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Dès qu’une petite minorité devient une grosse minorité, le contexte politique change du tout au tout ; un nouveau rapport de force s’installe. C’est le cas de la France qui était « riche » d’environ 300 000 Maghrébins dans les années 1962 et qui compte aujourd’hui une population musulmane estimée à 6 millions d’individus. On ne vit plus dans le même monde. Évidemment, les gouvernements de droite et de gauche n’ont vu que des avantages à faciliter cette « mutation » – voir, par exemple, la loi sur le regroupement familial œuvre de Jacques Chirac. Pour cette transformation culturelle, aucun président de la République, aucun Premier ministre n’a songé à organiser un référendum ; pourtant la moindre des choses eût été de consulter la population indigène : était-elle d’accord ou pas pour accepter ces apports extérieurs qui allaient bouleverser le fonctionnement des villes et des quartiers ?
Une fois devenue « grosse », la « petite » minorité se découvre des droits, entend vivre à son rythme, s’organise dans des quartiers où l’« autonomie » devient la règle. De véritables principautés dans lesquelles les autorités – et la police – mettent le moins possible le nez – seul moyen d’éviter les embêtements.
La gauche a sa part de responsabilité dans la situation actuelle. « Elle a voulu changer radicalement de prolétariat, au seul motif que l’ancien l’avait déçu par son conservatisme. Elle a donc tout misé sur les immigrés, dont elle a décidé de faire un prolétariat de rechange. Ce faisant, elle a rejoint la gauche de progrès qui a évolué dans le même sens. Sur ce point, le raisonnement des bobos et de Terra Nova ne diffère pas fondamentalement de celui des gauchistes », explique Jacques Julliard (Éléments, mars-avril 2016).
Les capitalistes ont trouvé chez les immigrés une main-d’œuvre abondante, docile et bon marché
Quant aux capitalistes et aux dirigeants des grandes entreprises, ils ont trouvé chez les immigrés une main-d’œuvre abondante, docile et bon marché. Mais également pratique car échappant au cadre syndical habituel. Et suprême avantage, acceptant d’accomplir des tâches que l’ouvrier traditionnel n’accepte plus d’exécuter pour un simple SMIC. Une affaire en or que le Medef qui disposait désormais d’un « outil » formidable pour faire pression sur les salaires, au détriment des travailleurs indigènes (ouvriers et employés). Il ne restait plus aux nouvelles classes urbaines qu’à se servir dans ce vivier afin de doter les enfants de l’indispensable « nounou » ; la domesticité a simplement changé de couleur.
Cette société multiculturelle s’est particulièrement développée dans les grandes villes, donc à Nantes. Ce qui devait arriver arriva : une série d’émeutes à partir du 3 juillet. « Nantes sidérée par ses émeutes urbaines », titre Dimanche Ouest France (8 juillet 2018). Et quelle déception pour le journaliste –François Chrétien – qui découvre la dure réalité : « La sidération gagne l’ensemble de la ville. Nantes la prospère, avec son taux de chômage à 6,8%, ses chantiers en série, ses start-up et sa saison touristique – culturelle de l’été, voit partir en fumée son rêve de mixité sociale ». Pourtant « la municipalité socialiste dépense de gros budgets pour maintenir des services publics et associatifs dans ses quartiers à fort taux de chômage. »
Une enquête dans les fameuses cités aurait été utile
François Chrétien aurait été bien avisé de se livrer à une enquête approfondie dans ces fameuses cités. Par exemple, comment les 3500 habitants du Breil se répartissent-ils ? Pourcentage de la population immigrée. Nombre de chômeurs. Petit tour d’horizon des différentes activités « parallèles » fonctionnant dans le quartier (drogue, trafic d’armes…). Chrétien est donc un journaliste désespéré qui croyait en la « mixité sociale » et qui se trouve confronté, brutalement, aux conflits « ethniques ». Il faut bien appeler un chat un chat… Il ne lui reste plus qu’à remplacer le « rêve » par le vécu – la base du vrai journalisme.
En haut lieu, on peut également sombrer dans la désespérance. L’Ifop vient en effet de demander à un échantillon de 1012 personnes d’attribuer une note sur 10 à Emmanuel Macron, l’appréciation portant sur sa première année d’exercice. C’est sur « la maîtrise de l’immigration » qu’il obtient sa plus mauvaises note : 3,74/10 (Journal du dimanche, 8 juillet 2018). Certes, tous les sondages sont actuellement à la baisse pour le président de la République. « Quel jugement portez vous sur l’action du président de la République ? » Défavorable pour 59% des personnes interrogées (Baromètre IPSOS, Le Point, 28 juin 2018). Quant à la cote de confiance, elle dégringole également : seulement 32% des Français font confiance à Emmanuel Macron (Kantar/Sofres, Le Figaro magazine, 6 juillet 2018). Macron aurait mieux fait de demeurer associé-gérant chez Rothschild : les revenus y étaient plus que confortables et les dossiers de fusions –acquisitions étaient plus facile à traiter que les banlieues.
Bernard Morvan
Illustration : DR
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