Le processus d’intégration du Donbass avec la Russie s’accélère

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Le 28 janvier 2019, le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Denis Pouchiline, a annoncé que le processus d’intégration de la République avec la fédération de Russie était entré dans une phase intensive.

« L’intégration du Donbass avec la Russie est entrée dans une phase intensive. Mais il est trop tôt pour dire que cela sera achevé demain, » a déclaré Denis Pouchiline aux journalistes.

L’intensification du processus d’intégration se reflète dans la signature d’un accord de coopération interparlementaire entre la République de Crimée et les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), plus tôt ce mois-ci.

Si la signature d’accords d’amitié et de coopération avec l’Ossétie du Sud pouvait passer pour une connexion indirecte avec le pays voisin, cette fois c’est un des sujets de la fédération de Russie qui a signé un accord avec les deux jeunes républiques.

Si on ajoute à ça que la Russie est en train de simplifier l’octroi de la nationalité russe pour les gens du Donbass et ceux qui fuient l’Ukraine, et que l’internet en RPD et en RPL passe désormais par la Russie et non plus par l’Ukraine, on comprend bien vers quelle issue le Donbass se dirige : la sécession définitive avec Kiev et l’intégration avec le grand frère russe.

Denis Pouchiline a aussi souligné que des entreprises de la RPD vont participer à des événements et expositions en Russie, et que cette accélération intensive du processus d’intégration était lié à la rhétorique agressive de Kiev.

« À en juger par la rhétorique agressive et négative de Kiev, le Donbass va s’éloigner de Kiev, et se rapprocher de ce vers quoi il se dirige (l’intégration avec la Russie NDLR) », a ajouté le chef de l’État.

Il faut dire que ce n’est pas en déclarant publiquement que l’Ukraine n’accordera pas au Donbass le statut spécial qui doit pourtant être mis en place d’après les accords de Minsk, que Petro Porochenko (le président ukrainien) va convaincre la RPD et la RPL de retourner sous le giron ukrainien.

Ce n’est pas non plus ainsi qu’il va convaincre la Russie de ne pas continuer et accélérer ce processus d’intégration du Donbass, et de ne pas tourner le dos d’une certaine façon à l’Ukraine.

Car ce n’est pas autrement qu’il faut prendre deux déclarations récentes d’Alexeï Pouchkov, sénateur russe, qui a ni plus ni moins proposé de ne pas reconnaître le résultat des élections présidentielles ukrainiennes si celles-ci sont manifestement frauduleuses (rompant ainsi avec ce qui avait été fait en 2014, où la Russie avait reconnu l’élection de Porochenko à cause de ses promesses électorales de mettre fin à la guerre dans le Donbass), et qui a par ailleurs proposé de laisser les Ukrainiens sans gaz pour leur apprendre la dure réalité.

« Nous négocions de nouveaux contrats avec eux, mais quel genre de nouveaux contrats avec Naftogaz ? C’est une nouvelle occasion pour eux de parasiter le transit [de gaz NDLR], de nous traîner devant les cours internationales, de nous poursuivre en justice, d’exiger des compensations insensées. Vous savez qu’ils réclament 12 milliards de dollars en compensation pour la période où Nord Stream 2 commencera à fonctionner et qu’ils vont perdre des profits. On n’a jamais vu une chose pareille, ils vont perdre 12 milliards en cinq ans et la Russie doit payer d’avance pour cela ! », a-t-il déclaré.

Pour Alexeï Pouchkov, il est temps de laisser l’Ukraine présomptueuse baigner dans son jus, afin que Kiev apprenne ce qu’est la réalité.

« Il me semble que les autorités de Kiev doivent rester seules avec leurs absurdités. Laissez-les cuire là-bas sans transit, et, si nécessaire, sans gaz, ce n’est pas grave. Laissons-les regarder la réalité en face, il y en a assez de les épargner tout le temps. Maintenant il faut faire preuve d’une grande fermeté, » a conclu Alexeï Pouchkov.

Il faut souligner que ces propos n’ont pas été tenus par un politicien que l’on pourrait qualifier d’extrémiste, ou qui tient régulièrement des propos provocateurs.

Alexeï Pouchkov est non seulement sénateur, et président de la commission pour l’information et la coopération avec les médias du conseil de la fédération de Russie, mais il est aussi journaliste, politologue et historien. Il a écrit plus de 400 articles d’analyse et travaux scientifiques, ainsi que deux livres, dont un sur la géopolitique et la Russie.

Quand il tient ce genre de propos, ce ne sont pas des mots jetés en l’air sans avoir réfléchi à leurs conséquences. Une partie des politiciens russes semble faire le deuil du lien privilégié (et historique) qui existait entre la Russie et l’Ukraine, et comprennent que les prochaines élections présidentielles ukrainiennes n’apporteront aucun changement positif de la situation.

Le divorce semble donc acté, et se reflète dans cette accélération du processus d’intégration du Donbass avec la fédération de Russie, et cette simplification intensive de l’obtention de la citoyenneté russe pour les habitants de la RPD et de la RPL.

Christelle Néant

Source :   Donbass Insider

Note de la rédaction :

Selon un spécialiste de la Russie, à qui nous avons soumis cet article, parler d’ « intégration » ce serait trop vite dit. Selon lui les Russes prennent acte de la situation (cours anti-russe de Kiev avant ou après les élections, ruine de l’Ukraine depuis 2014, maintien du Donbass, millions de réfugiés ukrainiens en Russie qui parlent russe et sont en âge / compétence de travailler, manque de main d’oeuvre, nécessité de rééquilibrer l’immigration de travail en provenance d’Asie centrale, criminogène et bon terreau pour les islamistes) et simplifient en effet : 1° l’approvisionnement du Donbass, ce qui a pour effet de renforcer sa stabilité et 2° l’octroi de la nationalité russe pour les Ukrainiens Y COMPRIS les gens du Donbass.

C’édit photo : DR

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