Le remplacement des abribus est à Johanna Rolland ce que les Velib sont à Anne Hidalgo à Paris : un raté retentissant qui permet de s’interroger laquelle, de Johanna ou d’Anne, est la pire et laquelle inspire la plus l’autre dans ses ratés. Si Paris tend à remonter la pente, le remplacement des abribus à Nantes devait être théoriquement achevé au printemps, puis en été… mais il en reste encore, d’après la CGT-Semitan. Pis, les nouveaux abribus ne sont pas fonctionnels… voire moins accessibles que les anciens.

La réunion des délégués du personnel de la TAN en octobre a permis à la CGT de poser la question qui fâche : où en est le remplacement des abribus ? « Sur les 960 abribus du réseau, il en reste 60 à équiper », répond brièvement la direction, qui ne dit pas tout. Certains ne sont pas encore sortis de terre, comme sur la ligne 69 (Sautron – Orvault Morlière) à l’arrêt Porte de Sautron. D’autres ont été installés, mais se sont retrouvés au milieu d’un chantier de voirie, comme les arrêts Gambetta et Bouteillerie des lignes 11 et 12 dans Nantes.

Certains arrêts de bus sont moins fonctionnels et accessibles que les anciens

D’autres ne sont toujours pas fonctionnels. « Il y a des indicateurs à LED pour indiquer les prochains bus dans les arrêts, mais la plupart ne sont pas branchés », indique un voyageur. « Donc il faut regarder les fiches – ce qui suppose de s’y retrouver, donc être de Nantes, ou alors un poteau qui peut se trouver à l’emplacement de l’ancien arrêt, à cinq ou dix mètres comme à Copernic [C1, C3, 23] Ecrit petit en noir sur fond vert, donc de nuit ou quand il pleut, on ne voit rien ».

Pis encore, certains arrêts sont moins fonctionnels et accessibles que les anciens. Et pas seulement car leurs sièges ne permettent pas aux SDF de s’y allonger – ce qu’on appelle « l’urbanisme inhumain ». Pour une ville socialiste et inclusive, ça fait tâche…

Mais aussi car ils se sont trouvés montés sur des espèces de plateformes antidérapantes en aluminium… sans aucune marche ou rampe pour y accéder. Notamment dans des rues en pente – Cassini sur les C1 et C3, Hôtel-Dieu sur les C2 et C3 vers la gare… mais pas que. « Ce qui signifie que dans une ville où le maire, Johanna Rolland, ne cesse de prêcher l’accessibilité à tous et le vivre-ensemble, les personnes à mobilité réduite en fauteuil sont priées d’attendre leur bus sous la pluie. Bravo », ironise un riverain, qui parle d’un « gâchis terrible, et en plus avec nos sous comme d’habitude ».

Louis Moulin

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