Menace de dissolution du Bastion social : les responsables s’expliquent [Interview]

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Effet d’annonce ou bien réelle décision politique ? Lors du dîner communautaire du CRIF mercredi soir, Emmanuel Macron, le président de la République, a annoncé avoir demandé au ministère de l’Intérieur « d’engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements » racistes ou antisémites à commencer par les organisations d’extrême droite Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18.

Si les deux derniers groupes sont sans doute totalement inconnus pour 99 % des Français et ne représentent au mieux que quelques dizaines d’individus, ce qui conforte l’option simple effet d’annonce, le Bastion social a lui été plus médiatisé ces dernières années. L’engagement principal de l’association Bastion social ? Venir en aide en priorité aux Français. Le moyen utilisé ? L’occupation de bâtiments publics, pour y reloger des Français dans la précarité à une époque où ce sont les migrants qui, prioritairement, bénéficient de toute la mobilisation de l’État et de ses riches partenaires associatifs.

Mais pourquoi donc dès lors vouloir dissoudre ce mouvement ? Quel rapport avec l’antisémitisme ? C’est la question que nous avons posé à Tristan Rochelle, 22 ans, responsable du Bastion Social sur le secteur de Lyon.

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Breizh-info.com : Emmanuel Macron a annoncé vouloir dissoudre le Bastion social à l’occasion du dîner du Crif. Pourriez vous nous rappeler ce qu’est le Bastion social ? Êtes vous une organisation antisémite ? Antisioniste ?

Tristan Rochelle (Bastion social) : Le Bastion Social est un mouvement politique né fin mai 2017, à Lyon, de la réquisition et de l’occupation d’un bâtiment vacant appartenant à la mairie afin de le rénover intégralement et d’en faire un foyer pour les Français. Nos maîtres mots sont l’autonomie, l’identité et la justice sociale. Notre organisation est d’obédience nationaliste-révolutionnaire. C’est-à-dire que nous défendons le droit de chaque peuple à préserver sur sa terre son autonomie politique, économique et ses spécificités, ses particularismes, son identité. Nous nous opposons donc à l’impérialisme sous toutes ses formes et sommes par conséquent résolument antisionistes.

Breizh-info.com : Les perquisitions menées chez certains de vos membres ou ex-membres ont amené à la découverte de livres ou d’objets à caractère nazi, ou antisémite. Que répondez vous à ces accusations ?

Tristan Rochelle (Bastion social) : Lorsqu’une personne adhère au Bastion Social, nous ne menons pas une enquête de moralité la concernant, pas plus que nous ne prenons la peine de fouiller son domicile.

Plus sérieusement, vous vous doutez bien que si lors d’une perquisition chez l’un de nos militants, un agent de police venait à faire la découverte d’un livre de Marx, Bakounine ou même – soyons fous – Bernard-Henri Lévy, ça ne ferait pas le gros titre des journaux. Il est évident que l’on cherche à décrédibiliser notre combat politique et nos actions en nous collant l’étiquette de « dangereux néo-nazis mangeurs d’enfants ». Quand on n’a rien à opposer sur le plan politique, c’est la seule chose qu’il reste.

Breizh-info.com : À Strasbourg, à Clermont, à Lyon, l’extrême gauche et la presse locale – qui semblent fonctionner main dans la main sur ce sujet – vous accusent de multiples violences et ont mené de nombreuses actions contre le Bastion social. Les accusations de violences portées à votre encontre sont-elles fondées ? Quid des condamnations qu’il y a déjà eu ?

Tristan Rochelle (Bastion social) : Nous n’utilisons la force qu’en cas de légitime défense. Pour s’être seulement défendus, certains de nos militants ont déjà été condamnés à de sévères peines de prison en comparaison de celles de certains délinquants ou criminels multi-récidivistes. Il s’agit évidement d’une forme de répression politique, nous sommes dans le collimateur de l’État et n’avons pas droit à l’erreur.

Breizh-info.com : Avez-vous été contacté par les autorités en vue de la dissolution éventuelle ? Qu’allez vous faire désormais, sur le plan juridique notamment ?

Tristan Rochelle (Bastion social) : Nous n’avons pas encore été officiellement contactés par les autorités concernant cette hypothétique dissolution. Concernant le plan juridique, nous verrons quelle décision prendre en temps voulu. Mais nous ne sommes pas dupes et n’avons aucune confiance en la justice et les institutions du régime.

Breizh-info.com : Quel avenir, demain, si le Bastion social venait à être dissout ?

Tristan Rochelle (Bastion social) : Nous ne nous prononcerons pas pour l’instant. Nous nous contenterons d’affirmer que s’il est en effet possible d’interdire un mouvement politique, un sigle, un nom, il est en revanche impossible de venir à bout d’un idéal politique. Et c’est pour cela que nous nous battons, pas pour une étiquette.

Breizh-info.com : Avez-vous quelque chose à rajouter ?

Tristan Rochelle (Bastion social) : Nous occupons actuellement deux maisons traditionnelles alsaciennes dans la petite commune de Enthzeim près de Strasbourg. Toutes les formes de soutien sont les bienvenues, du bénévolat au prêt de matériel en passant par les dons financiers. Jusqu’à la victoire !

Propos recueillis par Yann Vallerie

Crédit photo : DR
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