15 à 30 par jour en 2018, parfois plus le week-end, 2018 s’annonce comme un grand cru pour les voleurs. Pourtant, certaines rues sont plus touchées que d’autres. Nous en avons fait un recensement.
Où ont lieu les vols à la roulotte ?
En définitive, partout. « Il y a un facteur d’opportunité, par exemple si le voleur voit une veste sur le siège, ou un ordinateur laissé dedans, il casse et l’embarque. La veste, il va regarder s’il y a un portefeuille », explique un garagiste nantais.
Mais encore ? Certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Traditionnellement, l’on parle de Procé – notamment autour de l’avenue des Dervallières, de Madeleine – Champ de Mars – et de Saint-Joseph de Porterie. Mais au vu du nombre de faits, d’autres secteurs se détachent.
Notamment les alentours du parc de la Fournilière (rues de la Convention, Paul Bert), non loin de Bellevue, les arrières du Hangar à Bananes (boulevards de la Prairie au duc, des Antilles), le parking de la Petite Hollande et les abords du square Daviais – ainsi que le quai de la Fosse, les abords du Musée Dobrée (rues Gasselin, Voltaire, Athenas, Monnaie, Montesquieu), ceux de la Préfecture – la rue d’Enfer est la plus touchée, puis la rue du Préfet Bonnefoy, et enfin le quartier qui va de la gare à la rue – festive la nuit – du maréchal Joffre (rues Lorette de la Refoulais, Caillaud, Allonville – à l’ouest de la rue de Coulmiers – Stanislas Baudry…).
Point commun de nombre de ces artères : peu de passage ou d’occasions de s’arrêter. Ce sont des rues souvent isolées, parfois entre de hauts murs (Caillaud) ou tout au moins sans commerces. Cependant la route de Vannes fait exception bien qu’elle soit régulièrement concernée.
Comment sont équipés les voleurs ?
La plupart ont des marteaux de secours, ou Resqme. Un petit marteau sur un porte-clé censé sauver des vies mais devenu le meilleur ami des voleurs : « ça coûte 3 à 5€ en magasin, c’est petit et peu encombrant, facile à jeter si la police arrive », reconnaît un policier nantais. « Ceux qu’on arrête l’ont tous », d’autant que cela se trouve facilement : marchés de plein air, magasins d’accessoires automobiles, stations-service…
Que cherchent-ils ?
Tout ce qui peut leur rapporter. De l’argent liquide – laissé dans un portefeuille ou la veste que vous avez négligemment laissée sur le siège – des smartphones, ordinateurs, des sacs à main. Un voleur à la roulotte – un Maghrébin en situation irrégulière – a ainsi été arrêté rue du Préfet Bonnefoy début juin, en flagrant délit. Il venait de casser une voiture et avait un sac à main volé sur lui.
Certains d’entre eux s’attaquent aux voitures garées sur toute une rue, faisant rapidement une fouille minutieuse (boîte à gants, sièges, coffre) pour trouver du butin. « Ils peuvent faire dix voitures sans rien trouver, mais ils les font toutes car ils savent qu’ils finiront par trouver un pigeon qui a oublié quelque chose », confie un riverain d’une rue fréquemment touchée à l’est de Nantes.
Qui sont-ils ?
Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) et donc des policiers en Loire-Atlantique, reconnaissait en octobre dernier – interrogé par nos confrères d’Ouest-France – que les mineurs isolés (vrais ou faux au demeurant) étaient surreprésentés dans certains faits de délinquance, dont les vols à la roulotte.
En mars dernier, ce sont des Algériens qui ont été interpellés à Nantes pour vols à la roulotte et recel – les uns volaient dans le centre, à raison de plusieurs dizaines de faits par jour, les autres faisaient la navette en avion et revendaient au pays les produits du vol. Parmi les interpellés, deux qui se disaient « mineurs isolés » ont été placés en centre éducatif fermé.
« C’est vrai qu’on arrête beaucoup de Nord-africains », reconnaissait dernièrement un policier en tenue nantais. « Généralement, ils sont bien majeurs, entre 25 et 30 ans voire plus, le genre de ceux qui traînent à Commerce, mais parfois ils sont vraiment mineurs ou tout juste majeurs ». D’ailleurs, certains secteurs particulièrement touchés par les vols à la roulotte coïncident avec ceux où ont été repérés nombre de vrais ou faux mineurs, souvent originaires du Maghreb : les abords de la gare SNCF Nord, le quai des Antilles, les alentours de Commerce et de la Petite Hollande.
Que faire pour éviter les vols à la roulotte ?
« Ne rien laisser dans sa voiture », tranche ce policier. « Pas de vêtement – ils vont casser quand même pour le revendre ou regarder dans les poches, pas de téléphone ou de PC évidemment, pas de sac à main etc. ». Une solution souvent utilisée est de planquer les biens : « ça ne sert à rien, vu que certains cassent toutes les voitures d’une rue, en espérant finir par trouver quelque chose », relève un garagiste, pour lequel « la solution, c’est de disposer d’un parking ou d’en louer un. Enfin c’est la solution tant qu’ils n’auront pas trouvé autre chose ».
Ou que la justice consentira à faire (enfin) son travail. Puisque « nombre de voleurs qu’on arrête sont récidivistes, ils sont archi-connus, ils ne font que ça, c’est vraiment leur métier », relève un policier. « Mais quand ils vont devant le juge ils ont un mois ferme, même s’ils ont un casier long comme le bras. Donc ils ressortent – pour peu qu’ils aillent en prison – et ils recommencent. C’est comme pour bien d’autres choses, on a l’impression de travailler pour rien ».
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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