[Reportage sur la Grande guerre] Les cicatrices de Verdun

A LA UNE

Le 19 décembre 1916 s’achevait la bataille de Verdun, qui avait débuté dix mois plus tôt.
Avec plus de 300 000 morts, dont 163 000 dans le camp français et 143 000 dans le camp allemand, celle-ci restera l’une des plus sanglantes de l’histoire…

Après l’affront du gouvernement, le recueillement du peuple à Verdun

De 2014 à 2018, la France a commémoré le centenaire de la Grande Guerre. La bataille de Verdun fut au cœur des événements solennels organisés en 2016, sa violence ayant marqué le conflit en 1916, et, bien sûr, l’esprit des citoyens des deux pays belligérants.

François Hollande et son gouvernement ont pourtant choqué de nombreux français avec une cérémonie durant laquelle des centaines d’enfants ont couru entre les tombes de la Nécropole Nationale. Il s’en fallut également de peu pour que le rappeur Black M ne vienne lui aussi participer à la mascarade mais une pétition avait permis d’annuler son concert. Breizh Info et divers médias de réinformation avaient relayé l’affaire.

Verdun est en effet un lieu sacré pour tous les Français, le sang y ayant coulé venant de tout le pays et d’une majorité de familles.

Si la colère était légitime, il n’y a de plus grand hommage que de celui d’aller soi-même se recueillir sur les lieux majeurs de la bataille.

Un nouveau Mémorial incontournable

Environ trois ans de travaux, 12,5 millions d’euros dépensés, plus de 1 500 m2 disponibles et 2000 pièces exposées : les grands moyens ont été déployés pour la reconstruction du Mémorial de Verdun, inauguré le 21 février 2016, cent ans jour pour jour après l’ouverture des hostilités dans la région.

Avec une mise en scène réaliste sans être macabre, des vidéos, des explications à foison et une quantité de vestiges de la bataille, le musée est une franche réussite.

En plus de l’aspect historique et militaire, les sujets plus humains et plus tabous comme la Foi des soldats ou le sort des « déserteurs »  sont aussi racontés avec pudeur et dignité.

Les Crucifix et les drapeaux français ornés du Sacré Cœur de Jésus accompagnaient les Poilus et le Mémorial en fournit la preuve.

Armes, équipements et même véhicules sont également présentés aux visiteurs, y compris un avion de chasse astucieusement suspendu au plafond.

Cette visite est idéale pour commencer une journée à Verdun et comprendre ce qui s’y est passé avant de voir les sites historiques.

Tranchées, fort et ruines…les traces de la bataille de Verdun

Le conflit a duré de longs mois et fait des ravages.

Les cicatrices des bombardements sont encore visibles par endroits, les collines de la région n’étant hélas pas naturelles mais le résultat des tirs français et allemands.

Neuf villages ont purement et simplement été rayés de la carte, Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Cumières, Douaumont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux, Louvemont-Côte-du-Poivre, Ornes, Vaux-devant-Damloup.
L’on peut parfois en apercevoir quelques ruines, notamment celles de l’ancienne église d’Ornes, mais le vent de la destruction est bel et bien passé à Verdun et ses alentours.

L’immersion est déroutante lorsqu’on pénètre dans les tranchées encore creusées, bien qu’elles soient moins profondes et n’aient plus l’allure d’autrefois.

D’autres édifices se visitent, comme la citadelle souterraine, construite par Vauban au 17ème siècle et point stratégique de la bataille de Verdun deux siècles plus tard, ou encore le Fort de Douaumont, lui aussi courtisé par les deux camps lors du conflit.

A l’intérieur du Fort de Douaumont

Occupé tour à tour par les Allemands et les Français, toute une vie s’articulait dans ce sinistre endroit, surplombé aujourd’hui par le drapeau des ennemis du siècle dernier.

L’Ossuaire de Douaumont et la Nécropole Nationale

Si le gouvernement français de 2016 a fait courir des enfants dans les allées de la Nécropole de Nationale, située devant l’Ossuaire de Douaumont, la norme y est évidemment le silence et la discrétion.

On compte environ 16 000 tombes, un chiffre qui laisse sans voix et impose le respect.

Il est possible de prendre de la hauteur en grimpant dans l’Ossuaire, érigé en 1932 et largement rénové en 2016. A 42 mètres de haut, la « mer de Croix blanches » est impressionnante.
Comme son nom l’indique, l’Ossuaire conserve des ossements de soldats tombés ; ceux qui le souhaitent peuvent se recueillir dans la chapelle.

Sur la façade extérieure sont frappés les blasons de toutes les villes de France.

Plus de 500 000 personnes sont venus saluer les soldats de la bataille de Verdun en 2016.
Et combien de lecteurs de Breizh Info en 2020 ?

Alexandre Rivet

Crédit photos : Breizh Info
[cc] Breizh-info.com, 2019, 
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