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Pour nombre de salariés, démissionner était jusqu’alors un saut dans le vide sans aucune contrepartie financière. Mais les choses ont changé depuis le 1er janvier. Sous certaines conditions.
Démission : quelles nouveautés ?
Si l’envie de changer de métier ou d’horizon se fait souvent sentir lorsque l’on est salarié, franchir le cap est matériellement beaucoup plus compliqué. Pour une personne désirant quitter son poste, la démission était une option peu rassurante puisqu’elle ne permettait pas, sauf à de rares exceptions près (retard de salaire, conjoint violent, création d’entreprise), de toucher d’allocations chômage par la suite. Une situation qui a évolué depuis le 1er janvier 2019 puisque une nouvelle indemnisation a été validée dans le cadre de la loi « Avenir professionnel ».
Dorénavant, les conditions pour se voir attribuer ces allocations sont plus souples. Le salarié démissionnaire qui souhaite bénéficier de ses droits au chômage doit répondre aux critères suivants :
- présenter une aptitude au travail
- justifier d’une recherche active d’un emploi
- présenter des conditions d’activités antérieures spécifiques (d’au moins cinq ans)
- avoir un projet concret de reconversion professionnelle ou de création d’une entreprise présentant un caractère jugé réel et sérieux par la commission paritaire interprofessionnelle régionale
L’occasion d’une reconversion ?
Avec ces nouvelles dispositions, la perspective d’une reconversion pour les salariés ayant un tel projet est donc facilitée. Mais celle-ci se fait tout de même sous l’oeil de Pôle emploi, qui vérifiera la mise en place effective de démarches par le nouvel indemnisé pour se reconvertir. À défaut, les paiements de l’allocation chômage seront suspendus.
Voilà toutefois une mesure qui peut inciter les plus frileux à franchir le pas pour se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle. Une possibilité plutôt encourageante lorsque l’on s’intéresse aux dernières enquêtes concernant le bien-être au travail des salariés hexagonaux. En 2017, le baromètre national du Bonheur au travail indiquait par exemple que seulement 23 % des actifs étaient très satisfaits dans leur travail. Ils étaient en revanche 18% à être très insatisfaits. Autre information peu réjouissante, 13 % d’entre eux étaient prêts à tomber dans le mal être professionnel.
Cette plus grande souplesse dans l’indemnisation des salariés démissionnaires peut ainsi constituer une opportunité pour tous ces résignés du travail qui ne parviennent pas (ou plus) à s’épanouir dans leur actuel emploi.
Enfin, si cette loi « Avenir professionnel » se veut donc plus indulgente en cas de démission, un autre décret paru au Journal officiel le 30 décembre 2018 prévoit un durcissement des sanctions contre les demandeurs d’emploi qui ne respecteraient pas leurs obligations. Sont notamment visées la non-recherche active d’un emploi et l’absence aux rendez-vous Pôle emploi. Avec, en guise de sanction, une suppression pure et simple des allocations. Une raison supplémentaire de prendre son avenir professionnel à bras le corps !
Crédit photo : Flickr (CC0/Pôle emploi)
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