Le 11 novembre 2018, la France commémorera le centenaire de la Première Guerre Mondiale. Sur tout le territoire français, des évènements (inauguration de plaques commémoratives, dépose de gerbes…) viendront célébrer cet anniversaire notamment avec la venue à Paris d’une centaine de Chefs d’Etat, le jour même de l’Armistice.

Toute l’année, les Français sont par ailleurs très attachés, et ils ne sont pas les seuls eu égard des nombreux Européens qui viennent rendre hommage à leurs ancêtres morts sur le front, à ce patrimoine mémoriel de guerre. Nous vous proposons de découvrir ci-dessous 5 des lieux symboliques les plus plébiscités par les Français sur cette dramatique époque

Verdun (Meuse)

En 1916, à Verdun, s’est déroulée une des batailles les plus importantes et les plus meurtrières de la Première guerre mondiale. Aujourd’hui, il s’agit d’un des lieux de mémoire les plus visités, notamment la citadelle souterraine. Il s’agit d’une ville souterraine qui a joué un rôle majeur pendant la bataille de 1916. Ses fours à pain produisaient jusqu’à 28 000 rations par jour. Le 13 septembre 1916, une cérémonie fut organisée dans l’une de ces galeries afin de remettre à la cité ses premières décorations. Puis, le 10 novembre 1920, y fut désigné le soldat inconnu reposant sous l’Arc de Triomphe à Paris.

Aujourd’hui, vous pouvez visiter une partie de ses galeries souterraines en « wagonnet ». Tout au long d’un parcours reconstitution, des scènes réalistes vous feront découvrir la vie quotidienne des soldats dans ces galeries pendant la bataille de Verdun. En fin de visite, vous assisterez à la reconstitution de la cérémonie du choix du soldat inconnu.

Mais également le monument de la victoire et aux soldats de Verdun : Construit au centre-ville, ce monument fut inauguré en 1929 par le Président Gaston Doumergue. Il offre une vue imprenable sur la ville.  Les 73 marches de l’escalier conduisent à une crypte qui abrite les répertoires des noms des soldats titulaires de la médaille de Verdun.

Il faut bien évidemment aller également à proximité, visiter l’Ossuaire de Douaumont : Monument emblématique du champ de bataille, l’Ossuaire abrite environ 130000 corps non identifiés de soldats français et allemands. Mais aussi le cimetière américain de Meuse Argonne, la butte de Vauquois, la tranchée des baïonnettes. PLus d’infos ici

Le Réseau souterrain d’Arras (Pas-de-Calais) – Les Boves

Un circuit touristique, aménagé dans les sous-sols de la ville, permet de découvrir « l’histoire souterraine » d’Arras. Carrières de craie à l’origine, « les Boves » ont été creusées à partir du Xe siècle et connurent, au fil des âges, de multiples fonctions : caves, silos…

Ce réseau de galeries qui s’étendent sous toute la ville, et même au-delà, servit également d’abri et de lieu de rassemblement aux troupes alliées, en 1917, dans l’attente d’une offensive décisive : « la Bataille d’Arras ».

Par ailleurs, la Carrière Wellington est à découvrir également . Elle abrite un mémorial de la bataille d’Arras de 1917, avec comme objectif la mise en avant de la stratégie des soldats, de l’engagement des alliés et de la place de la Ville dans l’histoire de la Première Guerre mondiale. Cet équipement constitue un point d’appui au travail de mémoire sur la Première Guerre mondiale. Il est destiné à parler de la vie des soldats, plus que de la guerre en elle-même.

Après une descente à 20 mètres de profondeur par un ascenseur vitré, la visite audioguidée et encadrée par un guide-accompagnateur plonge le visiteur dans l’intimité des lieux. Lieu stratégique et lieu de vie, la carrière Wellington préserve le souvenir de ces milliers de soldats cantonnés sous terre à quelques mètres de la ligne de front, avant de s’élancer sur le champ de bataille, le 9 avril 1917 à 5 h 30 du matin, pour attaquer par surprise les positions allemandes. La remontée à la surface, dans les pas des soldats, vous amènera à vivre le choc de la bataille, à travers la projection d’un film.

Conçu comme un lieu de mémoire, le site de la carrière Wellington présente, en surface, un jardin du souvenir et un mur mémorial pour honorer la mémoire des régiments des Première, Troisième et Cinquième Armées britanniques, engagées dans la Bataille d’Arras.

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La Caverne du Dragon (Aisne)

Lors de la Première Guerre mondiale, et dès les premiers mois de l’année 1915, des troupes allemandes investissent une carrière de pierre probablement exploitée à partir du XVIème siècle, sur le Chemin des Dames dans le département de l’Aisne. Plus qu’un abri de fortune, la grotte se transforme vite en enjeu militaire stratégique.
L’une des légendes ayant peut-être inspiré aux Allemands le nom de « Caverne du Dragon » est la présence d’armes, aux sept entrées prêtes à cracher le feu tel le dragon à sept têtes. Les mitrailleuses sont postées. L’ennemi à abattre : les combattants français… Le Drachenhöhle vient de naître, et le sang coule déjà.

Pendant la guerre, il est courant de trouver d’anciennes carrières d’extraction de pierre réaménagées pour les besoins des armées et, particulièrement, dans les plateaux de l’Aisne, dans la région de Soissons. Lorsque les soldats allemands enlèvent la Caverne du Dragon aux Français, ils prennent l’avantage. Le refuge est un emplacement stratégique : la Caverne permet des attaques et des replis par surprise sur le Chemin des Dames, route de crête surplombant les vallées de l’Aisne et de l’Ailette. Protégés du froid malgré une forte humidité, les Allemands transforment la Caverne en une véritable caserne avec postes de tirs et un réseau d’électricité. Alors que les morts s’amoncellent dans les tranchées, l’aménagement allemand dans les artères souterraines se met en place : des dortoirs, une chapelle, un puits, un poste de secours et même un cimetière… Quand ils ne servent pas à protéger de tirs ou d’attaques au gaz, les murs de pierre se parent de souvenirs -parfois religieux- de soldats au repos: dessins ou messages à la fumée de bougie et autres gravures. Pour s’occuper, les plus habiles sculptent des objets en utilisant des balles et des douilles usagées.

Le 25 juin 1917, peu après l’échec dramatique de l’offensive Nivelle, des soldats français remportent une victoire : la prise de la Caverne du Dragon. Ils repoussent peu à peu les Allemands au fond de la grotte. A partir du mois de juillet et jusqu’en octobre 1917, les deux camps ennemis imposent alors leurs frontières intérieures, chacun restant sur le qui-vive. Désormais, le moindre bruit entendu dans les salles de la grotte devient source d’inquiétude…

Devenant site touristique et mémorial de guerre dès 1920, la Caverne du Dragon se visite à la bougie puis à la lampe au carbure. Mêlant galeries souterraines séculaires et scénographie contemporaine, la Caverne du Dragon met en lumière les éléments d’un passé lourd de souvenirs. A l’aide d’animations multiples, par le biais d’objets, de fonds sonores, de vidéos et d’images d’archives, le visiteur se retrouve immergé dans la vie quotidienne du soldat sur le front, dans l’enfer vécu par les Poilus et par ceux d’en face.

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Nécropole de Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais)

En octobre 1914, les troupes allemandes du Prince héritier Rupprecht de Bavière échouent à prendre Arras défendue par les hommes du général Barbot. Refoulées plus au nord, elles prennent pied sur la crête de Vimy et l’éperon de Lorette entre lesquels se situe la ville de Souchez traversée par la route Arras-Lens. De ces hauteurs, l’armée allemande tire un avantage stratégique majeur : le relief forme une barrière naturelle entre le Bassin Minier qu’elle occupe et les plaines d’Artois où les mouvements des armées alliées ne peuvent lui échapper.

Le 9 mai 1915, après six jours de bombardements préliminaires, l’armée française lance une vaste offensive contre ces positions allemandes sur les collines de l’Artois. Si les Français arrivent à reprendre le plateau de Lorette et Neuville-Saint-Vaast, ils échouent à s’emparer de la crête de Vimy où ils ne parviennent pas à consolider la percée des soldats de la Légion étrangère.

Après la guerre, l’État français entreprend l’aménagement de vastes nécropoles où chaque visiteur doit pouvoir prendre la mesure du sacrifice consenti par la Nation. À Ablain-Saint-Nazaire, sur le plateau où se trouvait avant-guerre une chapelle consacrée à Notre-Dame-de-Lorette, le petit cimetière créé après la bataille de mai 1915 par les soldats français sera choisi comme site pour l’aménagement d’une vaste nécropole, où seront accueillies les dépouilles en provenance de plus de 150 cimetières des fronts de l’Artois, de Flandre, de l’Yser et du littoral belge. 20.000 corps identifiés y recevront une sépulture individuelle et les restes de près de 22.000 inconnus seront regroupés dans 8 ossuaires. Lorette devient ainsi la plus grande nécropole nationale française.

Sous l’impulsion de Monseigneur Julien, Évêque d’Arras, est construite dans la nécropole une basilique de style néo-byzantin dessinée par l’architecte Louis-Marie Cordonnier. Face à elle, se dresse une tour-lanterne qui abrite l’un des ossuaires et dont le phare est visible à des kilomètres à la ronde. Une Garde d’honneur, constituée de bénévoles, assure, depuis 1920, l’accueil des visiteurs et ranime, chaque dimanche, la flamme du souvenir.

Mémorial de Thiépval (Somme)

 Le mémorial franco-britannique de Thiepval est l’un des plus imposants monuments commémoratifs au monde. Inauguré en 1932, il recense les noms de plus de 72 000 soldats disparus dans les combats.
Entretenu par la Commonwealth War Graves Commission, le Mémorial rappelle que la Bataille de la Somme, du 1er juillet au 18 novembre 1916, fut la plus sanglante de la Grande Guerre avec 1 200 000 victimes. Des centaines de milliers de visiteurs (dont une large majorité de Britanniques) se rendent chaque année en pèlerinage sur ce site de mémoire.

Crédit photos : DR
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