Le « cador » Le Drian pape du progressisme

Pour Richard Ferrand, député de Carhaix et président du groupe de marcheurs à l’Assemblée nationale, les choses sont simples : le parti td’Emmanuel Macron doit présenter une liste de « cadors » aux élections européennes de juin 2019 (LCP, jeudi 25 janvier 2018). Comme le révélait un écho du Point (19 juillet 2018), Emmanuel Macron avait demandé à Jean-Yves Le Drian de réfléchir aux européennes. En effet, pour les différents états-majors, trouver une super locomotive pour tirer la liste est un casse-tête. Donc pourquoi pas Le Drian qui possède une bonne image dans l’opinion. Le baromètre Ipsos/Le Point (26 juillet 2018) lui accorde 32 % d’opinions favorables, derrière Jack Lang, Nicolas Hulot et Alain Juppé. Mais seulement 19 % des personnes interrogées souhaitent « lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir » (Kantar Sofres, le Figaro magazine, 6 juillet 2018).

Le Drian pourrait rassembler une majorité de « progressistes » 

Pour Hubert Coudurier, « le ministre des Affaires étrangères reste l’un des hommes forts du gouvernement doté d’une popularité élevée (…) Il pourrait rassembler une majorité de « progressistes » (Le Télégramme, mercredi 25 juillet 2018). Dès le lendemain, dans un communiqué, Le Drian indique qu’il a « renoncé à la présidence de la région Bretagne » ; il s’agit d’une « décision sans retour » (Le Télégramme, jeudi 26 juillet 2018). Mais, dans ce démenti, nulle précision quant à ses intentions pour les européennes. Il faudra attendre la mi-août pour apprendre que « le ministre des Affaires étrangères a décliné la proposition d’Emmanuel Macron de mener la liste LREM aux européennes, mais il s’investira sous une autre forme. A la fin de l’été, Le Drian devrait publier un manifeste sur le progressisme que des élus de droite, de gauche et de LREM signeront. De quoi gagner du temps dans la recherche d’une tête de liste » (Le Point, 16 août 2018).

« Macron trace la ligne diplomatique et je fais le service après-vente »

A la vérité on se demande bien ce que Le Drian irait faire dans cette galère. A 71 ans il ambitionne plutôt de terminer son job au Quai d’Orsay en 2022, en demeurant dans l’ombre du Président. « Macron trace la ligne diplomatique et je fais le service après-vente », a-t-il coutume de dire. Tout le monde se souvient qu’en 2015, pour les élections régionales, il s’était arrangé pour ne pas faire campagne. Prétexte avancé : comme il était ministre de la Défense, il devait donner la priorité à la lutte contre le terrorisme ! Il pouvait se permettre cette fantaisie étant le patron incontesté de la Bretagne. Mais pour les européennes, changement de tempo. D’abord lors de la constitution de la liste : une avalanche de complications avec les prétentions des marcheurs, du MoDem, des ralliés de droite et de gauche, sans oublier les interventions de l’Élysée et de Matignon pour caser tel ou tel. Ensuite se fracir déplacements, meetings, radios et télévisions, rien de tout cela n’enchante Le Drian. Beaucoup d’efforts pour un résultat médiocre : siéger au Parlement européen parmi une foule d’inconnus. Il est préférable de rester à Paris, bien au chaud au Quai d’Orsay, avec quelques incursions en Bretagne pour maintenir l’amitié.

Bernard Morvan

Crédit photo : parti socialiste/Flickr (cc)
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