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Programmée en janvier 2019 sur la chaîne irlandaise RTE sous le titre Resistance, cette série est donc la suite de Rebellion qui fut diffusée en 2016 et que Breizh-info avait relayé. Les amateurs de drame historique peuvent dès à présent regarder ces cinq épisodes qui sont disponibles sur Netflix, sous le titre Rebellion – Saison 2.
La guerre d »indépendance irlandaise pour décor
La première saison nous racontait les évènements entourant l’insurrection de Pâques 1916 à Dublin, les jours de combat et la fin tragique de Patrick Pearse, James Connolly et leurs camarades. Il y avait eu de l’attente pour cette production historique ambitieuse, surtout en pleine commémoration du centenaire de l’insurrection. D’où cette petite déception ressentie à la suite de son visionnage à l’époque, ainsi que des critiques plus acerbes sur certains réseaux sociaux. Cette seconde saison, toujours écrite par Colin Teevan, reprend l’histoire quelques années plus tard.
En effet, l’intrigue débute en novembre 1920, période étrange où deux gouvernements, opposés, prétendent gouverner le pays. La guerre d’indépendance irlandaise bat son plein et l’on retrouve Jimmy Mahon (Brian Gleeson), qui est sorti de prison à l’occasion de l’amnistie de 1917, et qui combat désormais en membre actif de l’Irish Republican Army (IRA).
À la suite d’une opération, il doit changer de fonction ainsi que d’identité et travailler pour les hommes de Michael Collins (Gavin Drea), au contre-espionnage. Collins est désormais la figure centrale de cette rébellion. La mission de Mahon est d’identifier un informateur infiltré dans leurs rangs, ainsi qu’un soldat venu d’Angleterre pour assassiner Collins. Hélas, pour ne rien simplifier, son frère, Patrick (David Wilmot), est un officier de la gendarmerie royale irlandaise. Vous n’avez pas besoin d’être expert en ce conflit irlandais pour savoir que cela peut poser quelques soucis. En parallèle, Ursula Sweeney (Simone Kirby) qui travaille à décrypter les messages codés des républicains au Château de Dublin, se sent obligée de se rapprocher de l’IRA pour espérer revoir son enfant, que des nonnes ont vendu à un couple aisé d’Américains.
Nous suivons toujours plusieurs personnages féminins, apportant ainsi une autre vision du conflit, ce qui avait été le point fort de la première saison. D’autres thématiques sont abordées, au milieu de décors d’époque soignés. L’on peut toujours observer autant d’inégalités sociales où l’extrême pauvreté contraste avec une bourgeoisie qui s’accorde bien avec l’occupant. Les rapports du peuple et des institutions avec une église catholique toute puissante est également aperçu, ainsi que la prise de conscience d’un soldat britannique face aux exactions de ses collègues.
En termes d’exactitude historique, tout ne colle pas à la lettre, mais après tout, c’est une œuvre dramatique, et le réalisateur n’a jamais eu la prétention d’en faire une leçon d’histoire. Par ailleurs, pour Teevan, l’aspect dramatique se trouve plus facilement dans les petits détails, les petites histoires personnelles que dans les grandes batailles de l’Histoire. D’où le choix de ces personnages multiples (réels ou fictifs) au destin croisé avec en toile de fond le drame irlandais. Cette série ne restera pas gravée dans les mémoires, bien entendu, mais nous avons néanmoins le sentiment que cette seconde saison est meilleure que la première.
En outre, pataugeant au milieu des écuries d’Augias que sont l’écrasante majorité des productions américaines de Netflix, cette réalisation irlandaise, abordant un sujet bien plus intéressant, ne peut qu’être mis en avant.
Aura-t-elle une troisième et dernière saison ? La question reste posée, mais l’idée originale était, semble-t-il, d’en faire une trilogie se terminant sur la guerre civile irlandaise et l’assassinat de Collins.
L’avenir nous le dira.
Julien Ruzé
Crédit photo : DR
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