Léopold Jimmy (LDC News) après son lynchage : « Le silence des médias traditionnels sur les agressions armées de l’extrême gauche en dit long » [Interview]

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Si toute la presse mainstream — et une partie de la classe politique — s’était émue et avait demandé des lourdes sanctions, lors des Manifs pour tous, suite à l’agression de Caroline Fourest par des militants nationalistes en 2012, elle a fait totalement silence sur le lynchage de Léopold Jimmy, journaliste indépendant de LDC News, en marge d’une manifestation de Gilets jaunes à Paris.

Une agression revendiquée et perpétrée par une milice d’extrême gauche — bénéficiant fréquemment des mansuétudes de la presse mainstream qui préfère s’interroger sur les violences imputées à l’extrême droite — et pour laquelle jusqu’ici, aucun agresseur n’a été arrêté.

Léopold Jimmy, 54 ans, journaliste indépendant, reporter d’images depuis de longues années a été tabassé. Dans l’indifférence la plus totale. Sans faire la une des journaux ni provoquer l’indignation de Reporters sans frontières, ou amener un Premier ministre à le défendre dans l’enceinte de l’Assemblée nationale et annoncer des dissolutions et des arrestations.

Son seul crime, aux yeux des miliciens d’extrême gauche ? Être un journaliste de droite, et l’assumer. Est-ce ce positionnement assumé qui explique ce silence quasi complice chez les journalistes de la presse mainstream ? Il faut espérer que la vérité soit ailleurs…

Absents du mouvement des Gilets jaunes à ses débuts, les militants d’extrême gauche et antifas tentent de plus en plus, essentiellement dans quelques métropoles d’où ils proviennent (Lyon, Paris, Nantes, Toulouse…) de prendre la tête des manifestations, ce qui est de moins en moins apprécié par les Gilets jaunes, canal historique.

Quoi qu’il en soit, nous avons interrogé Léopold Jimmy, pour prendre de ses nouvelles, pour qu’il nous raconte ce qu’il s’est passé, ce 19 janvier, à Paris, et surtout, pour qu’il nous explique qui sont ses agresseurs, ces miliciens d’extrême gauche parfaitement identifiés et localisés. Entretien-choc.

« Certains Gilets jaunes pensaient que j’étais mort. »

Breizh-info.com : Pouvez-vous nous raconter votre agression, le 19 janvier dernier, par des militants d’extrême gauche ?

Léopold Jimmy (LDC News) : Le 19 janvier, une heure avant mon agression, j’avais filmé des antifas (militants d’extrême gauche) qui venaient de se faire virer de la manifestation par les Gilets jaunes. Je ne savais pas que c’était des antifas au départ, jusqu’à ce qu’une personne brandisse une pancarte « refugees welcome ». Certains se sont interposés en expliquant que ce n’était pas un slogan Gilet jaune, et lui ont demandé de baisser la pancarte ou de partir. Sauf que cette personne était un antifa, entouré d’autres antifas dont Antonin Bernanos (NDLR : Antonin Bernanosun proche de Clément Méric et parmi les leaders des antifas parisiens, condamné à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis pour avoir participé à l’attaque et l’incendie d’une voiture de police dans laquelle se trouvaient deux policiers  ; en mai 2016 à Paris).

Je suis arrivé au moment où cela s’est chauffé. Il y a eu une bagarre. On voit Antonin Bernanos, le nez en sang, insultant, et tenter de rentrer en conflit avec des Gilets jaunes. Les antifas m’ont reconnu, m’ont demandé d’arrêter de filmer — ce que j’ai continué de faire, car c’est de l’information. Puis je suis parti.

https://www.youtube.com/watch?v=WxzI1SLUEhg

Une heure plus tard, alors que je discutais avec un couple, un antifa m’a assommé avec une bouteille sur la tête. Je suis tombé, sonné. J’ai reçu de violents coups de pieds, une vingtaine. Ils ont tenté de voler ma caméra que j’ai réussi à maintenir, tout en prenant une volée de coups de pieds. Cette agression n’a pas été filmée.

Par chance, je travaillais avec un gilet en kevlar — qui m’a protégé de coups de flashball en décembre, étant au cœur de l’action de par mon travail. Le médecin urgentiste de l’hôpital Cochin m’a dit que grâce à ce gilet, j’ai évité d’avoir des côtes cassées, et pire encore, des organes vitaux (foie notamment) explosés. Effectivement, c’est ce qui arrive quand une vingtaine de personnes jouent au football avec votre corps…

Des Gilets jaunes se sont ensuite interposés, m’ont sorti des griffes des antifas. On voit ensuite des images, où je marche, assommé. Puis je suis sous un abribus, et un autre antifa tente de me frapper. Un autre me lance une bouteille en verre. J’ai pris un coup de pied de biche sur le bras et la main. J’ai senti le choc, mon avant-bras a été protégé, mais mon poignet a tout pris. J’ai continué à m’enfuir, et un autre antifa est arrivé sur mon flanc droit et m’a donné un coup de poing sur la tempe. Je suis tombé au sol, j’ai repris des coups de pieds. J’ai rampé pour me mettre à l’abri dans des buissons. J’ai ensuite repris mes esprits. Certains Gilets jaunes pensaient que j’étais mort.

Les premiers secours sont arrivés, j’ai eu les premiers soins. Trois entailles au niveau de la tête, je saignais beaucoup, deux énormes bosses. J’ai eu un bandage. Une fille antifa est arrivée et a demandé aux premiers secours d’arrêter les soins, qu’il fallait me laisser mourir sur le trottoir, que j’étais indésirable et que je ne devrais pas exister. J’ai posé la question à cette femme, à savoir ce qu’elle pensait de l’agression au pied-de-biche : « c’est tout à fait normal », m’a-t-elle répondu.

Les secours m’ont soigné tout de même. Puis j’avais des vertiges, donc je suis parti avec les pompiers aux urgences.

Breizh-info.com : Mais les forces de l’ordre ne sont pas intervenues durant tout ce lynchage ?

Léopold Jimmy (LDC News) : Aucun policier. Il y en avait peut-être en civil, mais aucun en uniforme. Normalement ils sont toujours dans les rues pour éviter que ça déborde, là il n’y en avait aucun. Je ne leur en tiens par rigueur, ils ont des ordres. S’ils n’étaient pas là, c’était sans doute pour de bonnes raisons.

Breizh-info.com : Des agresseurs ont-ils été identifiés ?

Léopold Jimmy (LDC News) : J’ai déposé plainte. Mes agresseurs ont été identifiés, non pas encore nominativement, mais on a fait une passerelle entre la première vidéo où on voit les antifas de la bande à Antonin Bernanos se battre avec les Gilets jaunes et mon agression, où plusieurs de ces mêmes individus sont reconnus ensuite durant mon agression. Antonin Bernanos n’a pas été identifié cette fois-ci en tant qu’agresseur direct. Mais on a fait le rapport avec mon agression, en 2016, de sa part.

Je suis en procès avec lui. Il est sous contrôle judiciaire pour cela depuis le 23 novembre 2016. Il a dû me reconnaître et ne devait pas vouloir que les images filmées au départ sortent. C’est pour ça qu’ils ont essayé de s’en prendre à ma caméra. Les policiers savent que cette passerelle existe. En avril 2016, j’ai eu une fracture de la mâchoire et un souci au genou. Quelques semaines plus tard, Antonin Bernanos était arrêté dans l’affaire de l’incendie de la voiture de police…

Il a été condamné pour l’incendie de la voiture de police, mais l’affaire concernant mon agression est toujours en cours. J’ai eu plus de 30 jours d’ITT. Concernant l’agression de janvier, j’en suis déjà à 45 jours d’ITT et ce n’est pas terminé…

Breizh-info.com : Êtes-vous confiant dans la suite de l’enquête ?

Léopold Jimmy (LDC News) : Oui, je suis confiant. Par contre c’est long. Les gens sont masqués. Les policiers font un travail minutieux. Pour ma première agression, ils avaient identifié 5 ou 6 agresseurs grâce à d’autres images fournies par d’autres confrères. Là, je pense que ce sera pareil. Ils vont analyser toutes les images. Les enquêteurs m’ont dit que cette bande était connue. Mais le souci c’est que les antifas sont des fils de bobos.  Dès qu’ils sont arrêtés, ils ont la carte de l’avocat de Papa et Maman, ce qui leur permet d’être dehors rapidement.

Ce ne sont pas des enfants de la classe ouvrière. Antonin Bernanos, c’est la haute bourgeoisie parisienne, ce n’est pas quelqu’un dont le père a travaillé toute sa vie chez Renault. Pourquoi croyez-vous que les antifas n’ont rien fait contre les Foulards rouges, qui manifestaient pourtant contre les Gilets jaunes ? Peut-être parce que Papa et Maman en faisaient partie…

« Le silence des médias traditionnels sur les agressions armées de l’extrême gauche en dit long »

Breizh-info.com : Avez-vous reçu du soutien émanant de la presse traditionnelle ?

Léopold Jimmy (LDC News) : Hormis une radio (Radio Tongossa) qui m’a accordé une interview, aucun média traditionnel n’a évoqué l’affaire. Le silence de ces médias sur les violences de l’extrême gauche en dit long. 

Breizh-info.com : Les antifas vous qualifient de militant d’extrême droite (NDLR : Jimmy Léopold a été candidat FN il y a quelques années avant de se concentrer sur le journalisme). Est-ce le cas ?

Léopold Jimmy (LDC News) : Je suis de droite. Tout journaliste qui respecte l’ordre et l’autorité est d’extrême droite selon ces gens. J’ai fait des vidéos à Calais, filmant des Calaisiens en colère eu égard de l’accueil de migrants. Pour les antifas, le simple fait de faire ces vidéos c’est être d’extrême droite. Lors de mon agression par Antonin Bernanos et ses acolytes en 2016 (durant les manifestations Loi Travail), ces individus m’ont tabassé, m’ont volé 2 000 euros de matériel et m’ont traité, c’est dans le procès-verbal, de « Chintok fasciste ». Tout le monde pense que les antifas ne sont pas racistes, c’est faux. Pour traiter un reporter asiatique de « Chintok »…

Breizh-info.com : Et dans la presse alternative, avez-vous été soutenu ?

Léopold Jimmy (LDC News) : Oui. J’ai reçu du soutien de tous les indépendants que je connais, qui m’ont appelé.

Breizh-info.com : Vous qui êtes tout le temps sur le terrain, qui côtoyez des journalistes de la presse traditionnelle, comment expliquez-vous ce silence ?

Léopold Jimmy (LDC News): Je pense que le fait que ce soit l’extrême gauche doit déranger certains journalistes. J’aurais été agressé par des identitaires, ou par l’extrême droite, j’aurai fait la Une des journaux. « Un journaliste asiatique agressé… la haine raciale, l’extrême droite… » Moi, je suis un journaliste de droite, je n’ai pas honte de le dire, agressé par des racistes d’extrême gauche, puisqu’ils m’ont traité de sale Chintok. On a toujours l’habitude d’entendre les agressions de l’extrême droite, là aujourd’hui on découvre que des antifas ont agressé un Asiatique… donc on ne le passe pas…

Breizh-info.com : Nous vous laissons le mot de la fin.

Léopold Jimmy (LDC News) : Je n’en veux pas intrinsèquement aux antifas de cette agression. Ils ont toujours été agressifs. Je leur reproche d’avoir des idées arrêtées. Ils ne savent pas réfléchir. Ils sont aveuglés par leurs opinions politiques au point de se contredire : lors de manifestations pour la cause palestinienne, j’en ai vu crier « à mort les Juifs, à mort Israël ». Et ces mêmes individus, dans les manifestations de Gilets jaunes, vont faire la chasse à ceux qu’eux considèrent comme nazis, antisémites…

Ils sont tellement aveuglés par leur idéologie qu’ils ne savent plus ce qu’ils font. C’est très dangereux.

Crédit photo : DR
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