Macron est impopulaire dans la rue – le mouvement des Gilets jaunes le montre. Mais, en démocratie, ce sont les urnes qui décident. De ce fait il en faudrait davantage que l’actuel bouillonnement pour passer à la « VIe République » que réclament certains Gilets jaunes.

Une photo publiée à la une du Télégramme (mardi 20 novembre 2018) résume bien la situation. On y voit un Gilet jaune photographié de dos avec un gwen-ha-du à la main. On peut lire sur son gilet l’inscription : « Macron dégage, tu es foutu ». Samedi 8 décembre, à Fougères, ils étaient 150 Gilets jaunes à défiler aux cris de « Macron démission » et de « Macron, t’es foutu, les Fougerais sont dans la rue » (Dimanche Ouest-France, Ille-et-Vilaine, 9 décembre 2018). On voit l’ambiance…

Que les sondages ne soient guère favorables au président de la République ne change rien à l’affaire. 76% des Français sont « mécontents » (45% sont même « très mécontents ») d’« Emmanuel Macron comme président de la République » (Ifop, Journal du Dimanche, 16 décembre 2018). Ils sont également 76% à porter un jugement défavorable « sur l’action du président de la République » (Ipsos, Le Point, 13 décembre 2018).

Mais de là à croire que M. Macron va rendre son tablier et retourner chez Rothschild, c’est prendre ses désirs pour des réalités. En effet l’article 6 de la Constitution est clair : « Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. »

Si Macron démissionnait, il serait réélu facilement

Mais ce n’est pas tout, même s’il tentait un coup de poker, en démissionnant et en se représentant, Macron serait réélu facilement ; c’est ce que montre un récent sondage (Ifop, Journal du dimanche, 16 décembre 2018).

En effet, si on refaisait le match de 2017, il l’emporterait dans tous les cas de figure. Le premier tour le qualifierait pour le second – le décisif – que se soit avec François Fillon ou Laurent Wauquiez. Certes, dans la première hypothèse, Marine Le Pen arriverait en tête avec 27% et Macron suivrait avec 25%, tandis que dans la seconde, les deux seraient au coude à coude avec 27,5%. Rappelons que le 23 avril 2017, Emmanuel Macron avait obtenu la première place avec 24,01% ; il consolide donc son socle de départ.

Un second tour face à Marine Le Pen ressemblerait à une promenade de santé pour Macron. Il suffirait de réactiver toutes les ficelles qu’affectionne le Système : «  les valeurs de la République », la « démocratie », le « populisme » etc. Droite et gauche uniraient leurs efforts pour barrer la route au « fascisme ». Et on continuerait comme avant.

Bernard Morvan

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