Faut-il changer les dates de la fête foraine de septembre à Nantes ?

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Ce 1er octobre, la fête foraine sur le cours Saint-Pierre est finie, les forains démontent leurs manèges. Cependant peu d’entre eux ont eu une bonne fréquentation – les allées ont souvent sonné creux, sauf les après-midis des samedis et des dimanches. Un problème de fréquentation dû à des raisons récurrentes, mais aussi à un pépin d’organisation cette année.

« La foire commençait au premier septembre – donc on n’a pas eu la grande roue », explique un forain. Comment ça ? « Elle était à Avignon, pour la démonter et la remonter, faut huit jours à chaque fois. Il aurait fallu qu’elle parte au 15 août, en perdant toute la dernière quinzaine du mois d’août ». A la place, donc, des auto-tamponneuses, « et il a mis des barrières autour pour éviter qu’il y ait des attroupements et des bagarres, comme ça arrive à chaque fois qu’il y a des groupes d’Africains qui viennent », continue ce forain sans langue de bois.

« Heureusement qu’il y a les après-midis de samedi et de dimanche »

« Heureusement qu’il y a les après-midis de samedi et de dimanche », relève un autre forain, « parce que sinon il n’y a pas un chat. Normalement, on est censés finir à une heure du matin, mais il y en a qui ont plié à 22 heures tellement il n’y avait personne le soir ». Côté Préfecture (cours Saint-André) et dans le bas du cours saint-Pierre, certains manèges et baraques étaient déjà fermés bien avant minuit en semaine. « Mais on reviendra, qu’il y ait ou non du monde, car on achète nos places à l’année et ça fait partie du patrimoine familial – et c’est l’une des dernières grandes fêtes foraines en centre-ville ».

Aux abords, des commerçants tiennent un autre discours : « la fête foraine ne nous apporte presque rien, après, eux, ils se plaignent, mais ils font du chiffre quand même et sont nettement moins surveillés que nous – il y en a qui n’ont pas de caisse enregistreuse, qui ne prennent pas la CB etc. même s’il est vrai qu’ils travaillent beaucoup ».

Selon nos informations, il y a une dizaine d’années, les services fiscaux s’étaient intéressés à des forains dans l’Essonne et avaient trouvé matière à faire un redressement d’ampleur – mais celui-ci n’a jamais été fait, l’inspecteur des impôts qui l’avait présenté avait été lâché par sa hiérarchie suite à de nombreuses pressions, y compris politiques.

Déplacer la fête foraine vers Noël, du 15 novembre au 15 décembre ?

Un cafetier constate que « cela fait des années que les forains viennent en septembre et se plaignent que ça ne marche pas. Ce qui est normal – en septembre, il y a eu la rentrée scolaire, les vacances, les familles n’ont plus d’argent à dépenser, et il faut aussi reconnaître que les jeux et les manèges, c’est hors de prix. Et puis les gens ont de moins en moins d’argent à dépenser », n’en déplaise au ministère de l’Action et des comptes publics qui a pondu 11 graphiques pour faire découvrir dans le JDD (30.09) les « onze indices d’une France qui va mieux ». A peine un publi-reportage.

Au comptoir, un client réplique : « Ce serait mieux de déplacer la fête foraine, par exemple plus vers Noël, du 15 novembre au 15 décembre par exemple, ou sur tout le mois de décembre », au risque de devoir aussi déplacer celle du mois d’avril plus tard dans l’année.

Garder la fête foraine en septembre ou la déplacer dans le calendrier ? Le débat est lancé.

Louis Moulin

Crédit photo : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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