« Fils de paysan » : quand Philippe Royer appelle la France à sortir du virtuel et à retrouver le réel

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Avec Fils de paysan, notre bon sens commun (Fayard), Philippe Royer publie un ouvrage qui ressemble moins à un essai qu’à un rappel collectif : celui d’un pays qui s’est éloigné de ses fondations et qui aurait, peut-être, intérêt à retrouver la simplicité, la cohérence et la stabilité d’un monde qu’il croyait dépassé. Né dans une petite exploitation agricole de l’Orne, l’auteur raconte une enfance façonnée par le travail, la sobriété et une forme de joie tranquille que la modernité n’a pas su remplacer. Mais il ne se contente pas de regarder en arrière : son livre interroge la France d’aujourd’hui, ses fractures, ses renoncements et les chemins possibles d’un redressement.

Royer n’idéalise pas le passé. Il le regarde comme une source. Ce qu’il appelle le « bon sens paysan » — ce rapport au temps long, cette connaissance de la nature, cette responsabilité quotidienne, cette modestie sans misère — structure l’ensemble de sa pensée. Lorsqu’il retrace son parcours, de l’exploitation familiale à la direction d’une entreprise devenue vingt fois plus importante en vingt-cinq ans, il affirme y voir un fil rouge : ce qu’il a reçu jeune l’a protégé de la tentation du virtuel, du bavardage ou du renoncement.

Il décrit une France qui s’est peu à peu déconnectée du réel, au point de perdre la capacité d’assumer ce qui relève du concret : la transmission, l’effort, la continuité des liens, la protection des plus fragiles et l’autorité nécessaire pour faire tenir un pays. Il ne cherche pas l’outrance. Il constate, avec calme, que la société s’est habituée à croire qu’elle pouvait vivre sans ancrage, sans règles, et parfois même sans travail. Ce décalage entre la culture rurale d’hier et la sociologie de demain est au cœur de sa réflexion : « on a coupé les racines en espérant que quelque chose de neuf pousserait », dit-il. Il estime que c’est ce pari-là qui a échoué.

Sa vision n’est pas que sociologique : elle est aussi spirituelle. L’ancien président des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens revendique une foi catholique redevenue centrale dans sa vie, non pour moraliser le politique, mais pour unifier l’homme. À rebours de la fragmentation actuelle, il défend l’idée qu’on ne devrait pas être un individu au travail, un autre en famille, un troisième dans la vie intérieure. Pour lui, cette cohérence personnelle est une condition pour agir avec justesse dans le débat public.

Il aborde également sans détour les questions liées à l’intégration, à la sécurité ou à l’autorité, refusant à la fois le déni et l’hystérie. Royer ne nie pas que la société française soit devenue plus fragile, plus violente, plus incertaine. Il dit simplement que l’État doit redevenir un garant, faute de quoi chacun finit par se protéger seul. Il estime que l’assimilation doit redevenir une exigence claire et non un slogan abstrait, parce que la communauté nationale — qu’on la voie comme héritée ou choisie — suppose un cadre culturel, linguistique et civique.

L’ambition du livre n’est pas de théoriser un programme politique. Elle est de rappeler ce qui a fait tenir la France : le travail, la responsabilité, la communauté, la culture, l’effort partagé, la continuité des familles et la foi de ceux pour qui la vie ne se résumait pas à l’individu. Il parle d’espérance, non comme d’un optimisme naïf mais comme d’un choix volontaire, presque combatif. Royer pense que le pays devra affronter encore des mois difficiles, mais que ce chaos peut être une occasion de reconstruction à condition que les élites cessent de se réfugier dans l’abstraction.

Fils de paysan n’est donc pas un livre nostalgique. C’est un livre d’alerte — et de reprise d’appui. Royer ne dit pas « c’était mieux avant ». Il dit : « nous avons oublié ce qui nous permettait d’aller vers l’avenir ». Il ne propose ni fuite, ni colère, mais un redressement exigeant, fondé sur des valeurs anciennes qui ont prouvé leur efficacité : le travail, la responsabilité, l’enracinement, la fidélité et l’espérance.

Crédit photo : DR
[cc] Article relu et corrigé par ChatGPT. Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 réponses à “« Fils de paysan » : quand Philippe Royer appelle la France à sortir du virtuel et à retrouver le réel”

  1. Durandal dit :

    Bonjour,

    Attendre de l’état une réaction ???? C’est favoriser le problème que l’on dénonce. Car pourquoi tous ces gens se sont-ils laisser corrompre si ce n’est parce qu’ils n’avaient plus la foi en leur culture et qu’ils ont justement fait confiance en l’état ?

    Cdt.

    M.D

  2. JLP dit :

    Se recréer des communautés microlocales et locales, des solidarités claniques, géographiques, professionnelles, sportives, culturelles, c’est le début du bon sens… à condition d’y intégrer les jeunes générations ! Le « bon vieux temps » ne reviendra pas, mais il peut nous offrir des modèles transposables.

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