L’article intitulé « Tom Cruise, légende du cinéma… et prophète de la secte scientologue » paru le 28 juillet 2018 sur notre site, a fait réagir l’Église de Scientologie de France, qui nous répond-ci dessous, par l’intermédiaire de Martine Rhein, responsable des relations publiques :

Votre article mentionne : « Dans l’Église de Scientologie, considérée comme une religion aux États-Unis mais comme une secte en France, accusée de manipulations et d’escroqueries ».

Or le mot « secte » abusivement employé jette systématiquement l’opprobre sur l’Église de Scientologie en France alors qu’elle est considérée comme une religion dans de nombreux pays dont les États-Unis : au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Colombie, en Australie, etc., et alors même que la République française ne reconnaît aucun culte.

De plus, les autorités françaises n’utilisent plus le terme « secte », notamment, à la suite de la parution d’une circulaire du 27 mai 2005 signée par le Premier ministre. En effet, l’expérience a montré que les accusations portées par les pouvoirs publics contre tel ou tel mouvement en le qualifiant de « secte » constituaient des appréciations subjectives et ne permettaient pas de justifier en droit les initiatives prises. Ceci a d’ailleurs récemment valu deux condamnations à la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) prononcées par la justice administrative, pour avoir stigmatisé deux organisations sans pouvoir justifier d’un trouble avéré à l’ordre public.

Bien que ces décisions aient été contestées par la MIVILUDES, il semble que les services du Premier ministre aient tenu à rectifier le tir puisque, suite à la publication d’un rapport sénatorial sur les moyens de faire face à l’évolution de la menace terroriste, la Miviludes a tenu à préciser, dans son communiqué de presse du 19 juillet 2018 disponible sur son site, que :

« Conformément à la circulaire du 25 mai 2005, les listes de sectes publiées lors des commissions d’enquête parlementaire de 1995 et 1999 n’ont plus aujourd’hui qu’une valeur historique. L’établissement d’un tel document ne saurait emporter aucune conséquence de nature juridique et serait contraire aux principes constitutionnels. »

A rappeler que la notion de secte n’a aucune existence juridique.

Votre article évoque le fait que l’Église a été « accusée de manipulations et d’escroqueries ». C’est en effet ce qui lui avait été reproché, mais il convient d’apporter des précisions sur le contexte de cette affaire jugée à Paris.

En effet, durant le procès d’appel, les avocats de l’Église et de ses membres ont tous quitté la barre en raison du caractère inéquitable des débats. Ainsi, la cour a statué dans un procès fantôme, en l’absence des prévenus et de leurs défenseurs.

Seule était présente l’UNADFI qui a eu tout loisir de faire valoir ses moyens en l’absence de toute contradiction.

Or, l’une des raisons pour lesquelles la défense a quitté la barre est précisément que l’UNADFI n’avait pas le droit de participer à ce procès en tant que partie civile, bien que la cour d’appel ait accepté sa présence en dépit de la loi.

A ce sujet, il faut préciser que quelques temps après l’audience correctionnelle, la cour d’appel de Paris, statuant en matière civile, a condamné l’UNADFI pour avoir abusé de son droit de partie civile dans le procès pénal.

Autrement dit, la décision d’appel a été rendue en présence d’une partie qui a eu tous loisirs d’influencer la justice sans avoir pourtant le droit d’être présente.

Peu de temps après cela, la cour d’appel de Paris, une fois encore statuant au civil, a condamné l’État français pour une faute lourde commise dans la même procédure pénale par le procureur de la République.

C’est dire que cette procédure pénale est pour le moins viciée par de nombreuses anomalies.

A Bruxelles, la même tentative d’accuser l’Église de Scientologie d’escroquerie s’est soldée par un échec retentissant du Ministère public, les poursuites ayant été déclarées purement et simplement irrecevables par le tribunal correctionnel pour atteinte au procès équitable, ceci à l’issue d’une procédure fleuve ayant duré 18 ans.

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