Au sens propre, le spectacle de Gaspard Proust lundi soir (26 novembre 2018) au palais des congrès de Nantes fut une réussite avec une salle comble pour cet artiste globalement peu présent dans les médias mainstream et aux spectacles rares.

Il attire cependant un public nombreux, plutôt quadragénaire et CSP+.

Au sens figuré, Proust, c’est l’assurance de voir dézingués tous les poncifs du politiquement correct et du vivre ensemble. Le vivre ensemble c’est d’ailleurs la cible préférée de l’artiste qui ne loupe aucun des être modernes qui l’illustrent.

En vrac : le bobo, le gauchiste, les féministes (avec une dédicace saignante pour Christine and the Queen ). Il ne faut pas être femme non plus, ni musulman (sa cible préférée), ni juif, ni bourgeois, ni amoureux.

En réalité Gaspard Proust se plaît à piétiner deux choses: les poncifs et les sentiments. Adeptes de l’humour bisounours, s’abstenir. Amateurs du décapage à l’acide, se précipiter!

On ne peut qu’apprécier en tout cas l’éloquence de l’artiste qui déverse dans un rythme effréné une heure trente de texte préparé au millimètre dans un français parfait. Aucun décor, aucun artifice. Tout au plus Proust a t il revêtu une culotte de peau tyrolienne plus par goût de l’équivoque et de la provocation que par patriotisme suisse dont il est issu.

Ancien trader, Gaspard s’y connaît en cynisme et actuel parisien, il sait appuyer là où sa fait mal sur toutes les contradictions des bien pensants. Décomplexé sur le passé français, il nous livre une petite dédicace sur l’époque esclavagiste des nantais, disons …très éloignée du Mémorial de la même ville!

Pour ceux qui pensent qu’on ne peut pas tout dire en spectacle, Gaspard Proust nous prouve le contraire.

Pourvu que çà dure !

Sigisbert Clément 

Crédit photo : DR
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