J’ai fait un rêve cette nuit qui s’appelait Europe. Laissez-moi vous le raconter. J’étais si bien dans ce rêve.

Tout a commencé du côté de Brest. À côté d’une école. J’y entendais les enfants parler breton, français, anglais, rire, chanter, innocents enfants qui avaient l’air si heureux. Je découvrais également des parents eux aussi souriants, les mines détendues, l’air apaisé, en sécurité, prenant leur temps.

Nous étions pourtant du côté de Pontanézen, qui fût jadis un quartier à très mauvaise réputation et qui paraissait métamorphosé. Plus de barres d’immeubles, mais des maisons. Une population majoritairement de souche européenne. Des entreprises florissantes, des fleurons de la haute technologie, notamment maritime.

La Bretagne était en effet devenue un des poumons maritimes de l’Europe, une sorte de Silicon Valley de l’énergie marine, ce qui avait permis à la région de devenir particulièrement riche économiquement et d’inspirer le continent entier et même des spécialistes du monde entier venus, à l’occasion d’études uniquement, visiter les nouvelles installations qui fleurissaient dans la cité du Ponant.

Plus de délinquance donc à Pontanézen, plus vraiment de police non plus, car chaque citoyen d’Europe effectuait son service civique tout au long de sa vie. Quelques semaines par an, à servir, dans la police régionale, la gendarmerie nationale, ou dans l’armée européenne. Et pour ceux qui ne voulaient pas servir dans ces trois corps, ils pouvaient également servir dans les services régionaux, nationaux, ou européens, des pompiers, des secours, des hôpitaux…

Le citoyen européen, qu’il soit breton, alsacien, lyonnais, bulgare, gallois ou croate, était en effet devenu un citoyen complet, avec son travail certes, mais aussi avec l’obligation, le devoir, d’accomplir un engagement permanent pour sa communauté, pour son continent, tout au long de la vie. La politique, la vie de la cité, avait enfin retrouvé ses lettres de noblesse.

Dans toute l’Europe, divisée en échelons locaux, régionaux, nationaux et continentaux, qui pouvaient adapter certaines lois européennes à leur échelon (comme on peut adapter le droit du travail à une convention collective), les citoyens avaient les mêmes droits et devoirs. Le service public européen était le même pour tous, de Brest à Vladivostok. Les mêmes hôpitaux, les mêmes postes, la même qualité de soins et de service, partout, dans toute l’Europe. La gratuité du service public était la règle, là encore sur tout le continent.

À l’école, on apprenait l’histoire de la même civilisation, ainsi que son histoire régionale et nationale. On parlait plusieurs langues.

Il n’était plus question d’école obligatoire à 2 ans, ou de dissertation sur le féminisme et l’antiracisme en 6e.

Il n’était plus question d’enfant roi, ou de remise en question de l’autorité du professeur. Il n’était plus question de se moquer de son voisin qui ne portait pas telle ou telle marque : tout le monde en uniforme ! Il n’était plus question de rééducation mentale, d’égalitarisme ni de pédagogisme, mais d’ambition, de mérite, de challenge, de créativité, d’instruction. L’enfant était au sein d’un système qui l’obligeait à réaliser une partie de ses études loin de chez lui, dans deux autres régions d’Europe et ailleurs dans le monde obligatoirement pour les études supérieures. Il achevait sa première partie de scolarité par un examen en sortie de CM2 validant sa capacité à lire, écrire, compter et à connaitre son histoire.

Jusqu’à cet examen, le père ou bien la mère pouvait toucher, s’il le souhaitait, un salaire parental de 2000 € net par mois, augmenté de 500 € par enfant à charge jusqu’au troisième enfant seulement (pacte écologique et démographique oblige). Puis, dans un cycle unique sur 7 années minimum, l’enfant allait au collège et étudiait le matin, puis apprenait un métier, un sport, un art l’après-midi, dans l’optique d’avoir acquis tout un panel de compétences à 18 ans.

Elles étaient heureuses, ces nouvelles générations d’Européens enfin libérées de l’oppression mentale dans laquelle des cerveaux malades les avaient cantonnées durant quelques décennies.

Des cerveaux malades qui avaient finalement été regroupés selon leur volonté dans la ville de Roubaix, ville indépendante de l’Europe dans laquelle ils pouvaient mener leurs expériences librement. Véganisme, féminisme, antiracisme, mixité sociale, tolérance pédagogisme, antiracisme, tout cela avait finalement tourné très court, si bien que l’Europe entière se pressait désormais pour visiter la ville de Roubaix baptisée « Musée Frankenstein ». Un musée pour ne pas oublier que l’Europe avait connu ses heures sombres, au 20e et 21e siècle.

Il n’était par ailleurs plus question en Europe d’un quelconque conflit entre Européens. Les guerres civiles décidées par les cours royales d’Europe et quelques oligarques, guerres qui avaient ravagé toute une partie de la jeunesse d’Europe en 1914-1918 puis en 1939-1945, avaient entraîné par la suite de profonds changements sur le continent (décolonisation, immigration massive en Europe, montée de l’islamisme, insécurité sociale, économique, culturelle…). Elles étaient désormais derrière ces Européens qu’ils soient slaves, celtes, latins, germains.

Dans chaque ville d’Europe, un petit monument, représentant deux soldats d’Europe se serrant la main, indiquait, dans toutes les langues européennes : « plus jamais ça ». Pour ne jamais oublier.

Ils avaient en effet compris, malheureusement dans l’adversité à laquelle ils furent confrontés durant des années de la part de puissances économiques comme la Chine, les USA, mais aussi les monarchies pétrolières du Golfe, que leur survie passait nécessairement par l’union.

Que les guerres qu’ils s’étaient menées durant des siècles et des siècles n’avait jamais atténué, jamais fait disparaître, cette sensation, intime, profonde, d’appartenir à une lignée, à une civilisation bien particulière, distincte du reste du monde.

Ils avaient compris également la nécessité de maintenir des frontières et des limes, à l’extérieur de l’Europe. Parce qu’un continent se définit avant tout par rapport à ses frontières.

Parce que surtout, ils avaient dû faire face, tous ensemble, à la plus grande invasion démographique jamais rencontrée par l’Europe. Une marée humaine venue d’Afrique notamment, bien aidée et manipulée par des collaborateurs sans scrupules qui, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, avaient fait de la destruction de l’homme Européen, de l’homme blanc, leur plus grande mission, eux qui pourtant se plaisaient à vanter la diversité, le mélange des couleurs, le pluralisme.

Des années durant, le chaos s’était emparé de toute une partie de l’Europe. Violences communautaires, violences sexuelles, violences religieuses. Chaque pays, chaque ville, chaque quartier d’Europe de l’Ouest étaient touchés, tandis qu’à l’Est, les populations avaient déjà commencé à faire face, à se préparer, à refuser ce qui s’appelait à l’époque « le modèle multiculturel ». Il consistait à forcer des gens de différentes civilisations et religions ne souhaitant pas vivre ensemble à se mélanger. Longtemps, on a cru à l’éclatement d’une guerre civile frontale, entre les ethnies, les communautés, notamment en France, en Belgique, au Royaume-Uni.

Et puis il y eut une accélération de l’histoire sans précédent. Des sécessions à l’intérieur d’États européens, des affrontements sporadiques entre populations, entre corporations, des oligarques déboulonnés jugés et emprisonnés, des changements institutionnels, la création d’une armée européenne, des monarchies du Golfe réduites militairement à néant, une alliance de l’Europe avec la Russie, l’éclosion de leaders africains charismatiques, partisans de la remigration de leurs populations et de la mise à l’eau des sociétés chinoises, occidentales et des islamistes pillant les richesses de ce continent. Une baisse de la démographie imposée par la COP 28 pour les continents les plus nocifs écologiquement.

Le phénomène n’était pas qu’européen, il était mondial. Chaque peuple de la planète a commencé à prendre conscience des limites et de l’impasse de la société ouverte et mondialisée des amis de Georges Soros. Oui, le monde a des limites, les continents ont des limites, les communautés ont des limites, l’homme a des limites. Il a simplement fallu inverser le logiciel qui avait été injecté dans le cerveau des peuples du monde via les GAFA. Et tout est rentré dans l’ordre. Fermement au départ avec les derniers esprits contaminés, puis tranquillement ensuite.

Et quelques générations plus tard, à Brest Pontanézen, comme à Molenbeek, à Mostar, à Budapest, à Stockholm ou à Finsbury Park, se retrouvaient des parents d’élèves, fils et filles d’Europe, heureux d’aller chercher leurs enfants à l’école, dans une société homogène, sécurisée, évoluée technologiquement, apaisée humainement.

« Notre vengeance sera le rire de nos enfants » (B. Sands).

J’ai fait un rêve cette nuit, qui s’appelait Europe.

Julien Dir

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