François Hollande songe-t-il au « discours de Plérin » ?

Professionnel de la politique, François Hollande ne sait pas faire autre chose. Effectivement, diriger le PS pendant dix ans n’est pas donné à tout le monde. C’est encore plus compliqué que de diriger la République française. Fort de ces deux expériences, Hollande songe à revenir aux affaires. Si le succès de son récent livre l’y encourage, les sondages, eux, sont carrément négatifs. Mais il continue à ramer.

François Hollande « l’a confié à quelques uns de ses fidèles : oui, il a bien l’intention de retenter sa chance en 2022 et de présenter à nouveau sa candidature à l’élection présidentielle. Problème : les destinataires de ces confidences sont perplexes mais n’osent pas le dissuader ! » (L’Obs, Le Téléphone rouge, 1er novembre 2018). Gaspard Gantzer, qui était son conseiller en communication à l’Élysée, est du même avis : « Il veut revenir. Mais on est entrés dans un nouveau cycle ; les gens réclament du renouvellement et du rajeunissement » (Journal du dimanche, 28 octobre 2018). « En 2017, François Hollande a eu un rendez-vous manqué avec les Français, ce livre lui permet une forme de reconquête », décrypte son ancien conseiller à l’Élysée Bernard Poignant, encore sidéré par le succès à la librairie Ravy de Quimper, le 12 mai (Le Monde, vendredi 8 juin 2018).

Effectivement, Les leçons du pouvoir (Stock, 288 pages) constituent un succès de librairie avec 150 000 exemplaires vendus en décembre. « 97 villes ont été visitées depuis la publication du livre, en avril, avec une moyenne de 350 personnes par librairie. « Avec une pointe de 1200 dans l’hypermarché Leclerc de Plérin, près de Saint-Brieuc », se félicite son entourage (Le Figaro, vendredi 28 décembre 2018). Hollande se voit donc encouragé à délivrer ce mot d’ordre aux responsables socialistes locaux qu’il rencontre : « Tenez-vous prêts. »

Aucun lien entre la popularité de Hollande et le succès de son livre

Pourtant quelques obstacles de taille se dressent sur son chemin. D’abord, seuls 17% des Français veulent un retour de l’ancien président (Ifop, Le Figaro, jeudi 23 août 2018). Ensuite au classement des personnalités politiques établi par l’Ifop, il se classe à la dix-septième  place en décembre, car il n’y a que 37% des sondés à avoir une bonne opinion de lui (Paris-Match, 13 décembre 2018). En janvier 2018, ils étaient 37% à se trouver dans ce cas (Paris-Match, 18 janvier 2018). Donc aucun lien entre la popularité de Hollande et le succès de son livre. Ce qui fait dire à Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop : « Il n’y a ni nostalgie, ni relecture bienveillante du quinquennat de François Hollande » (Le Figaro, vendredi 28 décembre 2018).

Les 1200 Bretons qui ont fait dédicacer leur ouvrage par François Hollande à Plérin lui ont-ils posé les bonnes questions ? Par exemple, quelle suite entendait-il donner au discours du Bourget : « Mon véritable adversaire, c’est la finance » ? (Dimanche 22 janvier 2012) A-t-il l’intention de leur refaire le coup pour la campagne de 2022 ?

Rassurer les financiers

En attendant ce nouvel épisode, ils pourront lire utilement le chapitre consacré à François Hollande dans le livre La République des traîtres (Tallandier). Un passage devrait les aider à perdre leurs illusions. Emmanuel Macron « rejoint en 2010 les partisans, rares alors, du futur candidat socialiste et commence, dans la plus grande discrétion, Rothschild oblige,  à réunir régulièrement un groupe d’économistes pour préparer l’arrivée à l’Élysée de François Hollande. C’est à ce titre qu’il lui reviendra, tout naturellement, en janvier 2012, après le fameux discours du Bourget, essentiel dans la conquête des électeurs de gauche par Hollande, de rassurer le monde financier français et européen. Le candidat socialiste, ovationné, a dit que son ennemi était la finance, il a imprudemment promis qu’une taxe de 75% frapperait les revenus supérieurs à un million d’euros. Qu’à cela ne tienne : Emmanuel Macron, qui à cette occasion revendique son expérience dans la banque, prend son bâton de pèlerin et s’en va, partout où il peut, à Londres et ailleurs, apaise les financiers. »

Une méthode qui a fait ses preuves en 2012 pourrait servir à nouveau en 2022 – avec le discours de Plérin, par exemple. Mais Emmanuel Macron sera-t-il encore disponible ?

Bernard Morvan

Crédit photo : ActuaLitté/Wikimedia (cc)
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