Fake news. Référendum et Démocratie : Pascal Perri pris en flagrant délit de mensonge sur LCI [Vidéo]

A LA UNE

Savièse (Suisse), mercredi 13 février : je termine mon repas en buvant un bon verre de vin rouge. La télé est allumée sur la chaîne LCI, propriété du groupe TF1. Au même moment, plusieurs centaines de milliers de français sont devant leur écran à écouter et observer le débat qui précède le face à face entre le premier ministre Edouard Philippe et 10 français « sélectionnés ».

Arrive une séquence dans laquelle le présentateur, Christophe Jakubyszyn, évoque les Référendums. S’en suit très rapidement une intervention du journaliste Pascal Perri, présent sur le plateau de LCI (il anime d’ailleurs une émission quotidienne de débat sur l’économie sur cette même chaîne), qui prend alors la Suisse et ses Referendums comme exemple et qui affirme après quelques secondes que : « Il y a un phénomène de répétition. Et on voit d’ailleurs au cours de l’année le taux de participation baisser. Y a comme une espèce de fatigue de la démocratie quand elle est beaucoup trop présente, quand elle devient excessive en réalité. »

Lien vers la séquence :

https://www.lci.fr/replay/24h-pujadas-l-info-en-questions-replay-du-mercredi-13-fevrier-2019-2112894.html#t=8409

Je marque un temps d’arrêt, le temps de me repasser ces paroles dans la tête, et je m’empresse aussitôt de consulter mon Smartphone afin de trouver les statistiques liées à l’affirmation de cet individu qui semble sûr de lui. Résident en Suisse depuis plus de 12 ans, et ayant le droit de vote depuis 5 ans dans ce pays, je suis en effet persuadé – pour suivre attentivement les votations populaires qui s’y déroulent – que le taux de participation n’a aucun lien avec la période de l’année.

Après quelques minutes de recherches, les statistiques officielles des objets fédéraux soumis au vote des citoyens Suisses viennent bien entendu contredire totalement les propos de Pascal Perri.

Année 2018 :

– Session de mars (2 objets): 53.9% et 54.8% de participation;

– Session de juin (2 objets): 34.6% et 34.5% de participation;

– Session de septembre (3 objets): 37.4%, 37.5% et 37.4% de participation;

– Session de novembre (3 objets): 48.3%, 48.4% et 48.4% de participation;

Année 2017 :

– Session de février (3 objets): 46.8%, 46.6% et 46.6% de participation;

– Session de mai (1 objet): 42.4% de participation;

– Session de septembre (3 objets): 47.1%, 47.4% et 47.4% de participation;

Nous pourrions remonter des années en arrière, comme je l’ai fait, on ne constaterait toujours pas ce lien. Et si certaines années les chiffres de la participation en début d’année étaient plus élevés (60% par exemple), cela provenait des thèmes soumis au vote.

Non M. Perri, le peuple Suisse ne se lasse pas au fil des mois de ce réel exercice démocratique. Non, il ne se dit pas en hiver « Oh j’en ai assez qu’on me demande mon avis, ça commence à bien faire! ».

Si je vous confrontais à ces chiffres, vous chercheriez sûrement à faire oublier votre mensonge en détournant l’attention et en réagissant par exemple au taux de participation annuel moyen (entre 40 et 50%). Bien entendu, nous pourrions en débattre et je vous rétorquerai qu’il est préférable de laisser décider entre 2 et 3 millions de Suisses plutôt que 200 à 250 parlementaires. Et que ceux qui décident de s’abstenir préfèrent ne pas se prononcer plutôt que de tirer à pile ou face ou de choisir en fonction de la plus belle affiche entre le camp du « Oui » et celui du « Non ».

Bref, non content de son mensonge à une heure de grande écoute, M. Perri est venu ensuite donner des leçons démocratiques en disant je cite : « Le Référendum c’est aussi une certaine forme de remise en cause de la démocratie élective. Pardon, on n’est pas des enfants, on élit des députés, on élit un Président de la République, pour des choix politiques. Ensuite qu’ils les réalisent ou qu’ils ne les réalisent pas, très bien. Bah la prochaine fois on ne les élit pas, on choisit quelqu’un d’autre. »

Et bien si justement M. Perri, les français sont des enfants à qui on interdit de grandir en tant que citoyen ! On leur vend de la démocratie à la française comme on donne des sucreries à des enfants pour qu’ils arrêtent de réclamer à manger. Le résultat : on en fait des assistés, malades démocratiquement.

Le peuple français est infantilisé et on essaye de le persuader qu’il n’est pas capable de voter les lois qui vont régir sa vie.

  1. M. Perri est l’illustration du mal français : une pseudo-élite minoritaire (politiciens et journalistes, avec au-dessus d’eux les grands patrons) qui veut continuer à tout décider et donc à tout contrôler. Et ce sont les mêmes qui vont ensuite reprocher au peuple de « tout attendre des autres et des politiciens ». On marche vraiment sur la tête…et vu de Suisse c’est terriblement révoltant.

Erwan Pennarun

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

« Vivre ensemble » à Brest. Des policiers attaqués dans le quartier de Kérédern

La police n'effraie plus les voyous. A Brest, des policiers ont été attaqués, dimanche, en pleine journée, dans le...

Marsault, l’encre et le bazooka

Marsault, dessinateur humoristique et auteur de bande dessinée à succès, est l'invité de Livre Noir. Rare dans les médias,...

Articles liés